Après l’orage de Selva Almada

couv29093134édition Métaillé – 136 pages.

Présentation de l’éditeur :

Un garage au milieu de nulle part, dans le nord de l’Argentine. La chaleur est étouffante, les carcasses de voiture rôtissent au soleil, les chiens tournent en rond. Le révérend Pearson et sa fille Leni, seize ans, sont tombés en panne ; ils sont bloqués là, le temps que la voiture soit réparée. El Gringo Brauer s’échine sur le moteur tandis que son jeune protégé Tapioca le ravitaille en bières fraîches et maté. Dans ce huis clos en plein air, le temps est suspendu, entre deux, l’instant est crucial : les personnages se rencontrent, se toisent, s’affrontent. C’est peut-être toute leur vie qui se joue là, sur cette route poussiéreuse, dans ce paysage hostile et désolé, alors que l’orage approche.

1312260953408502211846257Défi premier roman

Mon avis :

Tout d’abord, merci à Jostein d’avoir fait voyager ce livre jusqu’à moi.

Ce premier roman se lit comme une longue nouvelle, une longue nouvelle réussi. L’auteur parvient à créer un univers, à rendre vivant ses personnages en peu de mots, à faire naître des images. Son roman est cinématographique.

Quatre personnages se retrouvent dans cette station service : le révérend et sa fille, El Gringo et son fils « adoptif » (il ne sait pas qu’il est son fils biologique).  Les deux jeunes gens ont un point commun, l’absence de mère. Si Tapioca a été abandonné, « laissé » dans cet endroit presque désert, le révérend a laissé sa femme derrière lui, des années plus tôt, parce qu’elle et lui n’avaient plus le même idéal religieux.

Ramener les hommes et les femmes vers Dieu, préserver la « pureté » des innocents comme Tapioca, telle est la mission que le révérend s’est assigné. Pourtant, il n’est pas antipathique, cet homme qui a souffert lui aussi dans sa jeunesse, cet homme qui doute, cet homme qui parle aussi, dans ces prêches, du respect que l’on doit à son corps. Il ne parle pas de régime, ou de gym comme certains Bourgeois Bohème, non, il parle des coups que l’on reçoit et que l’on ne doit pas accepté. Un exemple parmi d’autres.

L’orage arrive comme un point d’orgue dans cette confrontation entre deux hommes, deux natures, deux solitudes. Les deux jeunes gens, eux, rêvent d’ailleurs, d’émancipation en dépit de leur jeunesse. Qui trouveront-ils au bout de la route ?

Après l’orage est un premier roman maîtrisé et réussi.

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9 réflexions sur “Après l’orage de Selva Almada

  1. Un beau billet effectivement très « cinématographique », j’ai l’impression d’avoir déjà vu cette scène des dizaines de fois (je parle du décor et du huis clos) mais je ne m’en lasse pas !!! 😉

  2. C’est effectivement la maîtrise et l’incarnation des personnages si bien réussies en peu de pages qui m’a séduite. Et puis ce huis clos, cette montée en accord avec l’orage est belle.
    Peut-être aurais je aimé une fin moins ouverte mais avec le recul, cela me semble préférable de laisser la liberté au lecteur de tirer ses conclusions.
    Tu fais de ce livre une très belle chronique.

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