Archive | 14 juin 2014

The mysterious affair at Styles d’Agatha Christie

1161406875Mon résumé :

Le capitaine Hastings, blessé lors de la première guerre mondiale, est reçu en convalescence par son ami de longue date John Cavendish. Quel n’est pas sa surprise de retrouver un vieil ami, Hercule Poirot, qui loge non loin de là, avec d’autres réfugiés belges, grâce à la générosité de la belle-mère de John. Aussi, quand cette dernière est assassinée, Hercule Poirot n’a pas l’intention de laisser le meurtrier impuni.

1312260953408502211846257Défi premier roman

Mon avis :

J’ai déjà lu cette enquête en français, en 2011, je viens de la relire en anglais. Quelle différence cela fait-il, me direz-vous ? Beaucoup !

Tout d’abord, Hercule Poirot truffe son discours de mots en français. C’est une chose de voir une astérisque le signaler dans l’édition française, s’en est une autre d’entendre, littéralement, Hercule Poirot s’exclamer ainsi dans toutes ses interventions. Son « mon ami », sa douleur face au décès de madame Ingelthorp dont il admirait l’altruisme, n’en sont que plus poignant.

Ensuite, j’ai été plus sensible à certains aspects de l’intrigue. Le tout premier roman contient déjà tout ce qui fera le succès d’Agatha Christie : une histoire de famille, de passion et d’argent. Rien ne sort en effet du cercle de famille, même si madame Ingelthorp a eu le tort d’y introduire un « étranger », à savoir Alfred, son jeune mari. Il était son secrétaire, il a vingt ans de moins qu’elle – Emily est la première des héroïnes à perdre la tête par amour pour un homme. Il n’est pas entré seul à son service, compte aussi Eve, la dame de compagnie d’Emily, lointaine cousine d’Alfred. Oh ! Elle ne le clame pas sur les toits, Evie est attachée de manière viscérale à Emily Ingelthorp, et ne perd pas une occasion de préciser à quel point il faut se méfier d’Alfred. Elle est une alliée de choc, passionnée pour Hercule Poirot.

Puis, il y a les deux beaux-fils, qui vivent de leurs rentes, ou plutôt de l’argent que leur donne leur belle-mère, qui gère le domaine. J’ai trouvé effarant que l’un des deux soit médecin, et n’ait jamais exercé, pour se consacrer à l’écriture de poèmes. L’aîné, John, est marié à une femme passionnée, volcanique, Mary. Elle n’entre pas dans le moule des gentilles femmes anglaises, elle qui a vécu une jeunesse aventureuse en compagnie de son père, et s’ennuie désormais ferme avec son mari. Pendant que lui rend des visites fréquentes à une jeune veuve, très belle, Mary Cavendish se promène très fréquemment avec un charmant médecin. N’oublions pas Cynthia, la parente pauvre, la seule à travailler véritablement.

Tout se joue dans le manoir, celui dont on a hérité, celui que l’on veut garder, celui dont on craint d’être chassé. C’est à l’intérieur de Styles qu’Emily a été tuée, dans sa chambre close, alors que tout le monde dormait profondément. C’est à l’intérieur de Styles que le complot visant à la tuer a été conçu, puis exécuté. Tous reviennent toujours à ce manoir, y compris Poirot pour sa dernière enquête, bien des années plus tard, en compagnie d’Hastings. Et tout s’y dénouera, en une grande réunion, la première de toute.

Agatha Christie n’oublie pas un thème qu’elle développera plus tard (même si elle n’y excellera pas) : l’espionnage. Elle n’a pas changé de points de vue, quel que soit le livre : espionner pour son pays est courageux, et il faut respecter l’ennemi qui aide sa patrie. En revanche, elle condamne absolument ceux qui trahissent leur camp.

The mysterious affair at Style est un excellent premier roman. En doutiez-vous ?

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