Les hommes meurent, les femmes vieillissent d’Isabelle Desesquelles

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Présentation de l’éditeur :

Dix portraits de femmes. Quatre générations. Une famille.
Naître, grandir, aimer, donner la vie ou mourir, elles sont toutes à la veille de ces heures qui marquent une existence.
« La bouche la plus scellée n’empêchera pas un corps de révéler ce qu’on a fait de lui. »
Elles sont dix. Mères, soeurs, cousines, petites et arrière-petites-filles, elles vont chercher un oubli à L’Éden, l’institut de beauté d’Alice. Certaines sont au bout de leur existence, d’autres au début.
Tour à tour, elles dévoilent leurs secrets, leur fragilité aussi. Sans rien dissimuler, elles disent la jouissance et la défaite, l’allégresse à aimer et les renoncements. Les rides et les bonheurs.
Toutes sont terriblement attachantes et font face à un silence qu’elles apprivoisent. Celui d’Ève, l’absente, sans laquelle elles ont appris à vivre.
Autour de son souvenir, elles réapprendront à être une famille.
Fantasques, mélancoliques et troublants, les hommes meurent, les femmes vieillissent.

Mon avis :

Pour ce livre, on peut ne pas aimer le sujet apparent (les instituts de beauté) et aimer le sujet réel (les femmes, de la naissance à la mort).

En effet, je n’ai jamais mis les pieds dans un institut de beauté, et que je ne le ferai sans doute jamais. J’ai fait mienne cette devise d’une de mes proches : je ne veux être l’esclave d’aucun produit de beauté. Je ne veux pas rester chez moi, toute la journée, parce que je n’aurai pas fait de manucure, ni ne pas assurer mes cours parce que je ne me serai pas maquillée.

Ceci écarté, revenons à ce qui fait l’intérêt du roman : toutes ses voix de femmes, sans qu’aucune n’est vraiment plus de poids qu’une autre. A la tête de chacun d’entre eux, nous trouvons la fiche signalétique établie par Alice, ou comment l’esthéticienne est devenue à la fois confesseur et thérapeute. A force de soigner le mental, de diagnostiquer des troubles bipolaires pour un oui pour un non (merci Jeanne), on en oublie le corps.  Alice, la bienveillante, sait tout sur vous, de ce que vous lui racontez ou de ce que votre corps lui raconte. Son antithèse ? Aïcha. Celle qui tient salon également ne se donne pas la peine de connaître ses clientes, juste celui de cibler leurs problèmes afin de mieux conserver leur clientèle.  Alice, ou l’héroïne implicite de ce roman (je vous rassure, elle aussi aura son chapitre) ou Eve, la jeune suicidée.

Il est beaucoup question de transmission dans ce roman, et j’ai trouvé dommage au final que la transmission s’arrête (oui, je dévoile un peu l’intrigue). J’ai été touchée par le personnage de Manon, anorexique-boulimique, bousillée par ses parents même si ceux-ci paraissent les plus aimants du monde – ou comment faire du mal sans le savoir. J’ai beaucoup aimé le personnage d’Eve la jeune, belle-fille d’Eve la disparue. Pour une fois, un roman qui ose parler du dégât que la grossesse cause sur le corps des femmes. Avez-vous déjà vu une de ses splendides émissions qui exhalent la maternité en parler, parler des solutions que l’on propose aux femmes pour y remédier ? Pas vraiment. D’ailleurs, le plus souvent, ce n’est pas traité avec gravité – comme le montre très clairement les propos d’Eve, la bien nommée, c’est juste le sort des femmes, leur corps est fait pour ça (non, la phrase n’est pas dans le livre, mais j’ai souvent entendu des médecins le dire à la télévision : « Le corps des femmes est fait pour porter des enfants », comme s’ils ne devaient servir qu’à cela).  Il est aussi question de fécondation in-vitro, de sa réalité aussi, loin des images véhiculés par les médias – pas vendeur, pas glamour ? Je n’ai garde d’oublier Jeanne, qui rappelle comment les filles vivaient, il y a presque un siècle et que la quête du bonheur, et bien, n’existait pas.

Je terminerai par cette citation, d’une très grande justesse :

« On dit aux petites filles qu’il faut souffrir pour être belle, on devrait leur apprendre la volupté. Arrêter avec la petite sirène, il y a d’autres moyens de trouver un prince qu’en y laissant ses écailles »

 

challengerl2014

 

 

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5 réflexions sur “Les hommes meurent, les femmes vieillissent d’Isabelle Desesquelles

  1. Pas convaincue non plus. Je ne connais pas non plus les salons de beauté et même les conversations répétitives chez le coiffeur me donneraient presque envie de me couper les cheveux moi-même. Comme je ne suis pas douée, j’évite tout de même.
    Il me semble qu’il y a tout de même quelques bonnes réflexions dans ce roman.

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