L’arbre à bouteilles de Joe R. Lansdale


Présentation de l’éditeur :

Hériter de cent mille dollars et d’une petite bicoque dans un quartier délabré n’est pas si mal et l’oncle Chester a fait un beau cadeau à son neveu Leonard… Même s’il faut tout nettoyer, que le plancher est pourri et que les voisins sont ce que l’on pourrait craindre de pire. Même si retaper une maison pour la vendre et abattre des murs, c’est prendre le risque de découvrir des squelettes cachés…

moisamericain

Mon avis :

Si vous avez lu ce roman et me dites que vous ne l’avez pas aimé, je crois que nous pourrons engager une solide discussion, à condition que vous ne me disiez pas, comme cette personne que j’ai croisé et qui n’aimait pas Henning Mankell : « je sais pas, j’aime pas, c’est tout ».

Bienvenue au Texas ! Le même Texas que l’on peut retrouver dans le film Killing Fields .

Les personnages sont pauvres, voire très pauvres. Le travail ? Ils en ont, c’est déjà ça, même s’il est pénible et si les retenus sur salaire pleuvent comme la pluie en Normandie. Le racisme ? Bien présent, et il touche toutes les communautés. Demandez un peu à Hap, meilleur ami de Léonard, s’il est vu d’un bon oeil quand il arrive au beau milieu de la communauté noire (pas de politiquement correct, pour « afro-américaine », vous repasserez). Demandez aussi à la police si elle compte s’occuper un peu de toutes ses disparitions d’enfants noirs. La réponse est simple : non. Il suffit de chercher du côté de leur proche. Puis, ce sont des enfants noirs. Il ne faut pas demander l’impossible.

C’est pourtant ce que tenteront les deux amis, après avoir trouvé un squelette d’enfant en faisant des travaux dans la maison dont a hérité Léonard. Après un instant de doute (son oncle pourrait-il être coupable ?), Léonard se lance dans une enquête pour faire toute la lumière sur ce meurtre – et les autres disparitions. S’il laisse faire la police, confiné au service minimum, il sait qu’elle en restera là : son oncle est bien le coupable idéal pour elle.

Force est de constater que, si l’on s’en donne la peine, on trouve – des ennuis, de grosses galères, des gnons, mais on trouve. On trouve aussi une homophobie galopante, et le terme est faible. La religion, le puritanisme ont une très grande place dans ces petites communautés, le pire étant que ces personnes croient sincèrement les monstruosités qu’elles débitent et mettent en pratique. C’est ça aussi, l’Amérique.

L’arbre à bouteilles ? Un excellent roman, à l’humour imparable, qui nous conte l’horreur ordinaire et une très belle amitié.

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17 réflexions sur “L’arbre à bouteilles de Joe R. Lansdale

  1. Bon, moi je n’aime pas tout Mankell mais j’assume. Par contre je ne connais pas Lansdale et ça j’ai du mal à assumer.
    Le Papou

    • Le problème n’est pas d’aimer ou non Mankell (je n’aime pas du tout ses oeuvres de littérature jeunesse), le problème est bien de l’assumer, ou au moins, de savoir pourquoi !
      Ne t’inquiète pas : je ne connaissais pas il y a huit jours.

  2. Héhéhé, tu l’as bien aimé ! Moi aussi, et pour une fois, j’avais le nom du coupable avant la fin. C’est bien simple, quand j’ai vu ce personnage débarquer, je me suis dit qu’il n’était pas net et que ce pouvait être lui, je voulais que ce soit lui et ce fut lui 😀

    Non, je n’ai pas aimé Mankell… j’avais lu les deux premiers titres, il y trèèèèèèès longtemps, mais je n’avais pas accroché à l’univers, aux paysages, au personnage du flic désabusé, j’avais trouvé le rythme endormant et oui, j’avais piqué du nez sur le roman. Avec le recul, je pense que j’étais trop jeune pour apprécier l’univers un peu sombre du personnage. Mais maintenant, c’est trop tard, je n’oserais plus en ouvrir un :/ Je sais, une paire de baffes je mérite 😉

    • Je me suis dit aussi qu’il n’était pas net, certains indices étaient habilement dissimulés dans le texte.
      J’ai lu d’autres romans suédois, que je ne recommanderai pas, mais alors pas du tout, comme celui où les policiers s’extasient parce que c’est beau, tout de même, cette mère et ses enfants égorgés, non ? NON !!!!!
      Non, tu ne mérites pas une paire de baffes, moi-même je ne relirai pas ses romans de littérature jeunesse, encore plus sombre que ses romans policiers (si, c’est possible !).

