And then there were none d’Agatha Christie

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Mon résumé :

Dix personnes sont conviées sur une île. Aucune ne reviendra vivante. Que s’est-il passé ?

Mon avis :

Dix petits nègres est l’un des romans les plus connus d’Agatha Christie, et il n’est pas une enquête d’Hercule Poirot (contrairement à ce que croient certains libraires). Il a longtemps été étudié au collège comme modèle du genre policier. Il ne l’est plus : la littérature non francophone n’a plus vraiment droit de cité dans les nouveaux programmes, et les romans policiers non plus.
And then there were none est un modèle parce qu’Agatha Christie parvient à nous faire croire à cette histoire, si incroyable soit-elle.
Dix personnes sont réunis sur une île pour passer des vacances avec des amis perdus de vue, pour soigner la propriétaire de l’île, pour assurer sa protection, ou, plus simplement, pour être domestiques ou secrétaire. Mais les hôtes ne sont pas là, et lors de la première soirée se noue les noeuds de l’intrigue policière.
Tous, sans exception, sont accusés d’avoir tué. Aucun n’a été condamné pour meurtre, seul le jeune Marston a reçu une condamnation (légère) pour avoir renversé et tué deux enfants. Presque tous nient être coupables, à l’exception de Lombard, qui revendique la mort des indigènes. Après tout, ce n’était que des indigènes, ils n’ont pas la même conception de la vie que les généreux et courageux anglais, partis avec l’ensemble des réserves de nourriture. Abject ? Il n’est pas le seul.
Dans ce roman – et c’est sans doute une des raisons de la fascination qu’il exerce des années après sa parution, Agatha Christie parle de ces meurtres qui ne seront jamais jugés, de ces meurtres qui ne portent pas leur nom, de ces meurtres « par omission ». Une négligence, un oubli, un acte insensé que sa profession, que les circonstances autorisent. Moralement, la culpabilité est la même. Légalement, c’est très différent.
Un à un, les personnages sont tués – il faut moins d’une semaine pour que les dix visiteurs passent de vie à trépas. Poison, arme à feu, usage d’un « objet contondant », le tueur sait varier les méthodes. Tueur en série ? Il ne répond pas aux critères chers aux romanciers américains contemporains : il a une liste de victimes, il s’y tient, le point commun de ces dix victimes n’est pas dans leur physique ou leur origine et il varie les modes opératoires. De quoi s’arracher les cheveux si l’on est profiler – mais la profession n’avait pas encore été inventée.
En fait, chacun est venu accompagné par le souvenir de sa victime, plus présent que les autres convives, même s’il ne s’avoue pas éprouver des remords ou des regrets. Et c’est Véra Claythorne, sans doute la plus représentative des convives, qui s’apercevra du lien entre la comptine et les morts successives. Dix petits nègres, ou la dimension ludique de la justice.

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3 réflexions sur “And then there were none d’Agatha Christie

  1. Pingback: Challenge Agatha Christie (humm!) |

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