Les fourmis rouges d’Edith Serotte

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Présentation de l’éditeur :

Haïtienne par sa mère et montréalaise par la vie, Marie-Claudine vient finalement se fixer en Guadeloupe. En attente d’un permis de séjour et meurtrie par le choc culturel, souvent installée sur son balcon au cœur de la ville, elle pose un regard à la fois lucide et désemparé sur Pointe-à-Pitre. Un beau matin, elle ose enfin se questionner sur le désir qui l’a poussée à suivre Arnaud son compagnon. Un attachant blues caribéen.

Mon avis :

Marie-Claudine est canadienne, née d’une mère haïtienne. Professeur d’espagnol, estimée par ses collègues, elle choisit de suivre en Guadeloupe son compagnon, Arnaud. Désormais, elle attend : elle attend de recevoir un permis de travail, elle attend que son homme rentre du travail. Si Arnaud est « revenu au pays » et travaille dans l’entreprise familial, c’est parce qu’il était au chômage et ne supportait plus cette situation, il a donc accepté la situation que lui offraient ses parents. Marie-Claudine l’a suivie, pas après mûres réflexions, non, elle a accepté, elle la citadine, de tout quitter parce qu’elle ne pouvait envisager la vie sans lui.
La jeune femme, fière de ses origines, de sa couleur de peau, de ses formes généreuses et rassurantes, ne semble que le simple témoin de la vie des autres, et c’est un peu l’impression qu’elle donne au début du roman, dans la partie « matin ». Cela n’a qu’un temps, parce que Marie-Claudine essaie de s’intégrer, de s’acculturer. Etrangère, déracinée, elle regarde les autres sans aucun préjugé. Ce regarde, plein d’empathie, elle l’aiguise pour aller au-delà des apparences. Les relations avec son compagnon, vous vous en doutez, sont au cœur de ce livre, sans oublier, bien entendu, cette famille qui l’a accueilli à bras ouverts, cette famille qui avait mis beaucoup d’espoir en son héritier. Cette espérance n’avait pas le visage de Mélie, surnom affectueux, lié à leurs goûts littéraire commun, donné par Arnaud à sa compagne.
Habile, la famille d’Arnaud ? Certainement. Prompte, surtout, à dissimuler des secrets, et c’est en ce la qu’elle est une famille française – la thématique du secret me semble véritablement liée à la littérature française, du moins dans les productions récentes. Marie-Claudine est suffisamment fine pour déceler qu’il y a quelque chose de pourri sous le soleil de Guadeloupe, quelque chose qui court et pourrait l’éloigner définitivement d’Arnaud.
J’ai aimé ce roman contemplatif, qui distille une douce musique, même si l’action est un peu longue à se mettre en place. J’ai été sensible à son ambiance languissante, au point que j’aurai eu envie que cette lecture se prolonge.
Une belle découverte.

J’ai lu ce livre dans le cadre du prix Océans France O

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7 réflexions sur “Les fourmis rouges d’Edith Serotte

  1. Haaa ne pas avoir envie de sortir d’un livre est le plus beau compliment que l’on puisse lui faire ! Je ne note pas, pas parce qu’il ne m’intéresse pas, tu t’en doutes après un billet aussi beau mais parce que je n’ai plus de place ! Au propre et au figuré ! 🙂

  2. Pingback: Bilan de janvier 2014 | deslivresetsharon

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