Archive | 21 juin 2014

Femme qui tombe du ciel de Kirk Mitchell

moisamericainFemme qui tombe du Ciel de Kirk Mitchell

Edition Le livre de poche – 496 pages.

Présentation de l’éditeur (extrait) :

Emmett Parker, inspecteur comanche du Bureau des affaires indiennes, et Anna Turnipseed, indienne modoc du FBI, sont de nouveau sur la brèche. Au nord de l’Etat de New York, le cadavre de Brenda Two-Kettles, une aïeule de la tribu oneida, composante de la grande confédération iroquoise, a été retrouvée dans un champ, les os broyés. Les premiers indices laissent à penser qu’elle est tombée du ciel, telle la femme du mythe iroquois de la création.

Mon avis :

Ce roman est le troisième que je lis de Kirk Mitchell, après La morsure du Lézard et l’excellent La danse des chiens-tonnerre.  Si des mois espacent  chaque lecture, c’est tout simplement parce que ces romans sont particulièrement durs, et laissent une empreinte longtemps.

Celui-ci ne fait pas exception à la règle : Brenda Two-Kettles est morte de manière particulièrement violente. Peu croient à un accident, mais aucune piste ne doit être de prime abord écartée. Enfin, c’est ce qu’on dit, afin d’enquêter plus librement. Illusion : Emmett et Anna sont immédiatement identifiés comme indiens, et il n’en faut pas plus pour mettre le feu aux poudres.

La raison ? Le conflit au sujet de la restitution des terres, dont, il me faut bien l’avouer, j’ignorai tout avant de lire ce roman. Les « blancs » craignent que leurs terres ne soient rendues, après deux cents ans, aux indiens, et sont près à s’organiser, voir à prendre les armes, pour empêcher cette restitution, accusant les indiens de vouloir les réduire à leur tour en esclavage, ou peu s’en faut. La situation ne serait pas si grave, j’en aurai presque ri.

Il a fallu de presque rien, dans le cours de l’enquête, pour que tout dégénère, pour que la violence se déchaîne, un acte en entraînant un autre. La violence a toujours été là, et depuis longtemps. Il suffit de creuser un peu dans le passé des protagonistes. Dignité, respect, certains n’y ont jamais eu droit, qu’il s’agisse de leur corps ou de leur âme. Alcoolisme, maltraitance, rejet des enfants nés de métissage – tout cela et plus encore ronge les rapports entre les deux communautés, et je vous épargne les troubles que cela peut générés.

Même les enquêteurs ne sont pas épargnés. Ma préférence, dans ce couple dysfonctionnel (Emmett et Anna ont rompu voici peu) va à Emmett. Si son personnage prend toute sa mesure dans La danse des chiens-tonnerre la lecture de ce roman explique comment il en est arrivé là. Contrairement à Anna, obstinée dans sa quête mais campée sur ses positions, Emmett passe son temps à repousser ses propres limites, à se surpasser, même s’il aspire, côté vie privée, à une relation des plus  ordinaires. Sa mère est également un personnage hors du commun, extrêmement digne et aimante, en dépit des douleurs endurées.

Femme qui tombe du ciel est un excellent roman, à lire s’il croise votre route.

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