Archive | juin 2014

La berceuse de Staline de Guillaume Prévost

Mon résumé :

Mars 1920. Alors que l’enquête sur laquelle il travaille à Paris – l’assassinat sauvage d’un ancien espion des services secrets du tsar – piétine, François-Claudius Simon, brillant inspecteur du 36, quai des Orfèvres, est envoyé en mission officieuse à Moscou, pour tenter de trouver un accord avec les autorités russes sur une autre affaire, délicate, qui met en cause un ministre de premier plan. Le jeune inspecteur est prévenu : s les choses tournent mal, il devra se débrouiller seul. Pas question que le gouvernement français prenne le risque de rallumer les hostilités avec ce régime incontrôlable. Or, dans l’atmosphère de paranoïa aiguë et de complot permanent qui caractérise la Russie de Lénine, les choses ne peuvent que mal tourner. Surtout quand un certain Joseph Staline s’en mêle….

Mon avis :

J’ai résisté trois mois à la tentation d’acheter ce quatrième volume des aventures de François-Claudius. Pour quelles raisons ? Tout simplement parce que je voulais que l’auteur me le dédicace ! C’est chose faite depuis hier, salon du livre de Saint-Maur-des-Fossés (plus qu’une dédicace, d’ailleurs, une vraie rencontre).

François-Claudius n’évolue plus dans les milieux du cinéma, comme dans le Quadrille des maudits, il ne fait pas le point sur ses amours mortes, il est au contraire préoccupée par Elsa, qui, enceinte, a traversé l’Europe pour gagner la Russie et participer à la « reconstruction » du pays, après la Révolution. Il a reçu trois lettres, toutes les trois rassurantes, et garde un maigre contact avec le frère d’Elsa, confiné à des tâches administratives depuis la grave blessure qu’il a reçue. Il tente aussi de percer le secret de ses origines et celui de la folie de sa mère. Sa progression est lente, au contraire de celle de Koko, son perroquet, qui a « koko-loniser » l’appartement de l’inspecteur.

Mais l’enquête en cours lui offre une chance inespérée : aller en Russie, jouer les agents de liaison officieux afin de convoyer un prisonnier français en Russie et d’enquêter sur un jeune français accusé de meurtre. Le gouvernement français est bien soucieux de ses ressortissants, me direz-vous. Surtout s’ils leur sont proches.

Chance aussi pour lui de rechercher jusqu’en Russie le coupable de meurtres sordides, qui émeuvent jusqu’aux policiers les plus endurcis. Endurci, le meurtrier l’est aussi, lui qui signe ses crimes de deux balles (une dans le coeur, une dans la tête) et n’hésite pas à tuer des enfants, afin de ne pas laisser de témoins derrière lui. Organisé et méthodique, il semble avoir toujours plusieurs coups d’avance sur les enquêteurs.

Et la Russie, me direz-vous ? Les Russie, devrait-on dire. Nous avons d’un côté le paradis sur terre : chacun a un logement, tous les enfants sont scolarisés, les adultes qui ne savent ni lire ni écrire peuvent apprendre. De l’autre, nous avons la réalité… et elle est bien différente. La volonté de pouvoir est bien présente, même chez ceux qui se disent révolutionnaires – comme si c’était réellement étonnant. Manger à sa faim ? Manger un peu est déjà bien, ne soyons pas regardant sur le contenu de l’assiette, tant qu’elle ne contient pas que la cuillère. Avoir un logement ? Un toit sur la tête, disons-le bien et la vie « en communauté » favorise beaucoup de travers humains. La scolarisation des enfants ? Oui, à condition qu’ils aient des parents – la première guerre mondiale, la révolution ont laissé beaucoup d’orphelins, et personne ne se préoccupe de leur sort.

S’il est vraiment un service efficace dans la Russie de 1920, c’est la police -toutes les polices. Discrétion et persévérance sont leurs maîtres mots, même s’ils les adaptent au(x) russe(s), tout comme François-Claudius leur fait profiter, parfois, de l’élégance française (et de sa boxe). De là à dire qu’il sortira indemne de cette enquête, il y a un pas que je ne laisse franchir, en lisant ce roman.

Femme qui tombe du ciel de Kirk Mitchell

moisamericainFemme qui tombe du Ciel de Kirk Mitchell

Edition Le livre de poche – 496 pages.

