Archive | 5 juillet 2014

La fille du New Hampshire

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Présentation de l’éditeur :

Quand sa rédactrice en chef découvre qu’elle a autrefois été la petite amie de Joe Kowalski, un auteur de best-sellers jaloux de son intimité, Keri Daniels se retrouve confrontée à un ultimatum : obtenir une interview exclusive avec Joe ou rechercher un nouvel emploi. Furieuse mais désireuse de promouvoir sa carrière de journaliste qu’elle adore, Keri accepte de tenter sa chance auprès de Joe, qu’elle n’a pas revu depuis dix ans. Mais elle n’est pas au bout de ses surprises, car Joe lui propose bientôt un marché aussi surprenant qu’audacieux : si elle vient camper avec lui dans le New Hampshire, elle aura le droit de lui poser chaque jour une question pour son interview. Si c’est le prix à payer pour rédiger l’article de sa vie, qu’à cela ne tienne ! En revanche, pas question de céder à nouveau au charme ravageur de son ancien amant. Même si Keri a bien remarqué l’étincelle de désir qui illumine le regard de Joe quand il pose ses yeux d’azur sur elle…

Mon avis :

Ce sont les vacances ! Par conséquent, j’ai voulu commencer mes congés en chroniquant un roman « de vacances », un roman reposant.

Et cela tombe bien, parce que Keri Daniels part en vacances, justement, des vacances studieuses : elle doit interviewer un écrivain qui vit reclus, n’accepte aucune interview. Alors pourquoi a-t-il accepté la sienne ? Parce qu’elle a été sa petite amie, 18 ans plus tôt, et qu’elle l’a plaquée comme une vieille chausse pas lavée depuis deux mois. Sa rédactrice en chef, croisement réussi d’une garce et d’un requin, l’a découvert et a sommé cette chère Kéri de parvenir à ses fins, ou sinon, elle pouvait prendre la porte. Joe a accepté, et comme la vengeance est un plat qui se mange froid, la contrepartie est qu’elle doit partir camper quinze jours avec lui, ses parents, ses frères, sa soeur, ses neveux, sa nièce… dans le New Hampshire. Autant dire Trou Perdu pour celle qui a quitté cet état dix-huit ans plus tôt pour le soleil de la Californie.

Oui, je sais, c’est horrible – et encore, vous n’avez pas côtoyé les quatre monstres qui tiennent lieu de neveux à l’écrivain, ou sa soeur Terri, son attachée de presse/assistante personnelle, qui ne se souvient que trop bien dans quel état était son frère après avoir été largué ! Vous n’avez pas dû faire du quad dans la boue, jouer au volley, et vous débarrasser de votre portable parce que, à moins de monter sur une table et de lever le bras le plus haut possible, impossible de capter le moindre signal !

En dépit de tous ses obstacles, le lecteur de roman normalement constitué se doute bien qu’ils vont retomber dans les bras l’un de l’autre, le tout est de savoir quand. Et bien, le plus tard possible ! En attendant, il aura découvert que Joe n’est pas un écrivain reclus pour façonner sa légende, mais un homme qui écrit, qui répond à des questions de ses fans via internet mais n’entend pas parler de sa vie privée, qui n’apporte strictement rien à ses oeuvres. Un peu de bon sens, cela fait du bien aussi.

Cet Harlequin moderne parle des difficultés dans les couples. Pourquoi se marie-t-on, pourquoi reste-on ensemble, comment se reconstruire après une rupture ? Comment forger son identité, quand on ne veut pas être que « la femme de, la maman de, la soeur de ? » Le livre n’apporte pas de réponses définitives (d’ailleurs, les livres qui le font sont trop souvent bien pensants) mais il a le mérite de montrer que tout n’est pas si rose au pays de la romance.

La fille du New Hampshire est un roman sympathique et reposant, qui remplit parfaitement son rôle.

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L’anniversaire des plumes !

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Je suis en retard pour les Plumes d’Asphodèle, et Nunzi a eu la gentillesse de me rédiger un mot d’excuses, pendant que je nourrissais l’ensemble de la tribu normande, puis pendant que j’étais au téléphone avec le technicien d’Orange. Elle-même est très occupée : elle attend le retour de son envoyé très spécial au mariage de James et Elinor.

Déjà, la joie doit prévaloir aujourd’hui. Faisons la fête, soyons dans l’allégresse, les plumes fêtent leur anniversaire ! Le bilan est positif, les textes toujours plus nombreux, grâce à notre organisatrice, Asphodèle ! J’en profite pour t’embrasser virtuellement, en espérant un jour le faire réellement. Pas d’inquiétude, ce jour viendra – tout comme j’espère me rendre au Quai du polar (n’est-ce pas Soène ?).

Le roman policier a ma prédilection, je ne surprendrai personne en disant cela. En revanche, qu’il est difficile de trouver un roman qui ne déborde pas de clichés. Le policier vit des amours impossibles, sa séparation d’avec sa femme/sa copine/ sa co-équipière s’est mal passée, sa famille est en morceau (ou morte), il n’a pas d’ami, personne ne versera des larmes à l’heure des adieux. Il ne vit intensément que pour son métier (forcément, il est en froid avec la terre entière) et à défaut de ripailles entre collègue, devrait s’inscrire aux alcooliques anonymes.

Rien n’est irréparable en littérature, les personnages peuvent évoluer – voir le destin d’Ernaldur ou de Kurt Wallander – donc s’il vous plaît, mesdames et messieurs les auteurs, merci de créer des enquêteurs hors-normes, démesurés, et non d’appliquer de bonnes vieilles recette indigestes.

Au revoir
Sharon-Nina.