Archive | 11 août 2014

L’arbre à bouteilles de Joe R. Lansdale


Présentation de l’éditeur :

Hériter de cent mille dollars et d’une petite bicoque dans un quartier délabré n’est pas si mal et l’oncle Chester a fait un beau cadeau à son neveu Leonard… Même s’il faut tout nettoyer, que le plancher est pourri et que les voisins sont ce que l’on pourrait craindre de pire. Même si retaper une maison pour la vendre et abattre des murs, c’est prendre le risque de découvrir des squelettes cachés…

moisamericain

Mon avis :

Si vous avez lu ce roman et me dites que vous ne l’avez pas aimé, je crois que nous pourrons engager une solide discussion, à condition que vous ne me disiez pas, comme cette personne que j’ai croisé et qui n’aimait pas Henning Mankell : « je sais pas, j’aime pas, c’est tout ».

Bienvenue au Texas ! Le même Texas que l’on peut retrouver dans le film Killing Fields .

Les personnages sont pauvres, voire très pauvres. Le travail ? Ils en ont, c’est déjà ça, même s’il est pénible et si les retenus sur salaire pleuvent comme la pluie en Normandie. Le racisme ? Bien présent, et il touche toutes les communautés. Demandez un peu à Hap, meilleur ami de Léonard, s’il est vu d’un bon oeil quand il arrive au beau milieu de la communauté noire (pas de politiquement correct, pour « afro-américaine », vous repasserez). Demandez aussi à la police si elle compte s’occuper un peu de toutes ses disparitions d’enfants noirs. La réponse est simple : non. Il suffit de chercher du côté de leur proche. Puis, ce sont des enfants noirs. Il ne faut pas demander l’impossible.

C’est pourtant ce que tenteront les deux amis, après avoir trouvé un squelette d’enfant en faisant des travaux dans la maison dont a hérité Léonard. Après un instant de doute (son oncle pourrait-il être coupable ?), Léonard se lance dans une enquête pour faire toute la lumière sur ce meurtre – et les autres disparitions. S’il laisse faire la police, confiné au service minimum, il sait qu’elle en restera là : son oncle est bien le coupable idéal pour elle.

Force est de constater que, si l’on s’en donne la peine, on trouve – des ennuis, de grosses galères, des gnons, mais on trouve. On trouve aussi une homophobie galopante, et le terme est faible. La religion, le puritanisme ont une très grande place dans ces petites communautés, le pire étant que ces personnes croient sincèrement les monstruosités qu’elles débitent et mettent en pratique. C’est ça aussi, l’Amérique.

L’arbre à bouteilles ? Un excellent roman, à l’humour imparable, qui nous conte l’horreur ordinaire et une très belle amitié.

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Journal d’un louveteau garou IV

Cher journal que j’aime tant

Notre professeur de musique vampire a donné sa démission aujourd’hui ! Il nous a envoyés un message (collectif) pour nous expliquer les raisons de son départ (sa santé – mentale – vacillante) et nous préciser qu’il ouvrait une école de musique réservée aux vampires.

Son remplaçant est arrivé illico. Et là, ô surprise, nous nous sommes dit qu’il ressemblait beaucoup à monsieur Trukenski, notre professeur d’EPS. Nous ne nous trompions pas. Il s’agissait de son demi-frère ! Il nous a tout de suite plu.

– Je serai clair : je n’ai rien contre les concerts de loups-garous qui durent toute une nuit, j’ai survécu à un orchestre trollesque de xylophone reprenant les grands classiques de la variété allemande. Naaaaaaaan, ce n’est pas obligatoire pour devenir professeur de musique, c’est obligatoire quand on est dans l’armée. Pour apprendre à résister à la torture.

Nous eûmes ensuite un cours très agréable sur la musique comme tentative hasardeuse pour réunir les créatures dites « hors-normes ».

– Il faudrait redéfinir la norme. Non, parce que des gens qui se disent « normaux » et ne supportent pas la musique, sous quelques formes qu’elles se présentent à leurs oreilles ne sont pas si normales qu’elles le prétendent.

Nous étions tous d’accord.

Dans la soirée, nous apprîmes les potins du jour. Bon, la piste des chevaliers dragons était toujours froide (j’aime autant ça que les voir en train d’essayer de cramer notre dortoir), mais notre cher principal aurait enfin retrouvé l’âme soeur, en plus d’avoir repris ses consultations. Dès que j’en sais plus, je l’écris.

Anatole.

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