Généalogie IV – j’ai retrouvé Cécilia

La généalogie est ma passion, mais depuis plus d’un an, je ne m’étais pas vraiment plongée dans les archives de l’Eure ou de la Seine-Maritime. Entre autre élément, je cherchais la trace d’une arrière-arrière-grande tante, unique soeur de mon arrière-arrière-grand-père. J’avais peu d’élément (son acte de naissance)  et je savais que cette branche de la famille se déplaçait souvent entre plusieurs villages voisins. Pourquoi m’intéresser à Cécilia Alzire en particulier ? Sans doute parce qu’elle porte le prénom de la sainte patronne des musiciens, dans une famille où son neveu a appris assidûment le violon.

A force de lire avec acharnement les tables décennales, je l’ai retrouvée.

Cécilia, qui avait sept ans à la mort de sa maman, Désirée Armantine, s’est mariée à quinze ans, est devenue mère d’un petit Léon Joseph Aubin (comme son grand-père) en 1878 (elle avait dix-neuf ans) et veuve huit ans plus tard, à l’âge de vingt-sept ans. Elle s’est remariée deux ans plus tard, avec Eugène, le jeune frère de son mari.

Son fils Léon s’est marié en 1900, avec une jeune couturière mineure (pour l’époque) et orpheline qui, pour se marier, reçut le consentement de sa grand-mère Appolline, qui vivait dans l’ancien département du Haut-Rhin (parce qu’à l’époque, il n’était plus français). Cécilia était présente au mariage de son fils, qui eut comme témoin son beau-père et oncle, Eugène et Aubin, son grand-père. Albert, l’unique frère de Cécilia, mon arrière-grand-père, était mort à l’âge de 36 ans trois ans plus tôt. Sans doute Arsène, sage-femme et seconde épouse d’Aubin, était présente elle aussi : sa tragédie personnelle était de mettre au monde les enfants des autres (elle apparaît dans de nombreux actes, et comme ma grand-mère en son temps, j’attends de pied ferme l’historien local qui viendrait me dire qu’il ne savait pas qu’une sage-femme exerçait à Ecouis, 27 au XIXe siècle) et de ne jamais avoir pu avoir d’enfants à elle.

Léon et Marie ont eu une fille, Lucienne, un an après leur mariage. Pour l’instant (et là, je fais le point de mes recherches depuis hier soir), je ne suis pas allée plus avant.

Même si j’ai lu des romans formidables ces deux derniers jours, qui méritent amplement un article, la fréquentation intensive des archives (cinq heures de recherche en deux jours) demande un moment de décompression certain. Il n’est pas facile pour moi de me confronter à ses actes qui cachent des douleurs intimes. Ce n’est pas parce que cela se passait il y a deux cents ans que nos ancêtres n’éprouvaient pas de chagrin devant la mort d’un enfant, d’un conjoint, d’un parent, d’un frère ou d’une soeur. Dans certains communes, sur onze naissances, deux étaient celles « d’enfants nés sans vie ». Il n’était pas rare de trouver juste après l’acte de décès de la maman. Des enfants mourraient en nourrice, beaucoup mourraient en bas âge.

J’ajouterai la suite pour les esprits chagrins, ceux qui sont contre le mariage pour tous, ceux qui disent que « c’était mieux avant » et que l’on ne se séparait pas comme ça. J’en ai lu, des actes de divorces, j’en ai croisé, dans mon arbre, des divorcé(e)s. J’ai aussi vu des couples qui n’habitaient plus ensemble, et l’épouse qui vivait à une bonne dizaine de kilomètres du logement de son époux quand celui-ci décède. Pourquoi ? Le travail, déjà, qui forçait à se séparer, ou d’autres raisons, familiales ou intimes ?

J’en ai lu aussi, beaucoup, des actes de naissance d’enfants naturels ou d’enfants nés trois mois après le mariage de leurs parents. Et ce n’était pas des exceptions. C’est peut-être plus difficile pour certains passionnés (je pense à quelqu’un en particulier) qui ont connu la personne née « enfant naturel » et se retrouvent avec l’acte de naissance entre les mains. Certains actes ne sont pas vraiment facile à lire, et je ne parle pas seulement de l’écriture.

 

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7 réflexions sur “Généalogie IV – j’ai retrouvé Cécilia

  1. C’est ma cousine qui se plonge dans les recherches des liens paternels, et du côté maternel, c’est mon oncle. C’est beau de réunir des traces de notre hérédité.
    Bravo Sharon !

  2. Depuis plusieurs années nous faisons des recherche généalogique. J’ai initié Anne à cela d’ailleurs. Grace à la publications de mon arbre en ligne ( sur un site bien connu des généalogistes amateur)j’ai retrouvé ma vrai cousine , un réel bonheur. Je me rappelle aussi l’émotion que j’ai eu en tenant dans mes mains le livre contenant l’acte de naissance de mon arrière grand mère paternel qui est morte après la première guerre laissant mon grand père orphelin.
    Mes recherches m’amusent et me passionnent . J’ai hâte de m’y remettre un peu plus sérieusement.
    Bonne recherche Sharon.

    • Moi aussi, je publie sur un site en ligne, j’ai retrouvé… des cousins très éloignés.
      Ma plus grande émotion, ce fut l’acte de mariage de mes arrières-grands-parents. Mon grand-père a perdu sa mère à l’âge de sept ans, et quand mon arrière-grand-père s’est remarié, sa seconde épouse a rayé la première (en acte, si j’ose dire). J’ai même discuté avec un très lointain cousin généalogiste qui m’a affirmé que je me trompais, que ce mariage n’avait jamais existé (ni la naissance des cinq fils, tandis qu’on y est ???). A l’état civil, la charmante préposée m’a dit qu’au moment du décès, le première mariage a volontairement été occulté par les déclarants.
      Merci Marie, bonne recherche à toi et à Anne aussi.

    • Merci Asphodèle.
      La difficulté serait de romancer, je tente de rester au plus près de la vérité. Pour la douleur d’Arsène, c’est ma grand-mère qui m’en a parlé, et qui le tenait de sa propre mère. Ma grand-mère était très fiable, tous les renseignements qu’elle m’a donnés se sont confirmés par des actes d’état civil, et quand elle ne savait pas, elle n’hésitait pas à le dire plutôt qu’à spéculer.

  3. J’ai également effectué des recherches sur ma famille il y a quelques années et je pense continuer dès que j’aurai plus de temps.Ce qui n’est pas évident c’est de rendre compte par écrit de nos recherches de façon agréable.Soit on ajoute un peu d’imaginaire ce qui est difficile quand on parle de sa famille, soit on reste avec les dates et les écrits et la lecture est nettement moins agréable.

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