Archive | 16 novembre 2014

Généalogie IV – j’ai retrouvé Cécilia

La généalogie est ma passion, mais depuis plus d’un an, je ne m’étais pas vraiment plongée dans les archives de l’Eure ou de la Seine-Maritime. Entre autre élément, je cherchais la trace d’une arrière-arrière-grande tante, unique soeur de mon arrière-arrière-grand-père. J’avais peu d’élément (son acte de naissance)  et je savais que cette branche de la famille se déplaçait souvent entre plusieurs villages voisins. Pourquoi m’intéresser à Cécilia Alzire en particulier ? Sans doute parce qu’elle porte le prénom de la sainte patronne des musiciens, dans une famille où son neveu a appris assidûment le violon.

A force de lire avec acharnement les tables décennales, je l’ai retrouvée.

Cécilia, qui avait sept ans à la mort de sa maman, Désirée Armantine, s’est mariée à quinze ans, est devenue mère d’un petit Léon Joseph Aubin (comme son grand-père) en 1878 (elle avait dix-neuf ans) et veuve huit ans plus tard, à l’âge de vingt-sept ans. Elle s’est remariée deux ans plus tard, avec Eugène, le jeune frère de son mari.

Son fils Léon s’est marié en 1900, avec une jeune couturière mineure (pour l’époque) et orpheline qui, pour se marier, reçut le consentement de sa grand-mère Appolline, qui vivait dans l’ancien département du Haut-Rhin (parce qu’à l’époque, il n’était plus français). Cécilia était présente au mariage de son fils, qui eut comme témoin son beau-père et oncle, Eugène et Aubin, son grand-père. Albert, l’unique frère de Cécilia, mon arrière-grand-père, était mort à l’âge de 36 ans trois ans plus tôt. Sans doute Arsène, sage-femme et seconde épouse d’Aubin, était présente elle aussi : sa tragédie personnelle était de mettre au monde les enfants des autres (elle apparaît dans de nombreux actes, et comme ma grand-mère en son temps, j’attends de pied ferme l’historien local qui viendrait me dire qu’il ne savait pas qu’une sage-femme exerçait à Ecouis, 27 au XIXe siècle) et de ne jamais avoir pu avoir d’enfants à elle.

Léon et Marie ont eu une fille, Lucienne, un an après leur mariage. Pour l’instant (et là, je fais le point de mes recherches depuis hier soir), je ne suis pas allée plus avant.

Même si j’ai lu des romans formidables ces deux derniers jours, qui méritent amplement un article, la fréquentation intensive des archives (cinq heures de recherche en deux jours) demande un moment de décompression certain. Il n’est pas facile pour moi de me confronter à ses actes qui cachent des douleurs intimes. Ce n’est pas parce que cela se passait il y a deux cents ans que nos ancêtres n’éprouvaient pas de chagrin devant la mort d’un enfant, d’un conjoint, d’un parent, d’un frère ou d’une soeur. Dans certains communes, sur onze naissances, deux étaient celles « d’enfants nés sans vie ». Il n’était pas rare de trouver juste après l’acte de décès de la maman. Des enfants mourraient en nourrice, beaucoup mourraient en bas âge.

J’ajouterai la suite pour les esprits chagrins, ceux qui sont contre le mariage pour tous, ceux qui disent que « c’était mieux avant » et que l’on ne se séparait pas comme ça. J’en ai lu, des actes de divorces, j’en ai croisé, dans mon arbre, des divorcé(e)s. J’ai aussi vu des couples qui n’habitaient plus ensemble, et l’épouse qui vivait à une bonne dizaine de kilomètres du logement de son époux quand celui-ci décède. Pourquoi ? Le travail, déjà, qui forçait à se séparer, ou d’autres raisons, familiales ou intimes ?

J’en ai lu aussi, beaucoup, des actes de naissance d’enfants naturels ou d’enfants nés trois mois après le mariage de leurs parents. Et ce n’était pas des exceptions. C’est peut-être plus difficile pour certains passionnés (je pense à quelqu’un en particulier) qui ont connu la personne née « enfant naturel » et se retrouvent avec l’acte de naissance entre les mains. Certains actes ne sont pas vraiment facile à lire, et je ne parle pas seulement de l’écriture.