Archive | 2 juin 2014

Miss Seeton prend l’avantage d’Hampton Charles

0019418_1Mon résumé :

Miss Seeton est une paisible professeur de dessin à la retraite, qui vit dans un paisible village. Elle est absolument charmante. Par contre, elle n’a qu’une petite retraite, aussi est-elle bien contente de toucher un complément… en aidant régulièrement Scotland Yard !

 

10371695_437754543028620_279394323770970294_nMon avis :

Miss Seeton est une héroïne qui a eu trois auteurs : Heron Carvic (1913-1980), Sarah J Mason (sous le pseudo d’Hamilton Crane) et James Melville (sous le pseudo d’Hampton Charles – respectant ainsi les initiales HC, hommage à l’auteur originel de la série).

Si vous ne connaissez pas Miss Seeton, je dirai qu’elle est une Miss Marple totalement excentrique – et pas débarrassée des contingences matérielles. Comme son aînée, elle vit dans un petit village – parce qu’elle a hérité du cottage de sa tante, et qu’à l’heure de la retraite, cela lui fait du bien de ne pas avoir de préoccupation de logement. Elle ne se sépare jamais ou presque de son parapluie, même lors des réunions du comité féminin du village, d’où quelques incidents malencontreux dont elle est la première désolée et surtout, un surnom « le pébroc vengeur », qui justifie à lui seul son affiliation à Scotland Yard. Elle a aussi deux ennemies jurées au village, qui ont été surnommées par la vox populi « les cinglées » – c’est dire l’impact de leurs élucubrations, ou plutôt l’immensité de leur étroitesse d’esprit.

Autre différence avec Miss Marple : Miss Seeton a beau être une vieille fille très victorienne – encore que…. je me demande ce que la reine Victoria penserait de la pratique du yoga – elle a une immense tolérance pour les faiblesses humaines même si elle évolue dans une société encore très engoncée dans ses règles et autres certitudes. Prenez par exemple Sir Wilfred Thumper, juge d’instruction : il a pour principe de toujours condamner à la peine maximale ceux qui comparaissent devant lui. Les circonstances atténuantes ? Il ne connaît pas ! Les menaces, par contre, il a l’habitude, et ne s’en soucie pas du tout. Par contre, quand sa fille Patricia, espoir du tennis anglais, pressentie pour Wimbledon, est menacée, le juge s’adresse immédiatement à la police et exige une protection. Discrète, si possible, et efficace. Plus facile à dire qu’à faire, surtout quand la liste des ennemis du juge est quasiment impossible à dresser. Heureusement, il est un charmant petit village anglais, doté de charmants habitants, où l’on pourra facilement envoyer « en repos » la fille du juge, d’autant plus que son prochain tournois a lieu non loin et que l’inénarrable Miss Seeton est tout près.

Rien ne se passe  comme prévu est un délicat euphémisme. Miss Seeton est d’ailleurs toute prête à prendre ses responsabilités dans cette affaire, entre coq à l’âne verbal, rencontre fortuite et sens aigu de l’observation. Grâce à elle, le hasard fait bien les choses. Certaines personnes se retrouvent même à méditer sur leurs erreurs passées – et je ne parle pas nécessairement des criminels – puisque d’autres doivent continuer à vivre avec les blessures du passé.

Miss Seeton a pris l’avantage sur les conventions et les esprits étroits.

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