Archive | 16 mai 2014

Cela n’arrive jamais d’Anne Holt


Mon résumé :

Une présentatrice télévisée a été retrouvée assassinée, la langue tranchée et fendue. Elle animait une célèbre émission de télé-réalité permettant à des familles de se retrouver. L’enquête policière piétine, un nouveau meurtre, tout aussi sanglant, est perpétré. Un serial-killer serait-il à l’oeuvre ?

ob_f8548a_chall-nordique1Mon avis :

Je me croyais réconciliée avec la littérature norvégienne grâce à Anne Holt, je me rends compte après avoir reposé cet ouvrage qu’il n’en est rien. Autant j’ai apprécié les deux précédents romans que j’ai lu, autant celui-ci m’a déçue.

Il faut aimer les polars qui consacrent la moitié de leur ouvrage à la vie privée de leurs enquêteurs, et ce n’est pas mon cas. Je reconnais cependant qu’elle est attachante, la petite Kristiane, fille d’Inger Johanne Stubo. Chacun de ses parents (mère, beau-père, père) réagit différemment à son handicap, encore mal cerné (dans le dernier tome paru de la série à ce jour, il sera question d’une forme d’autisme), mais aucun ne la rejette, tous prennent soin d’elle selon leur ressenti, et, parfois, des accrochages ont lieu entre celle qui veut que Kristiane s’adapte, et ceux qui s’adaptent à elle. La naissance de Ragnild bouleverse également le couple. Inger se demande si sa seconde fille sera différente de l’aînée, Vik, le père, déjà âgé (il a un petit-fils de six ans) tourne ainsi la page de la mort accidentelle de sa première femme et de sa fille aînée, dont il a eu tant de mal à se remettre.  Bref, la vie privée déborde largement – à moins que l’on considère que l’enquête ne s’invite dans la vie privée, puisque Stubo travaillera sur le dossier pendant son congé maternité, officieusement : c’est son mari qui est un  des enquêteurs, pas elle. Disons que ses compétences (elle a été formée par le FBI) devraient faire merveille, même si elle reconnaît qu’établir un profil est difficile.

Sauf que… nous sommes déjà à la moitié du roman quand une piste apparaît. Si le sujet avait été traité par un auteur français (voir même par un scénariste de séries télévisées), elle aurait émergé bien plus tôt. Je me suis interrogée sur les raisons de cette découverte si tardive d’un indice aussi capitale et qui était écrit noir sur blanc sur le rapport du médecin légiste. Naïveté des personnages, peu confrontés à ce genre de situation, surtout à notre époque ? Culture norvégienne, qui n’a pas intégré cette « possibilité » (je ne veux pas en dire trop) alors qu’en France, ou aux Etats-Unis, c’est un ressort banal d’une intrigue policière.

Restent les meurtres suivants, et le fameux tueur en série qui ne s’attaque qu’aux personnalités en vue. J’aurai aimé vous dire que sa personnalité, très riche, vaut le déplacement, que ses mobiles sont hors du commun, et que sa confrontation avec les enquêteurs est palpitante. Et bien, non. Entendre son point de vue est ennuyeux, ses mobiles ne m’ont pas fait frémir et s’il s’en prend aux enquêteurs, j’ai plutôt vu des personnalités banales en train de se mesurer les uns aux autres qu’un choc des titans. Vik et Stubo ne sont ni Erlandur, ni Kurt Wallander, pour citer d’autres policiers nordiques. Et même si les thèmes se rapprochent, nous sommes très loin d’un Jack Taylor.

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