Archive | 2 mars 2014

La fête du cochon de Leif GW Personn

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Présentation de l’éditeur :

Un bureau de poste est braqué à Stockholm. Rien d’extraordinaire, nous sommes en 1977, la délinquance est en pleine explosion. Les inspecteurs Johansson et Jarnebring, deux jeunes flics de terrain pleins d’enthousiasme, sont rapidement sur les lieux, mais le coupable parvient à s’enfuir. En dépit de quelques éléments apportés par des témoins, la police tourne en rond. Au cours des mois suivants sont commis deux meurtres. Il apparaît peu à peu que tous ces événements sont liés. Pourtant, chaque fois qu’une piste cohérente se dessine, il y a toujours quelque chose pour, comme par magie, la faire dérailler. Mais est-ce tellement étonnant ?

1312260953408502211846257Défi premier roman

Mon avis :

J’ai rédigé volontairement cet avis après celui sur les Terroristes (à venir demain), j’ai lu les deux livres le même jour, lors du Marathon suédois et je dois dire que l’un annonce le désastre de l’autre.
Leif GW Personn connaît bien son affaire, il est criminologue. Il n’hésite pas à citer des extraits de ses articles en exergue des chapitres. Alors que la criminalité monte en flèche, que les braquages de banque se multiplient, les policiers semblent tous plus incompétents les uns que les autres. Chacun a ses défauts, et leur réunion provoque gène considérablement le déroulement de l’enquête, sans qu’ils en aient conscience. Quand ils s’en aperçoivent, il est trop tard pour remédier à ses erreurs.
La fête du cochon, en référence à une activité touristique prisée par les suédois, est un constat d’échec sur la société suédoise en générale et sa justice en particulier. Il est facile de s’en tirer en toute impunité, pour peu qu’on soit suffisamment prévoyant.
Je sais qu’à sa lecture, certains lecteurs se trouveront frustrés. La justice ne triomphe pas toujours, encore faut-il qu’elle en ait les moyens.

91952462Winter on the island IIlogo polar

La reconstitution historique, partie II

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Philippe de Nanterry croyait en être quitte avec les reconstitutions historiques.  Il se trompait lourdement. Moins d’un mois après la prise du château de Vaudreuilly, il avait été sollicité par le bouillant metteur en scène pour l’assister lors d’un marché médiéval et d’un spectacle nommé « les derniers jours de l’abbaye de F*** » dont l’aïeule de Philippe avait été la dernière abbesse.

Le contact fut des plus vifs.

   Mon cher Vladyslas, bien que ma famille remonte à l’an 1137, tout comme cette abbaye, je ne suis pas un historien chevronné, je ne connais rien à l’époque médiévale, mis à part le nom de mes ancêtres qui vivaient à cette période. Non, je ne sais pas non plus ce qu’ils mangeaient, comment ils s’habillaient, je n’ai pas assisté à un marché ou à une foire médiévale. Je vous assure que je ne puis vous être d’aucune aide. Mes salutations.

Il croyait en être quitte, il se fourvoyait. Nouvel appel, une semaine plus tard. Le metteur en scène, qui comptait de plus monter un spectacle de farces médiévales – et Philippe se garda de lui dire que des mystères eussent été plus appropriés – avait été victime d’un petit incident. Lui et son camarade avaient chu dans la source, au cœur de l’abbaye, manquant de s’y noyer.

      Impossible. Quand ils étaient petits (ils mesuraient maintenant plus qu’un mère quatre-vingt-dix chacun), mes fils s’amusaient à sauter par-dessus cette source.

      Justement. Vous avez bien saisi le souci. Pour manquer perdre la vie dans un filet d’eau aussi étroit, il faut vraiment que le sort s’acharne sur nous. Je me suis laissé dire que la Révolution française n’avait pas causé de tragédies.

      Je le confirme : Marie-Camille de Nanterry, comme les autres moniales, est rentrée dans sa famille à la dissolution de la communauté. Elle a même laissé des mémoires, que vous pouvez consulter. Elles sont fort intéressantes.

      N’avez-vous pas eu des échos, et il baissa la voix, d’autres événements ? Je vous assure, depuis que je suis ici, une présence mauvaise nous guette. J’ai entendu parler de votre réputation. Enfin, de celle de votre château.

      Oui, répondit Philippe d’un ton pincé.

La famille Nanterry de Chenoncelle avait payé un lourd tribu à la violence. Là où d’autres familles nobles s’illustraient au champ d’honneur, les Nanterry avaient eu une veine extraordinaire : blessés, oui, tués, rarement. Par contre, les assassinats, les suicides étaient bien trop fréquents. La propre belle-fille de Philippe… N’en parlons plus.

      Mon aïeule, reprit Philippe, ne fait pas état de mort violente dans son abbaye.

      J’ai ressenti des choses vraiment très bizarres. Je suis persuadé que ce lieu est hanté. Comme les écuries du château de Nanterry.

          Mon cher Vladyslas, je sais que le bruit court qu’un fantôme hanterait nos écuries. Je dois vous dire que, si tel est le cas, il est un fantôme modèle. On ne l’entend pas, on ne le voit pas. Pas de courant d’air glacé à son passage, pas de frisson désagréable sur la peau. Rien de rien. Je ne puis donc vous être d’aucune aide. Cependant, je puis demander à notre fantôme de venir vous visiter.

          Merci ! et il raccrocha.

Philipe resta interloqué. Il aurait voulu le rappeler. Il avait proféré une boutade, rien de plus. Restait à l’annoncer à Louis-Nicolas (officiellement mort en 1862) qui n’avait pas forcément envie de quitter sa chère écurie.