Archive | 13 juin 2014

Dernière séance avant minuit de Christopher Edge

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Présentation de l’éditeur :

En 1900 la jeune propriétaire du magazine«Le frisson illustré», Penelope, se retrouve prisonnière du film, tiré de l’une de ses histoires, que tournait un mystérieux cinéaste. logomoisanglais

Mon avis :

J’avais beaucoup aimé Douze coups avant minuit, le premier volume des aventures de Pénélope. La suite ne démérite pas du premier volume, même si elle est différente.

Il n’est pas facile pour Monty Maples d’être Montgomery Flinch en permanence : un acteur ne peut jouer toute la journée, ou bien il lui est nécessaire de jouer d’autres rôles. Aussi, Pénélope doit-elle le ramener à la raison, grâce à un homme qui les entraînera dans une nouvelle énigme, digne des meilleures enquêtes rédigées par Flinch, alias Pénélope.

Et quoi de mieux que de leur proposer d’adapter, pour le cinéma, une des meilleures histoires de Flinch ? Cet art naissant – qui n’est pas encore considéré tout à fait comme un art – reste encore assez simpliste. Ici, le scénario vient de naître !

Un scénario, ou une histoire vraie ? Eddie Gold, le brillant cinéaste, emprunte les codes du roman gothique : le père, homme cruel, seigneur et maître de son domaine, la jeune fille, douce, pleine de compassion, l’amoureux désargenté, chassé, brisé par le père. Le sentiment qui émerge alors est universel : la vengeance.

Nous sommes en pleine mise en abîme. De la création, d’abord : Pénélope a vu un autre recréer son texte, puis les acteurs, à leur tour, recréent les personnages. Mais qui est crée, au juste ? Les personnages du récit ou les personnes qu’Eddie Gold s’acharne à faire revivre ? D’ailleurs, jusqu’où est-il prêt à aller pour redonner vie à sa bien-aimée ?

J’ai pensé au Château des Carpathes de Jules Verne en lisant ce roman, qui, déjà, exploitait les mêmes thèmes. Le caractère dévastateur, obsessionnel de la passion d’Eddie, sa volonté de rendre justice à la jeune fille qu’il a aimé, l’empêche de comprendre ce qui est en train de s’accomplir. Mais peut-on vraiment comprendre les phénomènes inexplicables qui sont à l’oeuvre ? Presque jusqu’au bout, le doute est là, et le lecteur, comme les personnages, émerge comme d’un cauchemar de ce qu’il a vécu.

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