Archive | 31 octobre 2014

Lily et la magie interdite d’Holly Webb

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Présentation de l’éditeur :

Depuis que la reine a interdit l’usage de la magie, Lily vit recluse sur une île au large de l’Angleterre. Là-bas, sa sœur Georgie est formée à la magie par leur mère, à l’abri des regards. Mais Lily découvre le terrible complot que sa mère prépare. Georgie est en danger… Il faut à tout prix s’échapper ! Dans les rues de Londres, les deux sœurs vont devoir se débrouiller seules. Mais comment faire, sans magie ?

 

Mon avis :

Lily est la fille de magiciens, et vit dans une Angleterre qui ressemble fortement à celle de l’ère victorienne. Contrairement à sa soeur aînée, Georgie, elle n’a pas de pouvoirs – pense-t-elle – et est bien contente de ne pas subir les entraînements que leur mère impose à son aînée, si astreignants que les deux soeurs ne partagent quasiment plus rien. Lily n’a pas de talents, aussi est-elle libre de vivre à sa guise, de porter des vêtements pas vraiment neufs, d’être nourrie quand un domestique pense à lui porter un repas.

Je sens déjà certains esprits bien-pensants (et ils ont plus nombreux qu’on ne le pense) protester. Cette enfant a bien une maman ! Et bien oui, je l’ai dit plus haut. Cette maman ne peut qu’aimer et prendre soin de ses enfants. Et bien, pas vraiment, et même pire encore.

Lily est libre, libre de découvrir certaines choses dont elle ne soupçonnait pas l’existence. Libre aussi de découvrir qu’elle a des pouvoirs magiques, bien plus forts que ceux de sa sœur. Libre de découvrir pourquoi sa soeur s’entraîne de façon aussi intensive. Libre de s’enfuir avec elle et de tenter de retrouver leur père, emprisonné à Londres. Pourquoi ? Comment ? Nous ne sommes plus à l’époque où Rose pouvait, main dans la main avec d’autres magiciennes, sauver le royaume. La magie est interdite depuis l’assassinant du roi.

Survivre à Londres n’est pas facile pour les deux soeurs, qui n’ont jamais quitté leur île. Leur adjuvante en la matière est bien sympathique, pleine de bons conseils et d’intuitions prodigieuses mais, il faut bien l’avouer, peu discrète.

C’est avec plaisir que je poursuivrai la lecture de cette série.

 

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Barthélémy Styx, tome 2 : la terre des légendes d’Anne Rossi

couv75263205édition Scrinéo – 272 pages.

Présentation de l’éditeur :

Parvenus sur la terre des Légendes, Barthélémy et ses compagnons ne sont pas au bout de leurs peines. Ils rencontrent Ehecátl, la quatrième Clé, un prophète aveugle. L’adolescent constitue la clé de voûte du système de communication avec les esprits qui protège l’île des Légendes. Conscient du danger que présente l’accumulation d’esprits assoiffés de sang, il demande leur aide : ils doivent refermer les portes ouvertes avant la fin du cycle qui se profile. Malheureusement, les habitants de la Terre des Légendes, des descendants des aztèques, n’entendent pas renoncer à leurs pratiques. D’autre part, Cuyo Triana, la clé de l’eau, refuse d’accepter son pouvoir. Quant à Barthélémy, le côté obscur l’attire de plus en plus. Dans ce monde dur et impitoyable, ils vont affronter des animaux dangereux, des éléments hostiles, des esprits déchaînés et surtout, leurs propres démons intérieurs. Parviendront-ils à s’accorder pour refermer les portes avant que tout ne bascule ?

Merci à Livraddict et aux aditions Scrineo pour ce partenariat.

Mon avis :

J’avais qualifié le premier tome d’efficace, le second l’est plus encore. Les amateurs d’aventures ne peuvent qu’être ravis.
Nous retrouvons Barthélémy et ses compagnons de route sur la terre des légendes, fort peu de temps après la conclusion du premier tome. La narration est toujours à la troisième personne, le récit est focalisé sur Barthélémy, ses doutes, ses inquiétudes, son passé. Cette continuité narrative permet au lecteur de se replonger aisément dans l’action, tout comme les personnages. Rien ne s’annonce facile. Les esprits sont là, et bien là, peu d’entre eux peuvent être qualifiés de « bienveillants ». Sur cette terre des légendes qui a préservé un culte ancien et sanglant, les esprits n’hésitent pas à intervenir, puissants, assoiffés de sang, à l’image du démon personnel que Barthélémy combat depuis le début de l’intrigue.
Il a pourtant un avantage : il n’est pas seul. Il faudrait encore qu’il parvienne à s’entendre avec ses compagnons, eux aussi reliés au monde des esprits. Chacun de ses adjuvants est nettement caractérisé. Ma préférence va à Triana, qui garde ses distances avec les croyances de ses camarades, alors que le lecteur est invité à croire à ce monde qui mêle les références à la civilisation Aztèque et la magie. Ce quatuor de personnages, venus de diverses origines, n’a pas été sans évoquer une série que j’adorais étant enfant, Les mystérieuses cités d’or. Cependant, j’admets avoir eu des difficultés avec les noms aztèques, difficiles à retenir et à prononcer, contrastant ainsi avec une syntaxe et un niveau de langage parfaitement accessibles pour de jeunes lecteurs.
L’union fait la force, dit-on encore faut-il vouloir être uni, puis renforcer cette union, et trouver un moyen de vaincre ensemble. Il n’est pas trop de 272 pages pour y parvenir, comme il est bon aussi que tous les personnages ne soient pas en contact avec les esprits, qui peuvent prendre des formes surprenantes, chatoyantes, somptueuses même mais toujours dangereuses. La terre des légendes n’est pas celle du repos, ni de jour, ni de nuit.
A quel sacrifice chacun est-il prêt afin de sauver le monde ? Certains en ont déjà fait de très grands, d’autres se rendent compte que le leur était presque insignifiant. Barthélémy est devenu aussi non plus mûr, mais plus tolérant avec les petits défauts de chacun. Il conserve son humour aussi : « Jeanne partageait avec Oluchi cette manie d’avoir trop souvent raison. Un truc de filles, sûrement. »
La terre des légendes est la suite parfaitement réussi de La mer aux esprits. N’hésitez pas à vous laisser tenter par cette saga !

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