Archive | 28 août 2014

La briscola à cinq de Marco Malvadi

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Mon résumé :

Un jeune homme, un peu pris de boisson, prend la route quand même. Il fait une petite pause et là, il découvre un cadavre dans une poubelle. IL appelle les policiers d’un bar, sis non loin, mais les policiers ne le croient pas – le jeune homme est bourré comme un coing. Massimo, le patron du bar, les appelle à son tour, et là, ils sont bien forcés de venir, et de constater qu’une jeune femme a été assassinée.

1312260953408502211846257Défi premier roman

Mon avis :

Les insomnies, c’est bien, quand elles vous permettent de découvrir un roman aussi réussi. Il est court (166 pages) mais bien construit, et les personnages sont très attachants. De plus, je viens de découvrir qu’il s’agit d’un premier roman… alors là, chapeau !

Massimo est un barman ordinaire, si ce n’est qu’il refuse parfois de servir à ses clients des boissons qui pourraient nuire à leur santé. Le premier à s’en plaindre est bien sûr son grand-père, un des plus assidus clients du Bar Lume, avec ses trois amis octogénaires – et grand-mère met aussi son cher et tendre au régime à la maison. La vie n’est pas toujours drôle quand on est retraité, même s’il fait beau, même si l’on joue aux cartes au beau milieu d’une horde de touristes hollandais. La preuve ? L’humour de son petit-fils : Si vous souhaitez un de ces bibelots en forme de petit vieux, je peux vous satisfaire. Je vous conseille l’exemplaire qui tient une canne, il est bon marché.

Je ne vous parle même pas du meurtre, dans lequel Massimo se trouve impliqué bien malgré lui. C’est presque lui qui a découvert le corps, ce qui lui vaut toutes les attentions du commissaire Fusco. Grâce à lui, les coupables peuvent dormir sur leurs deux oreilles, même en plein jour. Sa compétence est telle qu’il écrira bientôt un ouvrage sur l’art et la manière de contaminer les indices sur une scène de crimes. Ses hommes sont pourtant extrêmement doués, ils sont premier prix de courses en fauteuil à roulettes dans les couloirs du commissariat. Bref, quand il tient un suspect, il a tôt fait de le déclarer coupable, quitte à changer d’avis en cas d’alibi, sauf si celui-ci est « à chier » (je cite). Il est parfois difficile pour des toilettes de signer une déposition.

Il y a de l’Agatha Christie dans ce roman, dans cette manière de présenter un village où tout le monde se connaît. Massimo ne constate-t-il pas que « le brainstorming des petites vieilles était redoutable, et pas un seul villageois n’échapperait dans les jours à venir aux élucubrations de prétendues Miss Marple occupées à téléphoner à toutes leurs connaissances.  » Lui, par contre, pousse son raisonnement jusqu’au bot, allant au-delà des apparences et des idées reçues.

Un excellent roman, pour les vacances ou tout autre moment de l’année.

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De chez nous de Christian Authier

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Présentation de l’éditeur :

« Les frontières de notre pays sont mouvantes. Elles viennent du passé et ne cessent de se renouveler en guettant l’horizon, elles n’épousent pas une identité nationale réduite à des papiers officiels, une feuille d’impôts ou une carte d’électeur. Pour les dessiner et peindre les visages qui en composent le coeur battant, nous aurons recours à l’Histoire, à la littérature, aux poètes, aux amis, aux vivants et aux morts, à des sentiments ordinaires et rares, à des souvenirs et à des espérances. Nous emprunterons des chemins buissonniers et d’autres plus balisés, des raccourcis et des digressions, des tangentes et des lignes droites.
Bienvenue chez nous. »

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Mon avis :

Tout d’abord, je voudrai remercier Agathe1000 du forum Libfly, qui a fait voyager ce livre jusqu’à moi et Catherine, lectrice qui me précédait pour ce livre voyageur, et qui me l’a fait parvenir très vite.

J’ai lu ce livre quasiment d’une traite, en une seule journée, sans avoir envie d’aller « lire ailleurs », mais en prenant beaucoup de notes, tant ce livre est riche, foisonnant, et ouvre matière à réflexion. Je me demande d’ailleurs s’il trouvera sa place dans cette rentrée littéraire, tant les échos que j’ai eu à son sujet sont contrastés.

Le sujet ? Le questionnement sur ce qui constitue l’identité française, de la seconde guerre mondiale à nos jours. Vaste sujet. Il parle tout d’abord de la Résistance, qui a pris des visages inattendus, et pour certains, méconnus. Je m’y attendais presque, mais il évoque ensuite la guerre d’Indochine, la guerre d’Algérie, et la position des gradés en face de la torture. Il évoque l’histoire de France, et la manière dont elle est vécue, de nos jours :

« L’histoire de France n’est pas un musée que l’on visite, dans une odeur d’encaustique et avec le sentiment obligé du devoir de mémoire, pas plus qu’elle n’est une galerie où les ombres funèbres de la culpabilité et de l’auto-flagellation se répondent dans une conversation morbide. Non, elle est vivante et ne se réduit pas aux bibelots commémoratifs dont nos politiques sont friands. Elle s’incarne dans des figures qui ont bien plus de réalité que la plupart des ombres que la société du spectacle nous glisse entre les mains et sous les yeux au cœur d’un commerce de représentations falsifiées« .

Seulement, il est bien difficile, pour le grand public, de trouver « ses figures », là où justement on préfère l’immédiateté des faits, sans creuser au-delà. Il m’a aussi parfois agacé, notamment toute la partie consacrée au vin. Même si le narrateur dit : « Beaucoup boivent pour oublier, je bois pour me souvenir », la tradition vinicole française n’est pas vraiment un élément que j’ai envie de mettre en avant. Les français boivent, c’est naturel. Les français célèbrent le moindre événement en trinquant. Les françaises boivent également, pendant leurs grossesses – et peu importe la qualité du vin, le degré d’alcool rentre toujours en ligne de compte pour moi. Fin de ma parenthèse.

Il parle aussi, dans ce qui ressemble presque à un très long monologue, de ce silence qui nous envahit : « des murs de silence nous séparent désormais quand ce ne sont pas d’autres frontières encore plus infranchissables. »

De chez nous est un livre à lire, à annoter, à discuter aussi.