Archive | 31 août 2014

Zoé Zéphyr de Chris Riddell et Paul Stewart

Présentation de l’éditeur :

As-tu envie de découvrir le pays de l’âne enrhumé, de la chèvre rieuse et du cochon dansant ? Parviendras-tu à déjouer les terribles complots de la confrérie des clowns ? Et surtout, perceras-tu le mystère de la créature enfermée dans la cale du navire ? Oui ? Alors si tu ne souffres pas du mal de mer, tu es prêt pour la plus extraordinaire des traversées…

Circonstances de lecture :

J’ai trouvé ce livre dans une des bibliothèques du réseau que je fréquente. Il était le seul de la section jeunesse que je n’avais pas lu. Je me suis presque jetée dessus.

Mon avis :

Si vous aimez l’aventure, la loufoquerie, les histoires d’amour qui finissent bien, les histoires d’amour qui finissent mal, les fées, les boites de conserves, les croisières improbables ainsi que la défense des espèces en voie de disparition, ce roman bourré d’illustration très drôles est fait pour vous !

Zoé est une petite fille qui n’est jamais allée à l’école, mais a étudié sous l’égide de percepteurs. Son père était un célèbre ingénieur, sa mère s’occupe de ses six enfants, quatre garçons et deux filles. Quand je dis « était », ce n’est pas qu’il soit décédé, c’est que son dernier projet s’est effondré. Même si personne ne lui en veut, lui se juge responsable et n’a entrepris ce voyage que pour se rendre, la mort dans l’âme, chez ses beaux-parents, avec lesquels il travaillera désormais. Il passe ses journées prostré dans son lit, en pyjama, et aucun de ses enfants, auquel il est pourtant attaché, ne parvient à le tirer de sa torpeur, ou à le convaincre de dîner à la table du capitaine.

Il faut dire que le rafiot, pardon, le bateau, n’est pas très gaie, ni en très bon état. Les passagers ne s’en plaignent pas, ils sont trop occupés à ne rien faire, ou à arborer des mines lugubres. Mais il se passe quelque chose d’étrange à bord, comme en témoigne les en-têtes de chapitres, qui donnent la parole, en italique, à une personne en particulier, qui semble en bien mauvaise posture, même si des souvenirs heureux affleurent. (Note : le dénouement et l’épilogue sont vraiment très bien conçus, chapeaux les artistes !).

Sous couvert d’aventures extraordinaires, les auteurs/illustrateurs abordent des sujets sérieux, comme le deuil, la dépression, la résilience. Ce n’est pas la fougue de la jeunesse qui aide les personnages en souffrance, mais le soin, l’attention qui leur a été accordé. Le temps aussi, et le respect de leur attitude, même si elle ne fut pas toujours facile à vivre.

Zoé Zéphyr signe cette aventure d’un Z que ne renierai pas Zorro !