Archive | 14 septembre 2014

C’est la vie de Ron Hansen

9782757808603

Présentation de l’éditeur :

Les habitants de Seldom, Nebraska n’en croient pas leurs yeux. Un couple de Parisiens Nathalie et Pierre, échoue dans le café du village. Déconcertés par les coutumes exotiques des gens du coin, ils finissent pourtant par se laisser séduire: la jeune Française flirte avec un beau fermier bourru tandis que son fiancé courtise la pulpeuse Iona, une serveuse qui ne s’en laisse pas compter…

Mon avis :

L’esprit de Feydeau n’est pas mort, il souffle sur le Nebraska, venu tout droit de France.

Nathalie sera notre guide, elle en a jusque là de son fiancé, de ses vacances plan-plan dans l’hexagone et décide de traverser les Etats-Unis en bus. Elle tient cette fascination pour les USA de sa grand-mère, qui a assisté, adolescente, au débarquement, et crut voir tous les acteurs qui la faisaient rêver se matérialiser sous ses yeux.

Seulement, Pierre ne s’avoue pas vaincu, et après un périple digne d’Ulysse dans l’Odyssée (enfin… il a pris l’avion, le train, et le bus, c’est beaucoup pour un jeune oenologue), il rejoint sa belle à ploucland, pardon, à Seldom, dans le Nebraska, à deux jours de la fête qui célèbre la fondation de cette charmante bourgade.  Logés chez l’habitant, ils participent tous les deux activement à la vie de la communauté, à la fête en elle-même et apportent un peu (beaucoup) de traditions françaises. Et oui, les nebraskains rêvent de produire du vin, et leurs méthodes sont touchantes et originales.

L’humour provient tout d’abord du jeu sur la langue, entre des français qui maîtrisent bien l’anglais, mais se disputent en français, des américains qui ne comprennent pas vraiment la langue, en dépit de la présence de leur ancienne professeur de français, qui maîtrise surtout les formules toutes faites qui ne veulent absolument rien dire. Du coup, il s’en suit un décalage (ah ! les traductions françaises du français approximativement traduit en anglais), une incompréhension (essayez donc de comprendre un prêtre de Boston quand vous avez appris l’anglais « classique ») qui entraînent nos personnages dans des situations cocasses et autres quiproquos. Comme dans tout vaudeville, les portes claquent, et les habitants de Seldom ne manqueraient le spectacle pour rien au monde (pop-corn et thé sont même distribués au public).

C’est la vie (isn’it it romantic ? en VO) est un livre drôle, enlevé, touchant aussi. Ron Hansen a beaucoup de tendresse pour ses personnages, perdus au fin fond de la cambrousse. Ne ratez pas ce livre si vous le croisez. 50