Archive | 31 mars 2014

Le roman du café de Pascal Marmet

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Merci à Babelio et aux éditions du Rocher pour ce partenariat.


Présentation de l’éditeur :

Suite à l’évènement Nespresso et au célèbre What Else de monsieur George Clooney, la planète redécouvre le café avec envie, presque que comme un caprice. Pour donner le change à cet engouement, les grandes marques comme Illy ou Malongo se sont jetées dans la bataille, et chaque mois, des cafés de quartier spécialisés redonnent les codes de ce breuvage pas comme les autres. Aujourd’hui, deux tiers de la population mondiale se régalent au moins d’un café dans la journée. Certains sont devenus café addict et notre siècle n’envisage plus un monde sans le petit noir.
Mais qui le connait, vraiment ? Comment a-t-il débarqué dans notre quotidien, comment a-t-il traversé notre histoire, comment évolue-t-il au 21e siècle ? Comment le buvez-vous ?

Mon avis :

Je commencerai mon article en disant à quel point je suis un être étrange. En effet, contrairement à bien d’autres personnes, le café ne me réveille pas – il me calme, voire m’endort. Essayez d’expliquer cela à mes élèves, qui me trouvent somnolente, et me disent que j’aurai besoin… d’un bon café ! Non, si j’en prends une autre tasse, je suis « foutue », je m’endors illico.  Et si je n’en prends pas le soir, mes insomnies augmentent.

Après ce prélude personnel, passons maintenant au vif du sujet : comment écrire un roman sur le café en ne se montrant ni didactique ni ennuyeux ? En écrivant un roman, justement ! Et en choisissant un personnage principal attachant : Julien, vingt ans, tout juste chassé par son grand-père, torréfacteur, de sa boutique. Il a eu le tort de lui vanter les mérites de Nespresso, dont il n’a pourtant jamais bu une tasse – et son grand-père non plus. Ce fut la dispute de trop : François, le grand-père, n’a jamais été tendre avec son petit-fils, à qui il n’a de cesse de reprocher l’assassinat de sa mère, Florence (morte en le mettant au monde). J’oubliai : Julien est aveugle depuis l’enfance, et son unique passion est le café. Aucun diplôme, si ce n’est le brevet, mais bac + 18 en torréfaction.

Le lecteur s’attache alors aux pas du jeune homme, qui trouve refuge chez Jo, sa meilleure amie. A la recherche de nouvelles découvertes caféinées,  Julien, aidée de Jo, découvre les cafés de la capitale, et surtout les breuvages qu’ils servent.  Il découvre aussi ceux qui sont l’âme de ces cafés, et veillent jalousement à la qualité de leur boisson, et des grains qui la composent. Cette exploration de la capitale, sous un angle caféiné, est l’occasion pour Jo de parler avec Julien de l’origine du café, des légendes qui entourent la découverte de cette baie, et sa transformation en la boisson que l’on connaît aujourd’hui. Testant la culture de son ami, elle le fait aussi parler de l’arrivée des caféier en France, des controverses sur cette boisson, et aussi de l’essor des cafés, lieux de dégustation privilégiés du noir breuvage.

Bien sûr, il était impossible de parler du café sans se rendre au Brésil – et c’est une véritable expédition pour Julien, qui n’avait quasiment jamais quitté son « antre », la boutique de son grand-père. Ce voyage, sur la piste des petits exploitants, est aussi l’occasion de découvrir quelques magouilles, pas très glorieuses, de traders qui spéculent sur le café comme d’autres sur les actions boursières. C’est aussi une visite au Costa-Rica, petit pays paisible, oublié, et qui mérite mieux.

Je ne vous dévoilerai pas comment se termine ce voyage initiatique pour Julien, pour Jo et pour son grand-père. Je dirai simplement que, pour ceux qui veulent aller encore plus loin que le récit, les pages annexes sont particulièrement bienvenues, comme les différentes manières de consommer le café à travers le monde.