Présentation de l’éditeur (extrait) :

Emmett Parker, inspecteur comanche du Bureau des affaires indiennes, et Anna Turnipseed, indienne modoc du FBI, sont de nouveau sur la brèche. Au nord de l’Etat de New York, le cadavre de Brenda Two-Kettles, une aïeule de la tribu oneida, composante de la grande confédération iroquoise, a été retrouvée dans un champ, les os broyés. Les premiers indices laissent à penser qu’elle est tombée du ciel, telle la femme du mythe iroquois de la création.

Mon avis :

Ce roman est le troisième que je lis de Kirk Mitchell, après La morsure du Lézard et l’excellent La danse des chiens-tonnerre.  Si des mois espacent  chaque lecture, c’est tout simplement parce que ces romans sont particulièrement durs, et laissent une empreinte longtemps.

Celui-ci ne fait pas exception à la règle : Brenda Two-Kettles est morte de manière particulièrement violente. Peu croient à un accident, mais aucune piste ne doit être de prime abord écartée. Enfin, c’est ce qu’on dit, afin d’enquêter plus librement. Illusion : Emmett et Anna sont immédiatement identifiés comme indiens, et il n’en faut pas plus pour mettre le feu aux poudres.

La raison ? Le conflit au sujet de la restitution des terres, dont, il me faut bien l’avouer, j’ignorai tout avant de lire ce roman. Les « blancs » craignent que leurs terres ne soient rendues, après deux cents ans, aux indiens, et sont près à s’organiser, voir à prendre les armes, pour empêcher cette restitution, accusant les indiens de vouloir les réduire à leur tour en esclavage, ou peu s’en faut. La situation ne serait pas si grave, j’en aurai presque ri.

Il a fallu de presque rien, dans le cours de l’enquête, pour que tout dégénère, pour que la violence se déchaîne, un acte en entraînant un autre. La violence a toujours été là, et depuis longtemps. Il suffit de creuser un peu dans le passé des protagonistes. Dignité, respect, certains n’y ont jamais eu droit, qu’il s’agisse de leur corps ou de leur âme. Alcoolisme, maltraitance, rejet des enfants nés de métissage – tout cela et plus encore ronge les rapports entre les deux communautés, et je vous épargne les troubles que cela peut générés.

Même les enquêteurs ne sont pas épargnés. Ma préférence, dans ce couple dysfonctionnel (Emmett et Anna ont rompu voici peu) va à Emmett. Si son personnage prend toute sa mesure dans La danse des chiens-tonnerre la lecture de ce roman explique comment il en est arrivé là. Contrairement à Anna, obstinée dans sa quête mais campée sur ses positions, Emmett passe son temps à repousser ses propres limites, à se surpasser, même s’il aspire, côté vie privée, à une relation des plus  ordinaires. Sa mère est également un personnage hors du commun, extrêmement digne et aimante, en dépit des douleurs endurées.

Femme qui tombe du ciel est un excellent roman, à lire s’il croise votre route.

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Le bulgassari blanc de Kim Jin-Kyeong

Présentation de l’éditeur :
L’avidité du dragon jaune sème la guerre dans le monde. Le Bulgassari blanc ne désire que la paix. Depuis toujours, tous deux s’affrontent au sein de l’épée du Soleil, cette épée que Brin d’Osier et ses amis chats doivent rapporter au pays du peuple Myo. Leurs pendentifs magiques leur seront bien utiles, car beaucoup de surprises les y attendent, certaines bonnes et d’autres à vous donner la chair de poule. De leur côté, Sena et Minjun surveillent de près la Porte du Temps. Des hommes veulent piller le tombeau où elle repose. Et si la Porte du Temps est déplacée, les chats ne pourront jamais revenir du pays Myo !

ob_db7fda_printempscoreen2014-2Mon avis :

Je poursuis à rebours mon exploration de l’école des chats, puisqu’il s’agit ici du troisième tome de la seconde trilogie, que je n’avais pu chroniquer l’an dernier, par manque de temps.

Ce dernier tome fait la part belle aux chats, qui poursuivent leur quête initiatique. Défenseurs de la cinquième génération (déjà, serait-on tenté de dire), ils ont pour guide l’unique survivant de la quatrième génération. Ils affrontent des dangers dans le pays de Myo, ce monde fantastique où les habitants sont chats et humains, tandis que leurs congénères font de leur mieux pour protéger les enfants et leurs proches. Ce n’est pas toujours facile, puisque les ennemis sont bien plus puissants qu’eux – et mieux organisés.

