Au douzième coup de minuit de Patricia Wentworth

Présentation de l’éditeur :

Comme tous les ans, James Paradine a réuni sa famille pour le réveillon de la Saint-Sylvestre.
Mais cette année, au dessert, il lâche une bombe : l’un des convives l’a trahi gravement. Il donne au coupable jusqu’à minuit pour venir le retrouver dans son bureau et se  » confesser « . Le Jour de l’An, au matin, on retrouve Sir James Paradine mort. Et ce n’est pas un accident… Par quel hasard étrange Maud Silver réside-t-elle pour quelques jours dans le village voisin ? La charmante et excentrique vieille demoiselle, munie de son éternel tricot, ne pourra pas s’empêcher de mener sa propre enquête.

1161406875Mon avis :

Je termine le mois anglais avec cette enquête de Miss Silver et je commencerai par un préambule : certaines personnes cherchent vraiment les ennuis.

Prenez James Paradine, par exemple. Il a été victime d’un vol (le lecteur connaît la trahison en moins de vingt pages, ce n’est donc pas un spoiler) ou plutôt, les plans conçus par son neveu par alliance Elliott Wray, un génial inventeur, ont disparu. Il connaît le coupable, mais, au lieu de le dénoncer et de le forcer à rendre les plans, il le met au pied du mur devant toute la famille ! Famille, au sens élargi du terme : on ne travaille qu’en famille chez les Paradine, et lui-même a élevé les deux enfants de sa femme, Franck et Brenda, comme s’ils étaient les siens. De même, sa soeur Grace, qui a rompu quarante ans plus tôt ses fiançailles avec l’associé de son frère, a adopté une petite fille, Phyllida, désormais âgée de 24 ans, mariée à Elliott Wray, et séparée huit jours plus tard, sans que la famille sache vraiment pourquoi. J’ai d’ailleurs envie d’ajouter : et Elliott non plus !

Bref, ce qui est arrivé à James Paradine, à savoir un assassinat en bonne et due forme, il l’a un peu cherché. Trop sûr de lui, trop confiant en son pouvoir sur les autres. Il avait juste oublié une chose : en ne nommant pas la raison du préjudice, tous vont se demander de quoi il s’agit, et se sentir un peu coupable,quoi qu’ils aient fait.  La notion de trahison est tellement floue, surtout si la personne est particulièrement susceptible ou si l’on contrarie des plans bien établis.

Et figurez-vous que les plans sont revenus sur le bureau, le coupable s’est donc dénoncé, reste à savoir qui et pourquoi. Miss Silver commence par éliminer ceux qui avaient un alibi (logique) et ceux qui n’avaient strictement aucun motif. Eliott Wray a bien de la chance (pour une fois) : il remplit les deux conditions. Porté par cet élan (tout est quand même plus simple lors d’une enquête quand votre innocence est certaine), il ose enfin défier sa charmante belle-mère, la très mal nommée Grâce, afin d’essayer de renouer avec sa femme. Peut-être existe-t-il une thèse sur ses personnages féminins qui restent des petites filles très longtemps, et sont incapables de mener leur vie ? Phyllida n’est pas la première héroïne de Patricia Wentworth qui gâche son avenir sur un malentendu – heureusement que, parfois, ces héroïnes murissent.

Etre détective est une métier qui implique un investissement permanent, et des dons certains pour le tricot. Les trois petits neveux de Miss Maud Silver n’ont pas à s’en plaindre, la famille de James Paradine non plus.

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7 réflexions sur “Au douzième coup de minuit de Patricia Wentworth

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