Archive | 5 août 2014

Confession inachevée de Marilyn Monroe

71747434édition Robert Laffont – 235 pages.

Présentation de l’éditeur :

C’est en 1954 que l’agent de Marilyn, Charles Feldman, contacte Ben Hecht pour lui demander d’aider l’actrice à écrire ses mémoires. A 28 ans, elle a déjà tourné une vingtaine de films, dont ses premiers succès – Niagara et Les hommes préfèrent les blondes -, et elle est lasse des inventions et potins des feuilles à scandale. Elle lui dicte les mots qu’il couche sur le papier. Pour des raisons personnelles, elle ne poursuit pas ces séances de travail, mais confie le texte inachevé au photographe Milton Greene, son ami de toujours. Vingt ans après avoir recueilli ces feuillets, douze ans après cette soirée d’août où Marilyn s’est endormie à jamais dans la solitude de sa villa, Milton Greene décide de révéler au public ce que la star elle-même avait à dire.

Marilyn Monroe ReadingMon avis :

J’ai trouvé ce livre par hasard, en furetant à la bibliothèque. Je l’ai pris et lu, tout en sachant qu’il était « inachevé », et que Marilyn avait interrompu leur rédaction trois ans avant sa mort. Souci avec Ben Hecht, chargé de mettre en forme ses notes ? Suite du conflit avec les studios ? Nul ne le sait, comme nul ne sait à quel point le texte original a été modifié.

Ce qui m’a frappé, en le lisant, c’est la bienveillance de Marilyn, en dépit des épreuves qu’elle a traversé étant enfant. Elle n’accable pas sa mère, dont elle dresse un portrait presque positif. Elle adore sa tante Grace, qui l’abandonna elle aussi. Elle ne se lamente pas sur ses années de misère, elle raconte, presque naîvement, les repas, maigres, inexistants, les galères, les amours qui finissent mal, les jalousies. Derrière la sophistication de Marilyn, la simplicité de Norma Jean. Il est d’ailleurs inquiétant qu’elle distingue ses deux personnalités. Comment vivre quand on se sent deux ?

Confession inachevée, un livre à découvrir pour tous les fans de l’actrice.

95322822Challenge cinéma chez Ostinato 

 

Certains l’aiment chaud et Marilyn de Tony Curtis et Mark Viera

Présentation de l’éditeur :

« – Vous avez vu cette fille? – Ouais, ai-je répondu. Je l’ai vue. Comment aurait-on pu ne pas la remarquer? Elle était à tomber, avec un chemisier translucide qui laissait entrevoir son soutien-gorge. Tandis qu’elle longeait l’immeuble des scénaristes, des têtes se sont penchées aux fenêtres, dans des positions insensées. Sa beauté donnait l’impression qu’elle était intouchable, mais son sourire laissait entendre le contraire. Nous semblions du même âge, même si j’ai découvert plus tard qu’elle avait une année de moins. Nous étions presque nés le même jour – moi le 3 juin, elle le 1er  » Lorsque Tony Curtis croise Marilyn pour la première fois, il a 25 ans. Elle 24. Ce sont deux gosses habités par le même espoir: devenir des stars de cinéma. Huit ans après, réunis par Billy Wilder au sommet de son art, leur rêve s’est réalisé au-delà de leur espérance. Et ils sont sur le point de tourner dans une des comédies les plus populaires du monde.

95322822Challenge cinéma chez Ostinato 

Mon avis :

Si vous êtes fan du film, de Tony Curtis ou de Marilyn Monroe, voir des trois à la fois, ce livre est fait pour vous !

J’ai l’impression d’avoir rédigé un slogan publicitaire pour vous vendre ce livre, un peu comme les studios tâchaient de vendre de leur mieux leur film. Avec Certains l’aiment chaud, la tâche était compliquée dès le départ. L’idée était formidable, originale – insensée pourrait-on dire, à une époque où la commission de censure était extrêmement stricte et où l’âge d’or des studios se terminait. Pourtant, certains producteurs prirent des risques, et faillirent ne jamais rentrer dans leur frais.

Avec une très grande liberté de ton, Tony Curtis nous raconte la genèse de ce film – comment lui, le jeune premier hollywoodien, qui formait un couple glamour avec Janet Leigh, a été choisi pour incarner Joe, ce musicien en fuite devenu Joséphine – et son tournage. J’hésite à le qualifier. Chaotique, catastrophique, légèrement perturbé ? Sans doute les trois à la fois. La cause est pourtant simple : les retards, chroniques, de Marilyn Monroe, devenue « Marilyn Manquante » pour les autres acteurs. La star faisait son come-back, disaient les journaux, et Tony Curtis de souligner le ridicule de la situation : Marilyn n’a que trente-deux ans. Mais Hollywood est impitoyable : Je l’ai compris plus tard : les gens d’Hollywood se délectent du déclin des stars. Ils aiment vous placer sur un piédestal, mais adorent vous en déloger… Marilyn apparaît dan ce livre comme perpétuellement anxieuse, angoissée, à la merci du dernier qui aura su la réconforter. Paula Strasberg apparaît presque comme un vampire auprès de la star, et Tony Curtis ne mâche pas ses mots sur la « méthode » : Pourquoi compliquer le métier d’acteur ? Apprenez vos répliques, travaillez le rôle. Découvrez ce que le réalisateur attend de vous. Puis présentez-vous à l’heure dite et jouez. L’idée de se remémorer la fois où votre sœur vous a piqué votre sandwich au beurre de cacahuète pour jouer la colère, c’est de la connerie. Si vous n’êtes pas capable de déclencher un tel sentiment par vous-même, alors vous n’avez rien à faire devant les caméras.

Il ne se jette pas des fleurs non plus, le petit Bernie Shaw devenu Tony Curtis, et montre ses angoisses, ses failles, ses erreurs aussi. Liberté de ton, vous dis-je, qui n’est sans doute possible qu’avec le recul des années, et une très grande lucidité.

A lire, vous dis-je, avant de regarder de nouveau Certains l’aiment chaud.

91121022Marilyn Monroe Readingmoisamericain