The mysterious affair at Styles d’Agatha Christie

1161406875Mon résumé :

Le capitaine Hastings, blessé lors de la première guerre mondiale, est reçu en convalescence par son ami de longue date John Cavendish. Quel n’est pas sa surprise de retrouver un vieil ami, Hercule Poirot, qui loge non loin de là, avec d’autres réfugiés belges, grâce à la générosité de la belle-mère de John. Aussi, quand cette dernière est assassinée, Hercule Poirot n’a pas l’intention de laisser le meurtrier impuni.

1312260953408502211846257Défi premier roman

Mon avis :

J’ai déjà lu cette enquête en français, en 2011, je viens de la relire en anglais. Quelle différence cela fait-il, me direz-vous ? Beaucoup !

Tout d’abord, Hercule Poirot truffe son discours de mots en français. C’est une chose de voir une astérisque le signaler dans l’édition française, s’en est une autre d’entendre, littéralement, Hercule Poirot s’exclamer ainsi dans toutes ses interventions. Son « mon ami », sa douleur face au décès de madame Ingelthorp dont il admirait l’altruisme, n’en sont que plus poignant.

Ensuite, j’ai été plus sensible à certains aspects de l’intrigue. Le tout premier roman contient déjà tout ce qui fera le succès d’Agatha Christie : une histoire de famille, de passion et d’argent. Rien ne sort en effet du cercle de famille, même si madame Ingelthorp a eu le tort d’y introduire un « étranger », à savoir Alfred, son jeune mari. Il était son secrétaire, il a vingt ans de moins qu’elle – Emily est la première des héroïnes à perdre la tête par amour pour un homme. Il n’est pas entré seul à son service, compte aussi Eve, la dame de compagnie d’Emily, lointaine cousine d’Alfred. Oh ! Elle ne le clame pas sur les toits, Evie est attachée de manière viscérale à Emily Ingelthorp, et ne perd pas une occasion de préciser à quel point il faut se méfier d’Alfred. Elle est une alliée de choc, passionnée pour Hercule Poirot.

Puis, il y a les deux beaux-fils, qui vivent de leurs rentes, ou plutôt de l’argent que leur donne leur belle-mère, qui gère le domaine. J’ai trouvé effarant que l’un des deux soit médecin, et n’ait jamais exercé, pour se consacrer à l’écriture de poèmes. L’aîné, John, est marié à une femme passionnée, volcanique, Mary. Elle n’entre pas dans le moule des gentilles femmes anglaises, elle qui a vécu une jeunesse aventureuse en compagnie de son père, et s’ennuie désormais ferme avec son mari. Pendant que lui rend des visites fréquentes à une jeune veuve, très belle, Mary Cavendish se promène très fréquemment avec un charmant médecin. N’oublions pas Cynthia, la parente pauvre, la seule à travailler véritablement.

Tout se joue dans le manoir, celui dont on a hérité, celui que l’on veut garder, celui dont on craint d’être chassé. C’est à l’intérieur de Styles qu’Emily a été tuée, dans sa chambre close, alors que tout le monde dormait profondément. C’est à l’intérieur de Styles que le complot visant à la tuer a été conçu, puis exécuté. Tous reviennent toujours à ce manoir, y compris Poirot pour sa dernière enquête, bien des années plus tard, en compagnie d’Hastings. Et tout s’y dénouera, en une grande réunion, la première de toute.

Agatha Christie n’oublie pas un thème qu’elle développera plus tard (même si elle n’y excellera pas) : l’espionnage. Elle n’a pas changé de points de vue, quel que soit le livre : espionner pour son pays est courageux, et il faut respecter l’ennemi qui aide sa patrie. En revanche, elle condamne absolument ceux qui trahissent leur camp.

The mysterious affair at Style est un excellent premier roman. En doutiez-vous ?

Challenge sous les toits de l'univers 3challenge-anglaisBritishlogo polar

 

 

 

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12 réflexions sur “The mysterious affair at Styles d’Agatha Christie

  1. Bonjour Sharon, coucou Nunzi
    Tu nous offres là plus qu’un billet, c’est vraiment une chronique complète de ce roman que j’ai lu il y a bien longtemps. Tu as la chance de pouvoir lire dans la langue d’origine et c’est vrai que c’est toujours un plus car les traducteurs ne peuvent toujours rendre les subtilités de langue originelle.
    et j’ai un respect immense pour les traducteurs car c’est un travail difficile ; je sais de quoi je parle, une de mes filles est exerce ce métier.
    Tu nous redonnes envie de (re)lire ce roman que tu nous as si bien détaillé sans jamais laisser transpirer le dénouement. Un vrai plaisir que ce billet.
    Avec le sourire

    • Coucou Lilou !
      Merci beaucoup : en comparant mes deux chroniques, je me rends compte que je suis allée beaucoup plus loin dans celle-ci que dans la précédente !
      Moi aussi, j’ai infiniment de respect pour le travail des traducteurs.
      J’en suis ravie !
      Une caresse à Neige.
      Bon dimanche !

  2. Pingback: Billet récapitulatif du mois anglais 2014 | Plaisirs à cultiver

  3. Bonsoir Sharon, j »ai lu tous les romans d’Agatha Christie il y a 35 ans: un vrai plaisir. Il faudrait vraiment que je les relisent dont celui-ci. Sinon, je suis fan de David Suchet dans le rôle de Poirot. Bonne soirée.

    • Bonsoir Dasola
      Je ne les ai pas tous lus, juste une soixantaine – il m’en reste peu à découvrir, mais beaucoup à relire.
      J’aime aussi beaucoup David Suchet.
      Merci : bonne soirée à toi aussi.

  4. Comme tu le sais sûrement, j’ai dévoré les Agatha Christie quand j’avais 15-16 ans, et pour la LC Agatha fin juin, j’hésite entre celui-ci et le premier de la série des Beresford…

  5. Pingback: Challenge Agatha Christie (humm!) |

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