Le voyage au pays Myo a tout de la dimension onirique, avec ses légendes, insérés dans le récit, qui soudain prennent vie, avec des adversaires particulièrement mordants, et des péripéties ingénieuses. A côté, le monde des humains paraît bien mesquin. Pour certains, l’enjeu est matériel, exclusivement. Pour d’autres, il s’agit de préserver le passé, la culture, la spiritualité – et les combattants n’ont pas vraiment les mêmes armes.

L’aventure se détermine de façon un peu abrupte – mais elle se poursuit dans la troisième et ultime trilogie.

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Les évaporés de Thomas B Reverdy

les évaporésédition Flammarion – 300 pages.

Quatrième couverture :

Ici, lorsque quelqu’un disparaît, on dit simplement qu’il s’est évaporé, personne ne le recherche, ni la police parce qu’il n’y a pas de crime, ni la famille parce qu’elle est déshonorée. Partir sans donner d’explication, c’est précisément ce que Kaze a fait cette nuit-là. Comment peut-on s’évaporer si facilement ? Et pour quelles raisons ? C’est ce qu’aimerait comprendre Richard B. en accompagnant Yukiko au Japon pour retrouver son père, Kaze.
Pour cette femme qu’il aime encore, il mènera l’enquête dans un Japon parallèle, celui du quartier des travailleurs pauvres de San’ya à Tokyo et des camps de réfugiés autour de Sendai. Mais, au fait : pourquoi rechercher celui qui a voulu disparaître ?

Mon avis :

J’ai lu ce livre aussi voici plusieurs mois, et il fut pour moi un coup de coeur. Aussi, je n’ai pas eu envie de l’analyser, de le disséquer, tant j’ai eu de plaisir à le lire.

D’abord, ce livre est un hommage à Richard Brautigan, qui a inspiré le personnage principal Richard B***, détective-poète. Inspiration ne signifie pas plagiat, ni opportunisme, contrairement à ce que certains ont dit, ne voulant même pas ouvrir le livre pour cette raison. C’est vraiment se priver d’un excellent moment de lecture, d’une échappée dans un ailleurs.

J’ai vraiment aimé être auprès de Richard, dans sa recherche du père de Yukiko. J’ai aimé aller sur la trace des « évaporés », ceux qui partent, fuguent, parce que souvent, ils n’ont pas le choix. Pas de recherches au pays du Soleil Levant : chacun est libre de partir s’il le souhaite, retrouvant l’anonymat de la poussière. Les catastrophes favorisent ces disparitions, et d’autres circonstances encore, telles que l’endettement (et pas toujours auprès d’une banque).  Pas de recherches, donc, l’humiliation est assez grande. Il fallait donc un occidental pour retrouver Kaze. Si Richard ne le connaissait pas, ses proches non plus, comme le dira sa femme à demi-mot.

D’autres « évaporés » croiseront la route du retour. Se retrouveront-ils ? Auront-ils le courage d’affronter leurs proches, leurs peurs, d’être véritablement eux-même ?

Les évaporés est un excellent roman, tout simplement.

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Confession d’une fan de Jane Austen de Laurie Viera Rigler

couv9672074Présentation de l’éditeur :

Après avoir tenté de guérir ses fiançailles brisées avec des romans de Jane Austen, Courtney Stone se réveille non pas dans sa chambre à Los Angeles, mais dans l’antichambre d’une femme de l’Angleterre sous la Régence.
Non seulement Courtney est prisonnière de la vie d’une autre femme, mais elle est forcée de prétendre être celle-ci… Et même son amour pour les romans de Jane Austen ne l’avait pas préparé aux pots de chambres et aux calèches inconfortables du dix-neuvième siècle – et encore moins aux réalités d’être une femme femme célibataire entourée de chaperons, de courtisans et de mariages de convenance. C’est alors qu’apparaît le mystérieux Mr. Edgeworth, qui va lui donner des souvenirs confus qui ne sont pas les siens.

Mon avis :

Je poursuis ma découverte des « séries dérivées des oeuvres de Jane Austen » par ce roman, qui n’est pas une réécriture de ses oeuvres, mais les péripéties d’une de ses fans les plus assidues, Courtney.

