Archive | 23 octobre 2014

Un poison irlandais de John Erich Nielsen

Présentation de l’éditeur (extrait) :

George Lawless est le ministre écossais de l’éducation. Bel homme, athlétique et toujours avenant, il est pour beaucoup d’observateurs le futur Premier ministre du pays.
Ou plutôt? « il était ». Car là, avec le canon d’un fusil G3 dans la bouche, et cette balle dans le crâne, il est à craindre que son avenir ne vienne brutalement de s’assombrir?

Challenge Ecosse 02Mon avis :

Pour l’inspecteur Sweeney, tout va bien en cette belle journée. Certes, il est appelé sur une scène de crime – mais quand on est policier à la criminelle, on ne peut espérer être appelé pour constater l’éclosion des jonquilles, non ? Sweeney est heureux, il est à nouveau en couple avec Ilona, jeune étudiante irlandaise, fatiguée par ses études, imprévisible, mais à ses côtés.

Il doit très vite déchanter, cependant : enquêter sur la mort du ministre de l’éducation, promis qui plus est à un brillant avenir politique, n’est pas de tout repos. Je dis bien « la mort » parce que cet homme à qui tout réussissait, semble avoir mis fin à ses jours. Bien sûr, Sweeney émet tout de suite des doutes, certains faits lui paraissent étranges, au grand dam de son chef, qui ne pense qu’à une chose : sa tranquillité ! A neuf mois de la retraite, ce n’est pas trop demandé, non ?

Malheureusement, cette fameuse tranquillité n’est plus. Ce n’est pas qu’elle appartient au passé, c’est qu’elle n’était déjà pas là dans le passé puisqu’il faut retourner plus de trente ans en arrière pour trouver les origines du crime qui a été commis, et puisqu’il faut aussi revenir sur le passé de notre enquêteur.

Trente ans plus tôt, les parents de Sweeney étaient assassinés, et le meurtrier de Georges Lawless pourrait être celui qui a rendu le futur inspecteur Sweeney orphelin. « Pourrait » – l’Irlande du début des années 80 était secoué par bien des combats, des luttes – des trahisons aussi. Faire la lumière sur ce qui s’est passé est quasiment impossible, le risque d’erreur est grand. Qui conservera le sang-froid nécessaire jusqu’au bout ?

Un dixième opus particulièrement prenant.

Les soeurs de la lune, tome 9 de Yasmine Galehorne

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Présentation de l’éditeur :

Nous sommes les sœurs D’Artigo : ex-agents qualifiés de la CIA d’Outremonde, à qui nous venons de rendre nos plaques, mi-humaines, mi-fées. Camille est une sorcière, Delilah un chat-garou et une fiancée de la mort en fleur… Et moi ? Je m’appelle Menolly, je suis une acrobate extraordinaire devenue vampire. En fait, la condition de créature de l’ombre n’est pas aussi terrible qu’on le pense. Surtout quand le parrain des vampires décide de jouer les princes charmants… Enfin, disons que j’ai vraiment besoin de son aide afin de mettre fin aux agissements d’un serial killer que je soupçonne d’être un vampire.

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Mon avis :

Après Delilah – assez mignonne avec ses jouets pour chat et son pyjama Hello Kitt – voici Menolly, sa soeur vampire. Et ce n’est pas exactement la même frangine.

Autant l’aspect « sexuel » de la série reste à mes yeux assez soft avec Delilah, autant il est exubérant avec Menolly. Elle et Nérissa, sa petite amie, sont officiellement en couple, mais elles n’hésitent ni l’une ni l’autre à avoir des relations avec des hommes « juste pour le sexe ». Comme Camille, sa soeur aînée, Menolly pense que « le sexe, c’est juste du sexe » et cela n’a rien à voir avec les sentiments. Vous voilà prévenu.

L’enquête à laquelle elle est confrontée est plus tortueuse encore que celle menée par sa soeur Delilah. Un vampire s’en prend à des prostituées, qu’il viole et tue. Note : trop souvent, dans les histoires de tueurs en série, ou même dans les séries policières, le viol est une péripétie absolument banale. Il n’en est rien ici, le viol ajoute à l’horreur, il n’est jamais banalisé, ou pire, excusé.

Comme un vampire est le coupable, les opposants aux créatures surnaturelles s’en donnent à coeur joie, et se montrent parfois extrêmement téméraire. Trop. Beaucoup trop. Les fantômes ne sont pas tous de gentils individus qui se promènent pour passer le temps, et certains l’apprendront à leurs dépends.  De même que les créatures de contes de fées sont gentilles et aseptisées – sauf dans l’univers des soeurs d’Artigo.

Ce tome 9 est dur, sanglant, presque sans espoir. Les trois sœurs ont beau être dotées, tout comme leurs compagnons, de pouvoirs hors du commun, la victoire n’est pas toujours assurée – et le prix à payer est parfois très lourd.

J’ai hâte de retrouver Camille, pour le tome 10.