Archive | 2 août 2014

La maison sans-pareil, tome 2 : l’homme au masque d’Elliot Skell

couv67292641édition Flammarion – 459 pages.

Présentation de l’éditeur :

C’est la grande Fête de l’Inverse à la Maison Sans-Pareil! Les domestiques ont échangé leur rôle avec celui des habitants, et chacun apparaît masqué. Mais au milieu de l’effervescence générale, un homme-panthère observe attentivement Omnia. Qui est-il? et que lui veut-il?
Tandis que des événements inquiétants s’enchaînent, la tension devient palpable dans la Maison. C’est le début d’une traque acharnée entre Omnia et l’homme au masque…

challenge-anglaisMon avis :

La suite de la maison Sans-Pareil me laisse un peu sur ma faim. Certes, j’ai retrouvé l’univers poétique, décalé du premier tome, les personnages si étranges, si accaparés par leurs passions. Pour me plaire totalement, il aurait fallu que ce second tome ait une fin – enfin – et ne me laisse pas en me demandant s’il y aurait une suite un jour, et si enfin elle apporterait des réponses à toutes les questions.

Certes, des réponses, nous en avons dans ce second tome. Nous savons pourquoi Basilica est retenue recluse depuis plus de dix-sept ans, nous savons pourquoi quasiment personne n’est au courant de sa présence dans la Maison, ni des révoltes successives contre les Capelan. Les Eterfui ont toujours existé, et presque à chaque génération, un Capelan a été capable de percevoir certaines choses, de s’opposer à eux. Pour cette génération, pas encore totalement au courant de tout ce qui se trame dans cette maison, il semblerait bien que ce soit Omnia.

Elle aime cette maison, en dépit de tout ce qu’elle découvre sur ses habitants, ses règles. La maison est une entité à part entière, et les personnes les plus importantes ne sont pas forcément celles que l’on croit. Je trouve assez inquiétant de voir tous ces adultes obnubilés par une seule et unique passion, comme si ne pas être obligé de travailler pour vivre et ne jamais pouvoir sortir avaient restreint considérablement leur univers. Tout semble tout rose à l’intérieur – et tant pis si les décès s’accumulent. Les Capelan se posent très peu de questions et sont près à croire tout ce qu’on leur raconte, ou presque.

Ce « on » dissimule les majordomes, les domestiques, ceux sans qui la maison ne pourrait pas exister. Leurs besognes ne sont pas aussi simples qu’elles ne le paraissent de prime abord, du moins, pas pour les familles qui sont liées à la Maison depuis sa création.

Le tome se termine par un défi. Sera-t-il relevé ? Nul ne le sait encore.

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Les plumes d’Asphodèle – 33 – éternité.

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Je me présente : Alexandre de Carduel, cousin éloigné de Philippe de Nanterry. Je suis un médiéviste, c’est-à-dire un spécialiste du moyen âge. Quand je le précise, il arrive qu’un illuminé chante (faux) : « Il est venu le temps des cathédrales. ». Affligeant.

Je vous parlerai bien de chansons de geste, des lais de Marie de France ou de la scolastique, je sens déjà votre lassitude – et la mienne. Avoir une passion, c’est bien, plusieurs, c’est mieux.

Mon château en est une – demandez à Philippe, à Baruch, ou même à Percy McKellen s’ils n’aiment pas le leur. Je trouve du repos, seul, dans mon bureau, à regarder mon jardin et mes douves – la légende veut que je me jette dedans quand je « pique une crise », dixit le cercle de famille. Je ferai même des longueurs avec mon dragon de compagnie. J’aime les légendes.

Un jour, j’en ai eu assez de corriger les mémoires de mes étudiants et j’ai eu envie d’écrire un roman pour me divertir. Je voulais d’abord rédiger des bluettes bien sirupeuses, je ne souhaitais pas l’immortalité sous une coupole, mais une franche rigolade. J’envisageais l’histoire d’un ange gardien en vacances, d’un vampire s’évanouissant à la vue du sang ou une modernisation de l’histoire de Tarzan, cherchant son chemin à travers les lianes de la jungle urbaine. Un aimable divertissement.

                     Pas une seconde je ne pensais m’opposer (encore et toujours), à Géraud de *** . Lui n’a pas de passion, il a UNE idée fixe : tirer de l’oubli les secrets de famille, et les inventer, si besoin est. Du coup, j’ai eu la douleur de me replonger dans les archives familiales (dans le grenier, éclairé par une seule lucarne, je ne vous raconte pas les douleurs au dos et aux genoux pour examiner toutes ses reliques endormies sur leur rayonnages) afin d’argumenter contre lui. Je me trouvais l’imagination fertile, je lui trouvais l’imagination délirante – je ne puis utiliser de termes plus précis, je ne suis pas psychiatre. Dans son récit, rien ne manquait : assassinat, tentative d’assassinat, empoisonnement (quand je vous dis qu’il délire), substitution d’identité, enlèvement, kidnapping (quelqu’un se dévoue pour lui dire que ce sont des synonymes ?), amnésie (je lui en souhaite une belle), et tout ceci pour seulement trois personnes. Du coup, j’ai renoncé à mes prétentions d’auteur du dimanche, et lui ai suggéré d’envoyer son histoire à une chaîne télévisée. Pour son feuilleton de l’été. Depuis que je le lui ai dit, il a repris ses recherches. Puissent-elles durer pour l’éternité !

a_Nina_ours_en_macarons_chocolat_yummy_!Les mots à placer étaient : Vacances- scolastique – immortalité – seconde – mémoire – longueur – ange – douleur -oubli – repos – cercle – passion – péché/chemin* – vampire – jour – cathédrale – lassitude – liane -lucarne.