Archive | 21 octobre 2014

Cinq ciels de Ron Carlson

couv31548130.pngPrésentation de l’éditeur :

Au cœur de l’Idaho et des montagne Rocheuses, trois hommes se trouvent réunis pour réaliser une étrange construction au-dessus d’un canyon. Chacun est muré dans son propre isolement et tente de fuir son passé Il y a d’abord Arthur Key, colosse taciturne qui a subitement quitté Los Angeles, puis le jeune et indolent Ronnie Panelli, petit voleur à la tire. Tous deux ont été embauchés à la hâte par Darwin Gallegos, lui-même en colère contre Dieu et les hommes après le décès accidentel de sa femme. Sur le site grandiose de ce chantier suspendu entre ciel et terre, une amitié profonde va se tisser entre les trois hommes qui se libèrent peu à peu de leurs obsessions, tandis qu’une ombre funeste plane sur le projet.

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Mon avis :

J’ai aimé la lecture de ce roman, qui tranche avec mes lectures actuelles. S’il est un mot qui me vient à l’esprit, c’est le mot « temps ». L’auteur prend le temps de poser ses personnages, de montrer leur vie quotidienne dans ce chantier un peu invraisemblable, rampe de lancement pour une cascade en moto.

Chacun de ses trois hommes arrive avec ses propres bagages – lourds, pour tous les trois. Attention, nous ne sommes pas dans un mauvais mélodrame, aucun d’entre eux ne dissimule un secret monstrueux et invraisemblable. Chacun d’eux est un homme de chair et d’os, avec des sentiments, des émotions, des souvenirs. Des douleurs. Les gestes les plus simples, les plus répétitifs, la nécessité de se concentrer sur cette construction sont aussi un moyen de ne plus penser – pour un temps.

Seuls dans cette nature, avec des lapins pour uniques visiteurs (ou presque), ils ont le temps de ne pas se parler, de se parler, de nouer ce qui ressemble beaucoup à de l’amitié, avant de – qui sait ? – parvenir à renouer le fil de sa vie. Ou pas.

Cinq ciels est un très beau roman pour les fans de Nature Writing.

Hemlock, tome 1de Kathleen Peacock

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Présentation de l’éditeur :

Mac menait une vie paisible dans la petite ville de Hemlock, jusqu’à ce que sa meilleure amie, Amy, soit sauvagement assassinée. Le coupable : un loup garou, autrement dit un homme infesté par le syndrome du loup garou, un virus qui se répand à grande vitesse à travers le pays. La plupart des victimes de ce mal étrange parviennent à cacher leurs symptômes, c’est pourquoi le meurtrier d’Amy n’a jamais été démasqué.
Depuis ce tragique événement, une véritable chasse à l’homme s’est engagée à Hemlock. La ville a été investie par les Traqueurs, une milice qui ne recule devant rien pour se débarrasser des loups-garous. Dans cette atmosphère inquiétante, Mac voudrait faire son deuil. Mais Amy vient continuellement hanter ses rêves. Pour en terminer une bonne fois pour toutes avec ses horribles cauchemars et débarrasser Hemlock des Traqueurs, Mac décide d’enquêter elle-même sur la mort de son amie.

1312260953408502211846257Défi premier roman

Mon avis :

Si vous croyez avoir touché le fond avec une héroïne telle que Sookie Stoockouse, je vous rassure tout de suite : Mackenzie, la narratrice de ce roman, est une gourde pleine de vide.

Tout d’abord, j’aime beaucoup sa façon de dialoguer. Dès que quelqu’un lui adresse la parole, elle ne lui répond pas, non, elle garde pour elle tout ce qu’elle pense, et elle « tourne les talons ». J’ai renoncé à compter le nombre de fois où cela se produit. J’aurai cependant aimé une description approfondie des talons : plat, aiguille, compensé, italien ? Il faut attendre le dernier tiers du livre pour qu’elle dise enfin en face ce qu’elle pense. Pas souvent non plus : le mensonge est parfois une stratégie pour découvrir la vérité, ou pour couvrir un ami.

Ensuite, elle est d’une bêtise incommensurable. Elle ne se rend compte de rien, et ce n’est pas peu dire. Autant de naïveté, c’est sympathique pour surprendre le lecteur – sauf que parfois, il n’en a pas envie, et voudrait juste une narratrice un peu plus observatrice.

IL faut dire qu’elle a souffert dans la vie. Mais cela ne se voit pas trop. Son père est parti acheter des cigarettes trois ans plus tôt et n’est jamais revenu. Je connaissais le cliché, mais jamais appliqué à sa propre fille. Elle vit avec sa cousine, elle travaille pour gagner sa vie et payer ses études – mais je ne me souviens pas d’une seule scène où on la voit travailler. Puis, elle a perdu sa meilleure amie dans des circonstances atroces, elle a de la peine. C’est vraiment bien qu’elle le dise, parce que, franchement, cela ne se voit pas ! Je la comprends, Mac, de ne montrer aucun chagrin : le fantôme de son amie lui rend fréquemment visite, et elle ne correspond pas à l’image que je me fais d’une meilleure amie défunte. Il est clair qu’elle semble détester Mac, qu’elle est froide, distante, cynique, odieuse même. Qu’a bien pu faire Mac pour susciter tant de haine ?

On le saura – un peu. Amy garde ses secrets, et ce que l’on découvre au cours de la lecture est invraisemblable – même pour un roman de loup-garou ! Je n’ai garde d’oublier la traditionnelle intrigue amoureuse. Mac a bien de la chance : deux garçons l’aiment, et tous deux ne veulent qu’une chose : la protéger. N’est-ce pas mignon ? Bien sûr, j’ai pensé à Twilight – et j’ai largement préféré cette quadrilogie, c’est vous dire le niveau d’Hemlock.

 

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