Archive | 23 août 2014

Des myrtilles dans la yourte de Sarah Dars


Présentation de l’éditeur :

Madré, coureur de jupons, buveur obstiné, l’inspecteur Yesügei est menacé d’une mise à pied avant l’âge de la retraite. Pour
insubordination, et aussi parce qu’il préfère de loin humer les senteurs de la steppe mongole lors de virées sur sa moto Guzzi V7 Classic, plutôt qu’obéir à ses chefs tatillons. Mais Yesügei est aussi un chasseur né. Et lorsqu’un touriste américain disparaît au cours d’une chasse aux antilopes saïga, son instinct se réveille. Tenace et patient, il remonte les pistes et ne lâche jamais sa proie.Avec pour fil conducteur, une poignée de myrtilles.
Et pour scène de crime, les étendues sans fin d’une terre où le vent semble reculer les limites de l’horizon, une terre sacrée pour ses cavaliers nomades, et livrée aux appétits étrangers qui se disputent âprement ses ressources.

Mon avis :

Si vous souhaitez découvrir la Mongolie, ce livre est fait pour vous ! Il nous montre ce pays, son histoire, ses coutumes, jusque dans ses yourtes et ses assiettes. Maintenant, je comprendrai que ces descriptions, pourtant parfaitement intégrées dans le récit, peuvent sembler un peu longues. C’est que l’enquête que mène l’inspecteur Yesügei est hors du commun.

Un américain, venu chasser avec un ami, est retrouvé mort. Meurtre ? Accident ? Seul le médecin légiste peut le dire. En attendant son verdict, Yesügai mène son enquête. Il interroge, parfois violemment, il cherche, s’aidant de « témoins » issus de son passé, et qu’il ne reverra sans doute jamais – comme un dernier baroud d’honneur avant la retraite.

C’est qu’il n’a pas que des amis, Yesügei, dans sa profession, il en a même très peu, à cause de son insubordination, de son goût pour la boisson, de son apparence physique également. Il n’entend pas éblouir ses supérieurs, il entend faire toute la lumière sur la mort d’Harry.

Serait-ce le choc des cultures qui l’a tué ? Très vite, les deux américains se sont montrés arrogants, voire injurieux envers leurs guides, qui ont très bien compris sinon les termes exacts, du moins les sentiments des deux étrangers. Ah, ils aiment chasser, ils aiment avoir des trophées, pour prouver …. Leur vaillance ? Leur virilité ? Leur goût du dépaysement ? Ils s’attendaient à un safari tout confort, et les conditions de vie les font se renfermer littéralement sur eux-mêmes.

Serait-ce l’avidité ? Larry cachait des secrets, et, comme tout secret, il n’avait pas envie de les partager, ou peut-être avec Tina, son ex-femme, venue sur les lieux après son décès pour s’assurer que l’enquête serait faite selon les règles de l’art – avec Yesügei, autant dire que c’est vraiment très difficile à évaluer.

Plus qu’un roman policier, c’est un vision de la société mongole, entre modernité et tradition, entre extrême pauvreté et richesse des touristes que nous fait découvrir l’auteur, en compagnie d’un policier qui s’entendrait fort bien avec ses collègues européens.

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