Mambo des deux ours de Joe R. Lansdale

Mon avis :

Pour certains lecteurs, la couleur de la peau des personnages d’un roman n’a aucune importance. Quel intérêt de savoir si le héros a la peau noire ou blanche ? Cela ne change strictement rien à l’intrigue, ou à la manière dont les autres se comportent envers lui !  Ce devrait être le cas dans un monde idéal. Sauf qu’Hap et Léonard n’y vivent pas, et nous non plus à moins que l’on me prouve le contraire.

Hap est blanc, Léonard est noir. Accessoirement, Léonard est gay et n’en fait pas du tout un mystère. Il a aussi des méthodes très personnelles pour retrouver le calme et la paix intérieurs – comme mettre le feu à la crack house de ses voisins, avec quelques lattages au passage. Hanson, le viril représentant de l’ordre) (celui-là même qui a soufflé sa petite amie à Hap dans L’arbre à bouteilles) leur met alors le marché en mains : s’ils ramènent Florida (oui, l’ex-petite amie d’Hap, et actuelle compagne d’Hanson) en bonne santé, il efface l’ardoise. Florida a en effet voulu faire toute la lumière sur le suicide d’un détenu noir dans une prison tenue par des blancs pour lesquels l’inégalité des droits est une évidence quasi-biblique. Si quelqu’un leur citait : « Je suis noire, mais je suis belle, fille de Jérusalem », je ne pense pas qu’ils seraient capables de situer cette phrase.

Hap et Léonard déboulent donc dans une petite ville même pas charmante, Grovetown. Nous sommes dans un Texas White Trash, celui que l’on ne montrera ni dans les séries télévisées, ni dans les guides touristiques. Tout y est tellement blanc que les « gens de couleur » n’ont même pas un quartier, ils sont partis vivre à la périphérie de la ville, et n’y viennent qu’en cas de nécessité absolue. Enfin… quand je dis « blanc »… ne faites attention ni à la crasse omniprésente, ni à la bêtise affichée. « J’ai des amis nègres, mais j’les fréquente pas », dit le shérif, qui dissimule pourtant une capacité certaine de réflexion – mais pas pour tous les sujets.

Hap et Leonard sont unis par une amitié indéfectible qui les pousse à ne jamais laisser tomber l’autre – dans tous les sens du terme – et à ne pas écouter les conseils de prudence qu’on leur donne. Le mambo des deux ours n’est pas une gentille aventure dans un pays merveilleux. C’est aussi une intrigue crue, à la violence toujours prête à surgir là où on ne l’attend plus.

Le mambo des deux ours est un livre que j’ai adoré.

 

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4 réflexions sur “Mambo des deux ours de Joe R. Lansdale

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