Elle n’a pas de chance dans la vie, la pauvre petite. Non seulement, elle vient de découvrir que son fiancé la trompait, mais que son meilleur ami Wes lui servait de couverture. Je vous épargne le récit d’autres goujateries, elles sont nombreuses. Mais, en un beau matin, sa vie change du tout au tout, et elle se réveille… en Angleterre, au XIXe siècle, alors que les romans de Jane Austen commence seulement à paraître. Autant dire qu’il est difficile pour une new yorkaise pur jus et indépendante de se couler dans la peau d’une jeune fille de la bonne société anglaise ! Son étonnement est sans borne – et son langage très différent, bien sûr. Je me demande même ce que cela peut bien donner en VO !

L’intrigue est des plus classiques – à mes yeux. Jane/Courtney se réconciliera-t-elle avec l’homme qu’elle aime, et qui semble tout droit sorti d’un roman de son auteur préféré ? Les malentendus qui les ont séparés seront-ils dissipés ? Ce livre est aussi un moyen de dresser un portrait de la société anglais du XIXe siècle, de son hygiène, très différente de la nôtre, mais aussi de l’importance donné au corps, avec des contraintes, ou des absences de contrainte, qui sont très éloignés des autres. Il suffirait de presque rien pour que la réputation d’une jeune fille (ou d’une vieille fille dans le cas de Jane, ai-je envie de dire) soit détruite, et certaines personnes semblent n’avoir d’autres occupations que d’espionner ce que font les unes et les autres, quand d’autres ont l’autorisation de les surveiller étroitement.

Bien sûr, le livre repose sur un frêle postulat (l’échange des corps) et il faut accepter la dimension merveilleuse du récit pour l’apprécier. J’aurai cependant aimé que le dénouement soit moins abrupte et je lirai le presque jumeau de ce tome : Tribulation d’une femme de Jane Austen.

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Après l’amour d’Agnès Vannouvong

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Présentation de l’éditeur :
Lorsque la narratrice se sépare de sa compagne Paola avec qui elle vivait depuis dix ans, sa vie bascule. Collectionnant les amantes, elle part à la recherche effrénée du plaisir et de la jouissance : de Paris à New York, de Rome à Berlin. Pourtant après l’amour, le manque est inéluctable. Dans cette ronde de la séduction, toutes ces Edwige, Garance, Éva, Delphine et autres conquêtes furtives prolongent l’absence de Paola… La rencontre avec Héloïse amorcerait-elle un tournant ?

1312260953408502211846257Défi premier roman

Mon avis :

Je l’ai lu voici plusieurs mois, et je me décide seulement maintenant à le chroniquer – et il n’est pas le seul.

En effet, et contrairement à d’autres lecteurs, je n’ai pas été touchée par cette histoire. La narratrice peine à se remettre de sa rupture avec Paola, le grand amour de sa vie. Du coup, elle accumule les conquêtes, qui finissent toutes dans son lit – « il faut bien que le corps exulte », disait Jacques Brel. Mais la chair est triste, et ces conquêtes ne masquent pas le vide de sa vie.

Alors oui, la narratrice a entrepris une psychanalyse. Il faut dire qu’elle évolue entre deux cultures, asiatique par son père, européenne par sa mère. J’ai eu l’impression peu agréable que l’absence du père était un des moyens d’expliquer son homosexualité – un peu éculé à mon goût.

Le style ? Pour être honnête, je m’en souviens à peine, et même après l’avoir refermé, je ne pense pas que j’aurai su quoi en dire. Cru par moment, trop analytique à d’autres, pas très éloignée des auto-fictions qui fleurissent sur les étagères des libraires.

Ce livre a sans doute trouvé son public, mais il ne m’a pas captivé au point que j’attende avec impatience le prochain roman de cette auteur.

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Partition silencieuse d’Ea Sola

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Présentation de l’éditeur :

Dinh et Tho sont les deux fils d’une famille respectée de Saigon. Mais lorsque la guerre du Vietnam éclate après le retrait de la France en 1954, la division s’introduit : Dinh s’engage dans la guérilla du Viet-công communiste, tandis que son frère prend parti pour l’autre bord. La vie de la famille s’écoule entre déchirements politiques, nécessité de survie et présence très forte de la nature.

