Prague, faubourg est de Timothée Demeilleurs

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Merci à Libfly, aux éditions Asphalte et à La Voie des indés pour cette lecture.

Présentation de l’éditeur :

Marek a quitté Prague au début des années 2000 pour vivre le rêve américain. Il a laissé derrière lui les ivrognes des faubourgs est, les premiers touristes occidentaux sur le pont Charles et les junkies de la place Venceslas. Jakub, son ancien meilleur ami, est resté. L’ancien roi de la nuit praguoise n’est plus désormais qu’un poivrot, délaissé par Katarina, celle que Marek et lui ont tous les deux aimée. Aujourd’hui, sept ans après son départ, Marek revient. Mais, comme Jakub, Prague a beaucoup changé. Assoiffés d’un exotisme est-européen de pacotille, les nouveaux touristes ne font plus qu’y passer le temps d’un week-end de fête sans limite. Scott, jeune Américain en virée sur le vieux continent, entend bien en profiter un maximum. Marek, Jakub et Scott ne vont cesser de se croiser dans les rues de Prague, des artères les plus colorées et les plus touristiques aux recoins les plus sombres de la banlieue. L’histoire récente de la République tchèque – des années d’espoir post-révolution de velours à la désillusion de la crise – sert ainsi de toile de fond à l’histoire d’une grande amitié tombée dans la déliquescence.
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Mon avis :

 Ce livre est un récit du désespoir. Pas le désespoir pur et dur à la suite d’une tragédie, non, le désespoir chronique, à la suite de la perte de tout ce qui avait permis d’espérer.

Nous sommes en république Tchèque, l’une des deux nations qui formaient autrefois la Tchécoslovaquie. Il est loin, le printemps de Prague – et personne ne semble s’en souvenir. Surtout pas les touristes, pour qui Prague n’est qu’une étape. Il ne s’agit pas de visiter les monuments, les musées, de déguster des spécialités locales. Disons que cela dépend ce que l’on appelle « des spécialités ». A l’Est, on peut découvrir des filles qui ne savent pas encore ce qu’est le féminisme, des filles « faciles », dirait-on, et des touristes tout aussi faciles à embobiner.

Et les Tchèques, dans tout cela ? Tous n’ont pas la chance d’avoir profité de l’ouverture des frontières, comme Marek. Est-ce vraiment une chance que d’être Marek, ce personnage désabusé, désincarné, qui n’est plus d’ici, mais d’ailleurs ? Qui ne retrouve ni la ville telle qu’il l’a connue, ni ses amis ? De Katarina, son grand amour, il est à peine question. Nous la croisons, silhouette désincarnée, au détour d’une rencontre avec un touriste, moins vivante que dans les souvenirs de Marek ou dans les désirs de Jakub. Lui aussi a beaucoup changé – dégringolé devrai-je dire, tant il est ravagé par l’alcool, la drogue, la perte de ses rêves et de son amour. Dans sa déchéance même, il est pourtant le personnage dont je me souviendrai le plus, fantôme errant dans une ville uniformisée.

Prague Faubourg est un premier roman désenchantée.

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4 réflexions sur “Prague, faubourg est de Timothée Demeilleurs

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