Archive | 4 juin 2014

L’étrange affaire du crâne d’emeraude de Paul Stewart et Chris Riddell

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Présentation de l’éditeur :

Edgar Destoits doit livrer un mystérieux colis à l’école du manoir Fougeraie. A priori une simple formalité pour le plus rapide des coursiers. Mais cette livraison tourne bientôt au cauchemar, réveillant des forces du Mal que rien ni personne ne semble pouvoir contenir…

Mon avis :

Je suis toujours aussi fan de l’univers de Paul Stewart et Chris Riddell. Même si l’univers d’Edgard Destoits est éloigné de celui des drôlissimes chroniques du marais qui pue, il n’en est pas moins fort intéressant.

Nous sommes dans un univers apaisé – mais les tourments passés ne sont jamais loin, et sous-tendent tout le récit. Ainsi, Edgar semble n’avoir aucune famille, et vivre assez bien de son métier de coursier – il est très doué. Il a également une certaine maturité, lui qui dit, en parlant de la passion monomaniaque d’un de ses clients : de quel droit le jugeais-je ? Or, je ne pense pas qu’il ait pu atteindre cette sagesse, si jeune, sans avoir surmonté un certain nombre d’épreuves.

Autre exemple : il nous parle des pensionnats, et autres écoles. Certains  sont excellents, d’autres non, puisque les conditions de vie y sont exécrables, plus proches de la maison de correction que du pensionnat modèle. Et les révoltes qu’il décrit le sont avec tant de précision que l’on sent qu’il a cotoyé ce monde de près, au moins par son métier.

Mais maintenant, tout va bien, tout va très bien. Le directeur du manoir Fougeraie est un peu excentrique, comme je le disais plus haut, et alors ? Qu’est-ce que cela change ? Pas grand-chose, au début – chacun a ses faiblesses. En revanche, il se révèle très simple de les utiliser, et le récit de basculer dans un étrange merveilleux. Pourquoi ce terme ? Parce qu’en remplaçant certains éléments purement merveilleux, on obtient un récit d’un cruel réalisme – jusque dans ses conséquences. Pas de baguettes magiques pour effacer les excès en tout genre, les blessures, les traumatismes. Pas de torts redressés, d’injustices réparés, même en cas de dénouement « heureux ». Edgard Destoits est une série assez sombre, qui n’est pas sans rappeler l’univers de Dickens, mais très agréable à lire.

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