1312260953408502211846257Défi premier roman

Mon avis :

Partition silencieuse est un livre foisonnant et complexe. De qui lisons-nous l’histoire, finalement ? Celle des deux frères, Dinh et Tho, celle de Xa, fille de Dinh ou celle du Vietnam lui-même ?  La grand-mère a enrichi les siens grâce à la culture du thé, leur a permis de faire de bonnes études à l’étranger, au prix d’un éloignement qu’elle paie à leur retour. Quant à sa belle-fille européenne, Iris, et à sa petite-fille, Xa, elle les tient à distance, même si son fils le lui reproche : ne l’a-t-il pas ramené au pays, cette blonde jeune femme, sans avertir ses parents de son union ?

Xa se trouve au milieu de ces conflits, celui de l’Histoire, en train de se faire, et celui de sa famille. Enfant, elle ne comprend pas tout, elle voit sa mère s’escrimer pour cultiver des piments, et les vendre au marché, afin de subvenir aux besoins des siens. Iris n’est pas sans rappeler l’héroïne du Barrage contre le Pacifique, toujours en train de lutter contre les éléments pour assurer la subsistance de sa famille. Elle aura le courage de fuir, avec sa fille, de regagner l’Europe – lassée d’attendre son mari. Et Xa de revenir, adulte, à la redécouverte d’un pays et de ses souvenirs.

Je n’ai garde d’oublier non plus les magnifiques descriptions de la nature, farouche, sauvage, indomptée, la nature devant lesquels les hommes ne peuvent pas grand chose.

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Dido and Aeneas de Purcell

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Pour ce mois anglais, je ne saurai oublier la musique, et Purcell (1659-1695), l’un de mes compositeurs préférés.

Didon et Enée aurait été composé en 1689, sur un livret de Nahum Tate. IL fut représenté pour la première fois à la Boarding school for girls de Chelsea. Cet opéra comporte trois actes : au palais de la reine Didon (acte I), dans une caverne puis dans une forêt (acte II), le port de Carthage (acte III) et dure une heure.

J’aime particulièrement l’ouverture :

mais aussi l’air des sorcières, à l’acte II.

Elles complotent pour entraîner Enée vers sa ruine, et le forcer à quitter Dido. Elles réussiront, au delà de toutes leurs espérances.

En revanche, les marins se réjouissent de partir :

L’oeuvre se conclut par le lamento de Dido, qui se donne la mort après le départ d’Enée.

Nina Simone, roman de Gilles Leroy

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Présentation de l’éditeur :

Comment Eunice Kathleen Waymon, la petite fille noire née dans une famille pauvre à Tryon, Caroline du Nord, en 1933, est-elle devenue l’immense Nina Simone, la diva à la voix unique et au toucher de piano inoubliable ? Le destin de Nina Simone ressemble à un roman : c’est ce roman que Gilles Leroy recompose, livrant avec tendresse l’histoire totalement vraie et totalement romancée d’une artiste adulée dans le monde entier – mais si seule dans la vie. Avec cet émouvant portrait d’une femme blessée, Gilles Leroy nous offre, après Alabama Song et Zola Jackson, le troisième volet de sa trilogie américaine.

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Mon avis :

J’ai lu ce livre depuis plusieurs mois, et j’effectue aujourd’hui une sorte de test : que me reste-t-il de cette lecture ? Un profond sentiment de solitude.

Nina Simone n’a plus que quelques temps à vivre quand s’ouvre ce roman. Elle vit dans une villa, sur la Côte d’Azur. Elle est désespérément seule, et se confie à un de ses domestiques. Musicienne reconnue, elle voit pourtant sa vie comme un échec. Elle ne vivait que pour les classiques, elle est devenue une pianiste qui jouait dans les clubs après son échec à l’institut Curtis de Philadelphie . Plus tard, ils reconnaîtront leur « erreur », l’encenseront, mais auraient-ils pu le faire si elle ne s’était pas battue, au côté des siens, pour dénoncer la ségrégation ? Si elle n’avait travaillé avec acharnement, de concert en concert, d’enregistrement en festival ?

Ses amours ? Envolés, les uns après les autres – en est-il un qui l’a aimé sincèrement, sans chercher à l’exploiter ? On peut en douter. Ses conseillers ? Ils sont plus occupés à s’enrichir qu’à prendre soin d’elle. Il ne lui est resté que le travail et la musique.

La profonde empathie et l’admiration de l’auteur sont palpables dans ce roman, et pourtant, il ne cache rien de ses excès, de son caractère explosif, de sa violence parfois – où l’impossibilité de trouver la paix après une vie consacrée au travail et à la musique.

Nina Simone, roman, est à lire avant d’écouter cette grande dame de la musique.

