Archive | 30 août 2014

Le fils du tigre blanc de Carlos Salem

9782330019204
Je suis le fils du tigre blanc
Edition Actes Sud Junior – 156 pages.

Présentation de l’éditeur :

Un père disparu depuis de nombreuses années, qui s’avère être à la fois un voleur et un justicier recherché par les polices du monde entier…Voilà un bien curieux cadeau d’anniversaire pour Nahuel.Une découverte qui va l’entraîner au cœur d’une véritable conspiration.

Mon avis :

N’avez-vous jamais rêvé qu’Arsène Lupin ait un fils ? Et bien, dans ce roman, le premier roman de littérature jeunesse écrit par Carlos Salem, ce souhait est exaucé.
La maman de Nahuel estime qu’à treize ans, son fils a le droit d’en savoir plus sur son père, décédé six ans plus tôt. Il apprend ainsi qu’il était non seulement un expert en arts, mais un voleur, qui volait des oeuvres d’art acquises illégalement pour les rendre à leur légitime propriétaire. Nahuel n’a qu’une envie, en savoir plus sur son père, et cultiver les rares souvenirs qu’il a de lui.
Dès le début, nous savons pourtant que l’adolescent, si débrouillard et si mature, s’est mis dans une belle panade : il a été kidnappé. Pourquoi, par qui ? Nous ne le découvrons qu’à la fin du roman, en une intrigue habilement construite.
Ce que j’ai aimé dans ce roman, c’est l’absence de manichéisme. Les personnages évoluent, qu’ils soient des ados ou des adultes. Nahuel sait reconnaître ses erreurs, il fait preuve d’humour également, y compris dans les situations les plus délicates (pas toujours facile d’avoir une conscience bavarde quand on est ligoté sur une chaise).
Un très beau roman à découvrir.

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Le voltigeur de Marc Pondruel

9782709644778-G

Présentation de l’éditeur (extrait) :

« Je ne suis jamais retourné à Lille. Mais ce que j’ai construit ici, avec Merve, moi qui ne savais pas faire grand-chose, la maison de Varna, c’est aussi la preuve d’avoir avancé. On ne change jamais vraiment, au fond. C’est seulement les années, seulement les années qui sont passées. Tous ces gens sont loin. Je ne sais pas ce qu’ils font de leurs vies. Moi, j’ai essayé d’être heureux. »
Dans une paisible maison d’hôtes en Bulgarie, un homme revient sur son passé et raconte tout à celle qu’il aime.

challengerl2014Mon avis :

Si, pour ne pas perdre mes bonnes habitudes, je vous parlais de mon insensibilité légendaire ? Cela sonne presque comme un avertissement envers ceux qui me diraient que je n’ai pas compris l’essence profonde de ce livre, etc, etc. Effectivement, je n’ai pas été touché par ces deux personnages principaux, le narrateur et sa compagne Merve.

Premier point : contrairement à ce que dit le quatrième de couverture, il ne raconte pas, en retrouvant un souvenir du passé, sa jeunesse à « celle qu’il aime », mais à leurs hôtes et à celle qu’il aime. Il est vrai qu’elle seule restera jusqu’au bout et qu’il se rend compte à quel point elle tient à lui. Ils ne veulent pas d’enfants, la question est évacuée très vite, je me demande même pourquoi elle a été soulevée, comme si les couples sans enfant devaient à tout prix s’en expliquer, ou comme si ne pas vouloir d’enfants signifiait s’aimer plus fort que les autres couples.

Certes, le style est agréable à lire. Certes, la construction, entre passé et présent, est intéressante. Certes, le lecteur voit peu à peu le narrateur et ses amis passer de l’adolescence à l’âge adulte, passant des rêves à une réalité banale et résignée. Mais ce n’est pas suffisant pour trouver ce livre marquant, qui, parfois, accumule les passages obligés (la drogue, les voyages en rupture des études, les amours contrariés). Le narrateur ne va pas jusqu’au bout de ses amitiés, il préfère la rupture, y compris avec sa propre famille. Et il a beau dire que Merve est l’amour de sa vie, il a beau en donner des preuves, je me suis parfois demandée quel était la véritable place de la jeune femme, eu égard à tous les souvenirs du narrateur.

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