Archive | 24 juin 2014

On ne vit que deux fois d’Ian Fleming


Présentation de l’éditeur :

James Bond est chargé d’obtenir du chef des services secrets japonais, Tiger Tanaka, qu’il fasse profiter l’Angleterre d’informations hautement sensibles (un plan de terreur atomique ourdi par les Russes). En échange de ses bons services, Tanaka lui demande de s’introduire dans le « château de la Mort  » installé par un mystérieux savant: un domaine infesté de serpents, piranhas, plantes carnivores ou vénéneuses, où plusieurs Japonais sont entrés pour se suicider. Affrontant poisons et tortures, Bond trouvera face à lui un vieil ennemi, Blofeld, l’homme qui a voulu faire chanter l’Europe en achetant deux bombes atomiques. Il parviendra à le détruire…

1161406875Mon avis :

Oubliez tout ce que vous croyez savoir sur James Bond avant d’ouvrir cet opus. Même si le roman a été adapté au cinéma, il ne montre pas toute la complexité du personnage.

James Bond va mal – très mal. Il est profondément désespéré depuis la mort de son épouse, Tracy, au point qu’il rate chacune de ses missions, mettant en danger d’autres agents. Que faire ? Le cloîtrer dans un bureau ? Le renvoyer ? Non : lui confier une mission que seul un suicidaire pourrait accepter. Je vous laisse deviner le choix de Bond, qui n’en revient pas de cette promotion subite (ou l’art de soigner un agent dépressif quand on n’a pas de cellule psychologique de garde sous la main).

James part au pays du Soleil Levant où il découvre les belles traditions de ce pays. Enfin… il reste anglais, très anglais, et s’il est sensible aux haïkus (qui ne le serait pas ?), il peine largement avec d’autres aspects de la culture. Lui qui se suicide à petit feu ne comprend pas ceux qui se suicident pour l’honneur et confronte son point de vue avec celui de Tanaka, qui a failli devenir un kamikaze – seul l’armistice l’en a empêché. Cette discussion provoque-t-elle un déclic chez Bond ? Je ne saurai le dire. En revanche, il est amené à se positionner clairement, et à se mettre « en condition » pour sa mission.

Elle arrive dans le dernier tiers du roman – et elle est particulièrement mouvementée. Surtout, et alors que Bond pensait être suffisamment prêt pour mener à bien sa mission, il trouve soudain une motivation supplémentaire pour aller au-delà de tout ce qu’il avait prévu de faire. Cette motivation est vieille comme le monde, on en a fait des romans, des pièces de théâtre, des opéras. Non, il ne s’agit pas de l’amour, même si ce sentiment n’est pas si étranger que cela à ce qu’il poussera Bond de l’avant.

On ne vit que deux fois, ou la renaissance de Bond.

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