Dernière demeure de Patricia Wentworth

51XN72Y1JRL._SL160_Présentation de l’éditeur :

Pour Judy Elliot, en ces temps de guerre, la place de femme de ménage qu’on lui propose à Pilgrim’s Rest, vieille demeure familiale perdue dans la campagne anglaise, est une aubaine. Pourtant, l’inspecteur Frank Abbott lui déconseille vivement d’accepter. Des bruits sinistres circulent, on parle d’une série  » d’accidents  » mortels, d’une malédiction… Mais Judy n’en a cure. Il lui faut travailler. Entre-temps, Miss Silver reçoit la visite de l’héritier de Pilgrim’s Rest qui prétend avoir été victime d’une ou de plusieurs tentatives de meurtre… Pour sa toute dernière enquête, Miss Silver sera confrontée à une situation particulièrement délicate, dont elle se tirera avec son brio habituel.

Sherlock LogoMon avis :

Dernière demeure est aussi la dernière énigme de Miss Silver.

J’ai commencé ce roman en même temps que les oeuvres d’Elisabeth Gaskell que j’ai déjà chroniqué, et j’ai l’impression que rien n’avait changé en Angleterre en plus de cent ans, dans la bonne société. Judy a du mal à trouver un emploi, parce qu’elle a une petite fille à charge : les enfants dérangent les employeurs, surtout quand ils pensent que la charmante jeune femme qui se présente à eux leur ment, et que la gamine n’est pas sa nièce orpheline, mais sa fille illégitime ! Heureusement pour l’enfant, Judy se montre une tante exemplaire, fidèle à la mémoire des parents de la petite fille, et ce travail à Pilgrim’s rest est pour elle une chance inespérée !

Bien sûr, on pourra s’agacer d’entrée de jeu qu’elle refuse d’accéder à la demande de Franck Abbott, qui l’adjoint de ne pas y aller, parce que le lieu est dangereux. Quel coin d’Angleterre n’est pas dangereux, en période de guerre ? Et puis, pourquoi Judy devrait-elle dépendre d’un homme ? Pourquoi son jugement serait-il meilleur que le sien, je vous le demande ? Elle part donc, et se trouve fort satisfaite de sa place.

Pilgrim’s rest est une maison de famille, de ses vieilles familles comme on en voit dans les romans d’Agatha Christie. Personne ne manque  à l’appel, comme les tantes restées vieilles filles. L’une choque, parce que trop masculine : elle aime le jardinage, porte des pantalons. L’autre est bien trop préoccupée de sa petite personne pour songer à qui que ce soit d’autres qu’elle-même. Restent leurs quatre neveux : l’un vient de perdre son père, héritier de la famille, son frère est à Saïgon, blessé, son cousin Henry s’est volatilisé à la veille de son mariage. Jérôme, le quatrième, est revenu de la guerre depuis trois ans, défiguré (pense-t-il) et gravement atteint psychologiquement. Stress post-traumatique dirait-on de nos jours. Heureusement, son infirmière veille jalousement sur lui. Pardon, je voulais dire qu’elle prend soin de lui, en interdisant les visites, bref, en le coupant encore plus du monde qu’il ne le ferait de lui-même. Je n’ai garde d’oublier les domestiques, les Robbins – leur fille et leur petite-filles sont mortes dans les bombardements de Londres, trois ans plus tôt, et Mrs Robbins n’en finit plus de les pleurer. Pas Robbins.

Rien n’a changé, vous dis-je. Maggie Robbins était une fille mère, qui avait fait d’excellentes études, avait un bon travail, mais elle restait une fille-mère, et son père l’a chassé définitivement de chez lui, interdisant tout contact entre elle et sa mère. Il n’est pas le seul père abusif  de ce récit, il n’est pas le seul à estimer savoir ce qui est bon pour son enfant, et tant pis si sa « puissance paternelle » lui gâche la vie. Agatha Christie, elle, attachait une grande importance aux mères, qui, dans son œuvre, montraient le plus souvent un jugement sûr. Ici, les mères meurent jeunes, très jeunes, comme si, une fois qu’elles avaient donné la vie, elles avaient accompli leur seul rôle et pouvaient disparaître, sans qu’il restât d’elles qu’une photo et des souvenirs.

L’intrigue policière est vraiment ancrée dans cette famille et cette maison, enjeu de lutte. Ceux qui veulent la vendre, ceux qui veulent la garder, deux clans désavantagés. Ceux qui veulent rester sont plus nombreux, ceux qui veulent vendre ont le pouvoir mais ne le garde pas longtemps : ils finissent par mourir, les uns après les autres, de manière opportune et accidentelle.

Qui est le coupable ? Comptez sur le trio Miss Silver/Franck Abbott/Randalph pour le trouver… Enfin, comptez surtout sur la première, parce que les deux autres sont trop préoccupés, ou trop terre à terre pour oser sortir des sentiers battus. Et comptez aussi sur une intrigue pleine de rebondissements, pas toujours très moraux !

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9 réflexions sur “Dernière demeure de Patricia Wentworth

  1. Pingback: Mois anglais : le bilan | deslivresetsharon

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