Nina Simone est née le 21 février 1933 en Caroline du Nord. Elle commence à jouer du piano à l’âge de trois ans. A douze ans, elle rentre au lycée Allen, d’où elle sortira diplômée en 1950. Elle prépare alors le concours d’entrée à l’institut Curtis de Philadelphie mais est recalée. Elle commence alors, pour se payer ses cours particuliers, à donner des leçons de piano, puis tente sa chance dans les clubs de Philadelphie. Elle signe son premier contrat avec une maison de disque en 1956. Elle enregistrera en tout une quarantaine d’albums et s’engage activement pour la défense des droits civiques. Elle meurt en 2003.

 

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The mysterious affair at Styles d’Agatha Christie

1161406875Mon résumé :

Le capitaine Hastings, blessé lors de la première guerre mondiale, est reçu en convalescence par son ami de longue date John Cavendish. Quel n’est pas sa surprise de retrouver un vieil ami, Hercule Poirot, qui loge non loin de là, avec d’autres réfugiés belges, grâce à la générosité de la belle-mère de John. Aussi, quand cette dernière est assassinée, Hercule Poirot n’a pas l’intention de laisser le meurtrier impuni.

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Mon avis :

J’ai déjà lu cette enquête en français, en 2011, je viens de la relire en anglais. Quelle différence cela fait-il, me direz-vous ? Beaucoup !

Tout d’abord, Hercule Poirot truffe son discours de mots en français. C’est une chose de voir une astérisque le signaler dans l’édition française, s’en est une autre d’entendre, littéralement, Hercule Poirot s’exclamer ainsi dans toutes ses interventions. Son « mon ami », sa douleur face au décès de madame Ingelthorp dont il admirait l’altruisme, n’en sont que plus poignant.

Ensuite, j’ai été plus sensible à certains aspects de l’intrigue. Le tout premier roman contient déjà tout ce qui fera le succès d’Agatha Christie : une histoire de famille, de passion et d’argent. Rien ne sort en effet du cercle de famille, même si madame Ingelthorp a eu le tort d’y introduire un « étranger », à savoir Alfred, son jeune mari. Il était son secrétaire, il a vingt ans de moins qu’elle – Emily est la première des héroïnes à perdre la tête par amour pour un homme. Il n’est pas entré seul à son service, compte aussi Eve, la dame de compagnie d’Emily, lointaine cousine d’Alfred. Oh ! Elle ne le clame pas sur les toits, Evie est attachée de manière viscérale à Emily Ingelthorp, et ne perd pas une occasion de préciser à quel point il faut se méfier d’Alfred. Elle est une alliée de choc, passionnée pour Hercule Poirot.

Puis, il y a les deux beaux-fils, qui vivent de leurs rentes, ou plutôt de l’argent que leur donne leur belle-mère, qui gère le domaine. J’ai trouvé effarant que l’un des deux soit médecin, et n’ait jamais exercé, pour se consacrer à l’écriture de poèmes. L’aîné, John, est marié à une femme passionnée, volcanique, Mary. Elle n’entre pas dans le moule des gentilles femmes anglaises, elle qui a vécu une jeunesse aventureuse en compagnie de son père, et s’ennuie désormais ferme avec son mari. Pendant que lui rend des visites fréquentes à une jeune veuve, très belle, Mary Cavendish se promène très fréquemment avec un charmant médecin. N’oublions pas Cynthia, la parente pauvre, la seule à travailler véritablement.

Tout se joue dans le manoir, celui dont on a hérité, celui que l’on veut garder, celui dont on craint d’être chassé. C’est à l’intérieur de Styles qu’Emily a été tuée, dans sa chambre close, alors que tout le monde dormait profondément. C’est à l’intérieur de Styles que le complot visant à la tuer a été conçu, puis exécuté. Tous reviennent toujours à ce manoir, y compris Poirot pour sa dernière enquête, bien des années plus tard, en compagnie d’Hastings. Et tout s’y dénouera, en une grande réunion, la première de toute.

Agatha Christie n’oublie pas un thème qu’elle développera plus tard (même si elle n’y excellera pas) : l’espionnage. Elle n’a pas changé de points de vue, quel que soit le livre : espionner pour son pays est courageux, et il faut respecter l’ennemi qui aide sa patrie. En revanche, elle condamne absolument ceux qui trahissent leur camp.

The mysterious affair at Style est un excellent premier roman. En doutiez-vous ?

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