Archive | 13 août 2014

Cimetiere à vendre d’Ann Granger

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Présentation de l’éditeur :

Employée au Foreign Office de Londres, Meredith Mitchell connaît quelques déboires professionnels. Ah ! si seulement elle savait tenir sa langue et maîtriser son tempérament fougueux… Pour échapper à la morosité, elle s’accorde quelques jours de vacances dans le charmant petit bourg de Bamford, près d’Oxford. Elle y retrouve le so british Alan Markby, l’inspecteur, tout en flegme et en pudeur. A son habitude elle le bouscule et l’aide tout à la fois. Car dans ce petit coin de paradis à la mode anglaise se cachent de sombres trafics et des morts suspectes.

Mon avis :

Vous voulez vous reposer et vous partez en vacances dans la campagne anglaise ? Vous ne lisez pas les romans ! Depuis Agatha Christie et Miss Marple, que dis-je, depuis Patricia Wentworth et miss Silver, tout lecteur de romans policiers avertis sait que la campagne anglaise dissimule les pires horreurs, sous couvert de pimpantes chaumières et de jardins bien entretenus.

Bamford ne fait pas exception. La drogue y circule aussi bien qu’à Londres, comme en témoigne la mort par surdose de drogue de la jeune Lindsay. Quant à la construction d’un magnifique lotissement destiné à défigurer un peu plus cette belle campagne, il est interrompu par la découverte d’un cadavre. De quoi vriller les nerfs de l’architecte, du chef de chantier et des différents ouvriers. Et je ne vous parle pas de ceux des enquêteurs, qui se trouveront très vite mis à mal. Il est difficile d’enquêter dans ses campagnes, où tout le monde connaît tout le monde, où les fermes appartiennent à la même famille depuis des générations, où l’on se marie entre cousins, où l’on ne se marie pas, parce que personne ne veut vivre dans cette cambrousse. Désertification des campagnes, vous avez dit ? Et bien oui. Les agriculteurs sont remplacés par des citadins qui viennent s’y reposer, un peu comme Mérédith, ‘l’amie de l’inspecteur Alan Markby.

Elle, ce n’est pas la campagne anglaise qu’elle souhaite fuir, c’est le Royaume-Uni tout entier. Que n’obtient-elle pas un poste à l’étranger, comme elle le désire ! Et bien… non. Ce n’est pas pour tout de suite, ni même pour demain. Alors, elle accepte ses « vacances » à Bamford, près de son ami, à qui elle donne un coup de main. Du moins, elle essaie : même envers une femme, la méfiance demeure. Elle est amie avec les poulets ! Elle pose des questions ! Elle s’aventure sur le terrain ! Autant dire qu’elle est mûre pour s’attirer de sérieux ennuis.

Comme souvent dans les romans policiers, il ne faut pas se fier aux apparences. Ce n’est pas tant qu’elles sont trompeuses, c’est qu’elles ne montrent que ce que les policiers veulent bien voir – et ils découvrent parfois trop tard qu’ils ont fait fausse route. Curieuse communauté rurale où même les crimes les plus intimes ne peuvent distendre certains liens.

Une pincée de surnaturel vient corser cette affaire au demeurant tragique. Est-ce à dire que les enquêteurs ont perdu pied ? Non. Mais les crimes ne peuvent rester éternellement cachés.

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Le retour des Highlanders de Margaret Mallory

couv9191600Présentation de l’éditeur :

Après cinq ans passés à se battre sur le continent, Ian MacDonald revient sur son île natale de Skye, où il trouve son clan en péril. Bien décidé à réparer ses erreurs de jeunesse, il doit déjouer les manigances d’un adversaire sans scrupules, et faire face à Sìleas, l’épouse qu’il a délaissée pour partir au combat. Une surprise attend Ian : la gamine maigrichonne qui le suivait partout comme son ombre et qu’il a dû épouser à la suite d’un malentendu, est devenue une jeune femme aussi ravissante que farouche.

challenge3Mon avis :

Le retour des Highlanders est une saga qui comporte quatre tomes, chacun centré sur un des quatre héros, j’ai nommé Ian, Alex, Connor et Duncan (aucun prénom impossible à retenir, même pour de fiers Highlanders). En prologue, les quatre z’amis consultent Tearlag, une voyante respectée, afin de connaître leur avenir – vous vous doutez bien qu’ils n’étaient pas venus prendre le thé ! Et ce que vous Tearlag ne les satisfait pas vraiment. En plus, Sileas, une gamine très amie avec Ian, déboule juste après. Collante, cette gamine !

Les années passent, et là, catastrophe : à la suite de circonstances totalement indépendantes de sa volonté (et une arme dans le dos), Ian se voit contraint d’épouser Siléas, qui est toujours son amie, toujours collante, mais… il aurait vraiment aimé avoir une autre femme. Au revoir, Sileas, à peine marié, Ian prend la poudre d’escampette et espère sincèrement que la gamine jeune fille l’oubliera (et qu’il trouvera le moyen de se séparer d’elle, non mais !).

Cinq ans passent, il revient après avoir combattu avec ses amis, et avoir échappé à maints périls – autant vous le dire tout de suite, ce ne sont que les premiers. De retour au pays, il découvre que les combats ont fait rage aussi sur l’île, bien plus qu’il ne l’imaginait, et la situation est désespérante. Le père et le frère aîné de Connor ont été tués, son propre père est gravement mutilé, et il n’a dû sa survie qu’à l’aide de son jeune fils, au soin de sa femme et de sa belle-fille, Siléas.

Et là, boum ! Ian a un choc. Déjà, il se rend compte qu’il aurait peut-être dû rentrer bien plus tôt, pour aider sa famille, et il n’aurait pas dû sous-estimer l’évolution de Siléas, devenue une magnifique jeune fille. Et c’est là que commence un jeu de : « je t’aime, moi non plus », assaisonné de « je te désire, moi aussi, mais je n’en laisse rien paraître ». Ian, en plus de défendre son clan et sa famille, doit conquérir la jeune fille, la difficulté étant inversement proportionnelle à la confiance en lui, en ses charmes, en son bon droit (n’est-il pas son mari ?) qu’a le jeune homme. Autant dire que ce n’est pas gagné du tout !

Vous l’aurez compris, nous sommes dans une romance historique, et la romance l’emporte largement sur l’historique. Le contexte est vaguement présenté, la reine est là, on vient lui demander secours, mais elle n’est pas vraiment concerné, les intrigues se nouent autour d’elle dans la (presque) indifférence et les liaisons sont nombreuses. Voilà pour la cour. A Skye, les clans luttent, s’allient, se désunissent, sans que l’aspect romance ne quitte jamais le premier plan. D’ailleurs, la langue utilisée est très contemporaine, un peu trop parfois. Un peu plus de rigueur, sans sombrer dans la reconstitution historique linguistique, n’aurait pas été gênant.

Le retour des HIghlanders est une sympathique saga, distrayante, avec suffisamment de rebondissements pour retenir l’attention, même si le dénouement ne laissait aucun doute.

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