Archive | 9 juillet 2014

A la grâce des hommes d’Hannah Kent

tous les livres sur Babelio.com

Présentation de l’éditeur :

Dans le nord de l’Islande, en 1829, Agnes Magnúsdóttir est condamnée à mort pour l’assassinat de son amant, Natan Ketilsson. En attendant que la sentence soit exécutée, Agnes Magnúsdóttir est placée en résidence surveillée à Kornsá, dans la ferme de l’agent de sécurité du canton, Jon Jonsson, avec sa femme et leurs deux filles. Horrifiées à l’idée d’héberger une criminelle, les membres de la famille évitent tout contact avec Agnes, qui leur inspire autant de peur que de dégoût. Seul Totti, le jeune révérend que la meurtrière a choisi comme guide spirituel pour la préparer à sa fin prochaine, tente de la comprendre. Alors que les mois passent, contraints de partager le quotidien, de travailler côte à côte cette terre gelée et hostile, le fermier et les siens se laissent peu à peu apprivoiser par la condamnée. Encouragée par le pasteur, Agnes livre le récit de sa vie, de son amour pour Natan, et des semaines qui ont conduit au drame, laissant entrevoir une vérité qui n’est pas forcément celle que tous pensaient connaître.

merci à Babelio et aux éditions Presse de la Cité pour ce partenariat

Mon avis :

Tout d’abord, je voudrai présenter toutes mes excuses à Babelio et aux éditions Presse de la Cité pour mon retard pour chroniquer ce livre.

La chronique d’un livre tient aussi, pour moi, de son état d’esprit du moment. Après plusieurs livres très noirs (et après plusieurs déceptions), j’ai peiné à entrer dans ce livre, dont le thème principal est la condamnation à mort d’une servante pour le meurtre de deux hommes. Deux autres personnes ont été condamnées, mais le récit n’est pas centrée sur elle, sans doute parce que leur trajectoire, plus édifiante, est différente de celle d’Agnes.
Je l’ai rencontrée tardivement, Agnes, je me suis d’abord attachée à Jon et à Margret, qui sont chargés de l’héberger jusqu’à son exécution. Quand aura-t-elle lieu ? Personne ne le sait encore, des complications surgissent – voir le courrier où il est question de l’achat d’une hache ou le choix du bourreau. Les condamnations à mort sont rares en Islande, Agnes et Fridrik seront les derniers islandais à être exécutés. En 1830. L’Islande apparaît à mes yeux comme un pays très en avance sur son temps – voir le nombre de pays qui applique encore la peine de mort de nos jours, et ceux qui en discutent.
Jon, Margret et leurs deux filles sont des gens simples, qui vivent de leur mieux avec leur domestique, et tâchent d’accomplir leur devoir. Si pour certains, tout est blanc ou noir, j’ai aimé voir Margrèt assumer ses responsabilités dès le début face à sa communauté, même si elle n’a, à ce moment-là, aucune envie de prendre la défense d’Agnes. J’ai aimé l’évolution de ce personnage, si humain, si complexe. A travers elle et sa famille, c’est la vie quotidienne, dure, âpre, que le lecteur découvre.
A travers Agnes, c’est un aspect plus sombre encore qu’il découvre. Le sort des enfants nés hors mariage, laissés « au bon soin de la paroisse », la mortalité infantile, la mortalité maternelle, le problème du mariage aussi – quand on voit le nombre d’autorisation dont une servante a besoin pour se marier, l’on comprend aisément que s’unir à un homme lui est impossible. Il est question aussi de l’éducation des femmes, sujettes à caution : « Tu ferais mieux d’aller tenir compagnie aux moutons, Agnes. Les livres écrits par des hommes ne sont pas faits pour les gamines de ton espèce. Ils te détourneront de Dieu ! ». Agnes fait peur parce qu’elle sait lire, parce qu’elle possède un certain savoir qui effraie. On brûle encore les sorcières. « – Si j’étais jeune et simplette, croyez-vous que la police et les juges auraient pointé le doigt vers moi ? » Non, bien sûr que non.
Agnes semble avoir été dépouillée de toute humanité quand je l’ai rencontrée, et ce roman, dans lequel nous entendons sa voix, est une reconquête de son histoire, par la voix que tous entendent, par ses souvenirs, qui sont insérés dans le récit. A la grâce des hommes, ou toute la grâce d’une femme.

1312260953408502211846257Défi premier roman

 

Journal d’un louveteau garou

Ou comment écrire V comme Vampire d’un autre point de vue.

loup-garou-2283017b56_club-ado_fr

Jour 1

Cher journal
Hier, nous avons survécu à une attaque de chevalier dragon. Tout le monde va bien.
Notre professeur de musique vampire, croyant sa dernière heure de mort arrivé, a décidé de monter :
– une chorale
– un orchestre
– et réunir les deux si possibles.

Gaël de Nanterry, le directeur par interim (enfin, cela fait un an, il serait temps de le nommer définitivement directeur) est en réunion avec les sommités chargés de notre sécurité,  afin de trouver l’origine des chevaliers dragons et si possible, de les éradiquer, ou de signer un traité de paix. Vaste programme. Je regrette simplement que l’ex de notre directeur ne vienne plus lui rendre visite. C’était trop marrant quand ils se disputaient. Il faudrait lui trouver un nouveau compagnon – et je ne parle pas d’un compagnon à quatre pattes, même si nous serions tous ravis que notre principal refasse sa vie avec un loup-garou. Après tout, son père est la patte droite de l’Alpha de la meute du Sud, le beau-frère de l’alpha de la meute du Nord. Si avec ça, il ne se trouve pas un loup-loup à son goût !

Je le laisse mon cher journal

Anatole, alpha des 5e Bleu.

Jour 2
Cher Journal
Il faut noter une chose : les volontaires pour la chorale pensent chanter juste, et c’est faux. Lovisa nous a cassé les oreilles d’une manière infinie, je n’avais jamais entendu chant plus discordant – même provenant d’un loup garou atteint de diarrhée aiguë, c’est dire ! Cependant, elle est la seule fille assez téméraire pour accepter de faire partie de la chorale.
J’ai vu notre professeur vider discrètement le contenu d’une étrange fiole. Je l’ai aussi entendu murmurer : « je ne serai pas mort, je me suiciderai devant un tel désastre musical !!!!! » Puis, il s’est gratté frénétiquement le dos.
– Je ne sais pas lequel d’entre vous a des puces, mais il a intérêt à prendre un bain fissa !
Nous sommes confinés à l’intérieur du pensionnat, interdiction de sortir jouer dans la cour. Du coup, cela nous laisse beaucoup de temps pour :
– lire.
– faire nos devoirs.
– répéter.
Heureusement, la salle de répétition est trèèèèèèèès éloignée des salles de classe – et avec un professeur vampire, nos répétitions pourraient durer jusqu’au bout de la nuit. Ah, il vient d’ajouter quelque chose :
– Il faudrait qu’ils chantent métamorphosés, leur chant ne pourrait être plus discordant !

Je te laisse sur ses mots, mon cher journal.
Anatole.