Archive | 12 août 2014

Daisy, lycéennes à Fukushima de Reiko Momochi

Présentation de l’éditeur :

Depuis le terrible tsunami qui a frappé Fukushima, Fumi n’ose plus sortir de chez elle. Trop inquiète pour sa santé, à cause des éventuelles radiations émises par la centrale. Pourtant, en dernière année de lycée, il faudra bien qu’elle se décide à retourner en cours. Mais est-il seulement possible de recommencer à vivre et de faire comme si de rien n’était, quand même une simple pluie représente la menace d’une contamination radioactive ?

Mon avis :

Tout d’abord, un grand merci à Babelio pour ce partenariat. Comme souvent, j’ai coché plusieurs cases pour l’opération Masse Critique, mais c’est vraiment ce manga que je désirai recevoir.

Pourquoi ? Parce que, pour beaucoup, les mangas parlent simplement de sujets futiles et ne sont bons que pour les ados et parce que, à Fukushima, tout va bien – on n’en parle plus en occident, et je ne suis pas sûre que l’on en parle plus au Japon.

Pourtant, les faits sont là, la peur aussi. Prenez Fumi, par exemple. Elle est terriblement angoissée, et elle n’est pas la seule. Peut-on encore sortir, reprendre ses études alors que les enfants ne jouent même plus dehors à cause des radiations. Que faire ? Partir ? Rester ? Etre séparé de sa famille ? Autant de questionnements auxquels il faut trouver très vite des réponses. Grâce à ses amies, elle va (un peu) se raccrocher à une vie d’adolescente normale, en montant un groupe de musique, « Daisy ».

Si le graphisme n’est pas très différent des mangas « de lycée » classiques, il permet de mieux laisser s’épanouir cette histoire qui n’est en rien classique. L’auteur, après la lecture d’un roman, s’est inspirée de témoignages d’habitants de Fukushima pour écrire ce manga – ou comment mettre des images sur des maux.

Daisy, lycéennes de Fukushima, un manga pour ne pas oublier.

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Code 10 de Donald Harstadt

couv50285009.gifPrésentation de l’éditeur :

Dans un champ de cannabis planqué dans un parc de l’Iowa, un flic et un dealer sont froidement abattus. Tous s’en mêlent : les stups, le FBI, les services secrets… La collaboration s’annonce difficile. En suivant au jour le jour l’enquête du shérif Carl Houseman, on retrouve le style unique de Donald Harstad : une écriture d’un réalisme étonnant, qui en dit long sur les techniques d’investigation de la police américaine.

Mon avis :

Ami des séries policières bien calibrées, dans lesquels le coupable est toujours arrêté à la fin de l’épisode, bonjour. L’univers de Donald Harstadt est très différent, et pourra en rebuter certains.

En effet, son héros Carl Houseman est au prise avec tout ce qui fait la beauté de ce métier : les tracasseries administratives. Les problèmes de juridiction, en veux-tu, en voilà – c’est fou le nombre d’organisation que comportent les États-Unis, et leur capacité à ne surtout pas collaborer entre elles.  Il ne compte plus les heures passées à rédiger des rapports, qui se doivent être le plus précis possible. Quand l’officier de police sera amené à témoigner, des années après, il aura oublié maints faits et s’appuiera très souvent sur la relecture de son rapport. De plus, les suspects se montrent très procéduriers. Qui a tiré en premier, pourquoi, qui était dans son bon droit ? Les enquêtes internes paraissent une formalité en France. Aux États-Unis, elles semblent étonnamment banalisées, et les enquêteurs de se retrouver dans la peau de suspect plus souvent qu’à leur tour.

Revenons à cette enquête ardue, qui met à mal la santé de Carl Houseman : il suit un régime strict, que les conditions de l’enquête ne lui permettent pas vraiment de respecter. Deux hommes ont été abattus, un policier et un dealer. Sauf que les causes apparentes de cette fusillade sont bien trop légères pour justifier cette tuerie : un simple champ de cannabis même pas à maturité, bref, pas de quoi fouetter un chat, et encore moins d’armer un fusil. Que s’est-il donc passé ?

Ils ne sont pas au bout de leur surprise, dans cet état paisible, rural, où sévit l’antisémitisme le plus virulent. Pour faire court, certaines factions sont prêts à croire que la communauté juive aurait sous sa coupe les journalistes, la police, le gouvernement, etc, etc dans le but d’annexer certains Etats, dont, bien sûr, l’Iowa. Incroyable, pensez-vous ? Si ce n’est qu’ils sont très nombreux à le croire, et à être prêts à tout pour défendre leurs biens – dans le même registre, je pense à Femme qui tombe du ciel de Kirk Mitchell, si ce n’est que l’ennemi, celui qui veut voler les terres des bons américains sont les Indiens.

Le fanatisme, la certitude d’être dans son bon droit entraînent des réactions inattendues, incontrôlables, absurdes. Qui a dit que l’Iowa était un état où il ne se passait jamais rien ?

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