Archive | 28 novembre 2014

Une éducation catholique de Catherine Cusset

Présentation de l’éditeur :
« ‘Remarque, je la comprends. C’est plus amusant de lire un roman que d’aller à la messe.’ Papa, furieux, se retourne contre maman et l’accuse de saper les fondements de ma foi. Elle rétorque qu’elle n’a rien dit de mal, que de toute façon chacun est libre de penser comme il veut, et que je suis bien capable de juger par moi-même ce qui, de la lecture d’un roman ou de la messe, est le plus amusant. ‘Elle n’a qu’à rester à la maison! hurle papa. Puisque c’est comme ça, j’irai seul!’ Vite je ferme mon livre, je me lève, je mets mon manteau, je suis papa. »Marie, la narratrice de La haine de la famille et d’Un brillant avenir, raconte ici les rapports qu’elle a entretenus avec la religion au cours de son enfance et de sa jeunesse, entre un père croyant et une mère athée. Elle évoque la naissance du désir à travers des passions successives, et la découverte de l’amour, vécu d’abord comme une crucifixion, puis comme une rédemption.

Mon avis :

Il me restait une trentaine de pages à lire, j’ai abandonné. Je n’ai strictement aucune envie de perdre mon temps plus avant avec ce livre.

Une éducation catholique ? Non, pas vraiment, plutôt une éducation sentimentale et sexuelle. Oui, Marie, la narratrice, est allée au cathéchisme, dont elle ne garde aucun souvenir. Oui, elle prie tous les soirs, pour se rapprocher de son père, va à la messe le dimanche, fait ses deux communions. Puis, plus rien : elle perd la foi comme elle aurait cessé de croire au père Noël. Elle ne se pose pas plus de question. Elle est bien trop mature (le discours est très distancié, pas du tout celui d’une adolescente), trop narcissique, trop masochiste pour s’interroger plus avant sur sa foi et sa disparition.

Si elle ne croit plus en Dieu, elle se cherche un dieu à travers ses amitiés successives, ses amours, ses expériences, quelqu’un qu’elle pourrait aduler en permanence. Tout comme elle a cessé de croire du jour au lendemain, elle rompt ses amitiés avec précision. Ses amours, ses émois, ne m’ont pas intéressée plus que cela, non plus que sa personnalité, fort peu attachante sans qu’elle ait besoin de se dénigrer davantage. J’oubliai presque de signaler qu’elle hait sa soeur, qu’elle juge son père faible et admire fortement sa mère.

Après avoir refermé ce livre, je n’ai qu’une envie : lire un ouvrage plus intéressant.

challengerl2014