      • Ça fait tellement longtemps que je m’étais attaquée à Mankell que je ne me souviens plus très bien de tout, hormis qu’il m’avait hérissé le poil 😆

        Ils s’extasient devant des cadavres ?? My god, ils ont fumé quoi, avant de commencer leur journée, eux ??? Que le tueur prenne son pied, je comprend, c’est son rôle, mais pas les flics ! :/

        Ah bon, encore plus sombre et c’est possible ? Ben ça alors ! 😦

        • Je lis un seul de ses romans par an, donc je n’en ai lu que quatre jusqu’à présent, plus deux en littérature dite « jeunesse ». Sauf que là, la traduction de sa série en quatre tomes est anarchique :
          – tome 1 non traduit.
          – tomes 2 et 3 pas faciles à replacer dans le contexte.
          – tome 4 lu en anglais, en désespoir de cause.
          Il parle d’un temps que les moins de trente ans suédois ne peuvent pas connaître, l’arrêt de l’école à 14/15 ans, l’isolement, le froid hivernal. Ces personnages sont abominablement seuls, tous sans exception. Certains traits, par contre, sont véritablement contemporains, et des auteurs jeunesses français n’oseraient pas écrire ce qu’il écrit,même si c’est vrai.
          Oui, les policiers s’extasient, les trois corps forment presque un tableau, une oeuvre d’art. J’aurai eu envie d’envoyer par parachute Kurt Wallander (le héros de Mankell) ou Ernaldur pour leur secouer les puces. On ne l’admire pas, c’est un monstre, on le coffre !

          • Erlendur, mon chouchou !! 😀

            Non, les assassins ne sont pas des monstres, mais des êtres humains comme nous, et c’est ça qui fait encore plus froid dans le dos… L’appeler « monstre », ça lui donne des excuses et il n’en a pas. Na ! :p Je sais, je chicane sur les mots, mais j’aime ça et je sais que un mot ou une virgule absente ou mal placée peut tout changer 😉

            Bon, je passerai mon tour pour leur littérature qui pousse à la dépression sévère.

            • Le mien aussi.
              Justement, là aussi, il y a un vrai travail à faire de la part des auteurs, entre ceux qui les présentent comme des êtres humains ordinaires, ayant un travail, une famille, et d’autres présentent des monstres préoccupés 25 heures sur 24 par leurs crimes passés ou à venir. Un travail ? Nan, pas besoin. Une famille, des proches, un facteur pour porter les factures ? Même pas ! Ils ne boivent pas, ne mangent pas, ne paient pas d’impôt, et si on les croise un jour, on est déjà mort.
              Puis « monstre » désigne aussi une personne effrayante par son caractère, son comportement. Je trouve que le terme correspond assez bien. Qui ne serait pas effrayé par de tels crimes ?
              Je serai curieuse de savoir comme de jeunes lecteurs français réagissent à la lecture de ces romans. A mon collège, personne ne les a empruntés.

              • Le livre d’Ellroy « Un tueur sur la route » est très intéressant dans la mesure où l’homme bosse, mais en solitaire, je dirais. On est dans ses pensées, il ne regrette rien, n’a aucune empathie et je te jure qu’il fait froid dans le dos, sans pour autant qu’il y ait des tueries à tire-larigot. Bref, un tueur plausible.

                Oui, certains, c’est de la surenchère dans la perversité, dans l’hémoglobine et ils ne sont pas réalistes du tout.

                Le pire criminel, pour moi, c’est la mère de famille, celle que tout le monde adore, que jamais personne ne penserait qu’un jour, elle massacrerait toute sa famille… et ça, c’est pas de la fiction ! 😦

  3. Je suis une grande, grande fan (adoratrice) de Lansdale et de sa série Hap Collins & Leonard Pine ! A consommer sans modération ! L’humour de Hap, le franc parlé, l’ambiance, les intrigues ! Bref ! TOUT. J’ai aussi lu Vanilla Ride et Tsunami Mexicain ! Du pur bonheur ! 🙂

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