Archive | 9 mai 2014

La grâce des brigands de Véronique Ovaldé

Présentation de l’éditeur :

Quand Maria Cristina Väätonen reçoit un appel téléphonique de sa mère, dont elle est sans nouvelles depuis des années, l’ordre qu’elle avait cru installer dans sa vie s’en trouve bouleversé.  Celle-ci lui demande instamment de venir chercher pour l’adopter Peeleete, le fils de sa sœur. Nous sommes en juin 1989, Maria Cristina vit avec son amie Joanne à Santa Monica (Los Angeles). Cela fait vingt ans qu’elle a quitté Lapérouse, et son univers archaïque pour la lumière de la ville et l’esprit libertaire de la Californie des années 70. Elle n’est plus la jeune fille contrainte de résister au silence taciturne d’un père, à la folie d’une mère et à la jalousie d’une sœur. Elle n’est plus non plus l’amante de Rafael Claramunt, un écrivain/mentor qu’elle voit de temps à autre et qui est toujours escorté par un homme au nom d’emprunt, Judy Garland. Encouragée par le succès de son premier roman, elle est déterminée à placer l’écriture au coeur de son existence, être une écrivaine et une femme libre. Quitte à composer avec la grâce des brigands.

Mon avis :

C’est avec joie que j’ai débuté ce roman de Véronique Ovaldé. En effet, j’avais beaucoup aimé Des vies d’oiseaux, son précédent roman, et j’avais été sensible aux charmes de Ce que je sais de Véra Candida.

Et j’ai très vite déchanté – au bout de cinquante pages, à vrai dire. Je suis pourtant allée au bout de ma lecture, sans plaisir aucun.

L’auteur nous propose la fausse autobiographie de Maria Cristina Väätonen. Ce procédé m’a agacé. Le narrateur-biographe ne sait pas tout, et l’admet volontiers. Quant à Maria-Christina, elle était elle-même dans l’ignorance de certains faits, que le narrateur se fait une joie de combler – après coup.  Obsession de faire vrai ? Un roman ne devrait pas avoir besoin de cela pour être crédible.

Et Maria Christina ne l’est pas tellement. Elle obtient un énorme succès grâce à un roman autobiographique – elle n’est pas la première, mais elle est sans doute une des rares filles d’une bigote et d’un illettré à couler des jours heureux en Californie.  De même, ces romans suivants sont infiniment différents du premier. Ils sont expédiés en deux pages : Maria Christina est une écrivain que le lecteur ne voit jamais en train d’écrire.

En revanche, nous découvrons sa vie, ses proches, et dans cette galerie de portrait, il ne manque personne, du pygmalion libidineux au neveu laissé pour compte en passant par les meilleurs amis hors-normes. Les proches de Maria Christina traversent une succession d’épreuves, et elle-même n’est pas épargnée, comme s’il était nécessaire de réunir tous les clichés possibles sur les femmes qui réussissent mais n’en souffrent pas moins pour autant tant la fatalité s’abat sur elles. Et comme si tous les autres personnages n’étaient là que pour la mettre en valeur, et tant pis pour leurs propres destinés, leurs propres épreuves, leurs propres tourments.
La grâce des brigands, ou un autre rendez-vous manqué.

J’ai lu ce livre dans le cadre du prix Océans France O .

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