Archive | 26 janvier 2014

Anthea Minkowki et l’affaire du violon de Dante d’Anouchka Palmieri.

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Présentation de l’éditeur :

Aaaaaaahhhhhh ! Vienne en hiver. Ses marchés de Noël, ses vitrines illuminées, la neige qui la recouvre de son blanc manteau…
Dans l’avion qui les emmène vers l’Autriche, Anthéa, Prunille, Ariel et Mickey aspirent à de tranquilles vacances entre amis.
Mais, à leur arrivée à l’aéroport de Vienne, Anthéa rencontre Julien par hasard. Traqué, il lui remet une valise avec la consigne de veiller dessus, quoi qu’il arrive. Puis il disparaît… Anthéa et ses comparses vont vite découvrir qu’elle contient un violon, recherché et… maudit ! Commence alors pour nos quatre amis une longue série de catastrophes et d’imbroglios en chaîne.

Mon avis :

Si jamais il vous prenait l’envie de partir en vacances avec une amie prénommée Anthéa, vérifiez d’abord que son nom de famille n’est pas Minkowski, et qu’elle n’est pas accompagnée par des amis nommés Michael (Mickey ou Meg Ryan pour les intimes), Prunille et Ariel. Dans ce cas, et dans ce cas seulement, fuyez au plus vite : le pire n’est pas à craindre, le pire est certain !

Tout avait pourtant bien commencé, Anthéa se remettait de ses précédentes aventures, elle avait presque oublié Julien, elle se faisait une joie de découvrir l’Autriche avec ses amis. Et là, à l’aéroport, boum ! l’accident technique, la coïncidence imprévisible (forcément, c’est une coïncidence), le hasard fait mal les choses, voilà qu’Anthéa retrouve celui qu’elle veut à tout prix oublier, j’ai nommé Julien Ambord. Celui-ci, en mission (pour ne pas changer) lui confie alors… un violon.

Rien de bien grave, me direz-vous. Et bien si, car ce violon est maudit! Vous ne croyez pas aux malédictions ? Anthéa non plus ! Ses amis encore moins ! Pourtant, la somme de catastrophe qui leur arrivera pendant ce qui devait être de paisibles vacances bien méritées les amènera à se questionner sérieusement, sur la malédiction d’abord, sur Julien Ambord ensuite. Pourquoi les a-t-il entraînés dans ses galères ? Et encore, ils ne savent pas tout.

Julien, de son côté, doit faire avec un partenaire sympathique et doué (pour une fois, ce n’est pas un traître), une violoniste prête à tout pour réussir (et pas seulement à passer des heures solitaires à répéter) et un violoniste égocentrique et caractériel, bref, quelqu’un qui a oublié qu’il était au service de la musique, non que la musique était au service de son égo.

J’ai beaucoup apprécié ce second opus, rempli de rebondissements. Surtout, les personnages principaux restent tous fortement caractérisés : impossible de confondre Mickey, le geek surdoué, de Julien Ambord, empêtré dans des problèmes familiaux et sentimentaux qu’il se doit de régler au plus vite. Certes, Anthea est extrêmement maladroite, mais sa maladresse (sa malchance, dira-je plutôt) est compensé par une franchise désarmante, une grande réactivité – elle n’est pas du genre à rester sans rien faire si le danger est là – et une énergie débordante. Elle a également de grandes qualités de coeur – ses maladresses ne sont jamais provoquées par sa bêtise ou son indifférence à autrui. D’autres personnages féminins de ce roman devraient en prendre de la graine.

Bref, j’ai passé un très bon moment en compagnie d’Anthéa et de ses amis. Je remercie chaleureusement l’auteur et son attaché de presse qui m’ont fait parvenir le second tome de ses aventures.

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Jeune fille vue de dos de Céline Nannini

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Présentation de l’éditeur :

Je n’arrive à faire face à rien. On ne peut me voir que de dos. C’est le journal de cette incapacité. Un ami m’a poussé à l’écrire. Il y a chez moi cette impossibilité d’agir, comme si j’étais allergique à tout ce qui pourrait m’engager dans quelque chose. Si je m’envole souvent c’est pour être sûre de retomber sur la tête. De toute façon (vous verrez), il ne se passe rien avec moi. Je dois avouer que je ne suis plus une jeune fille, même si je ne parviens pas à être autre chose.

1312260953408502211846257Défi premier roman

Mon avis :

Jeune fille vue de dos pourrait être le titre d’un tableau. Il est celui d’un récit court (moins de 150 pages). Il prend la forme d’un journal, sans que les fragments soient datés avec précision. Cependant, il est possible de percevoir sa chronologie linéaire, rythmée par les sorties littéraires (Hymne de Lydie Salvayre) ou cinématographiques (le dernier James Bond).
La narratrice, paradoxalement, écrit son incapacité à écrire, l’impossibilité de décider quoi que ce soit dans sa vie – ou comment mettre des mots sur sa procrastination chronique. Pourtant, elle rencontre des amis (Fred et Diane semblent les seuls éléments stables de sa vie), voyage à travers le monde, sans jamais se poser, sans jamais envisager un avenir quelque part.
Le vocabulaire utilisé est simple, mêlant parfois des termes familiers à des tournures précieuses: « le lieu est chouette, quoique peu remarquable », p. 34 La syntaxe très proche de l’oralité. Je pense à l’emploi du pronom « on » ou à l’omission de « ne » dans les phrases négatives. J’ai vu, parfois, comme une tentative pour écrire des poèmes en proses, non seulement dans certains fragments bien délimités, mais aussi dans l’ensemble du récit, avec des assonances, des répétitions, ou, plus simplement, des phrases construites de manière binaire (ah !les nombreuses conjonctions de coordination !).
Cependant, j’ai eu surtout l’impression de lire un carnet sur lequel des notes étaient écrites à la volée, comme si la narratrice cherchait à garder une trace lapidaire de ses lectures, de ses sorties. Je ne compte plus le nombre de fois où elle parle de ce qu’elle a mangé, de ce qu’elle a bu, des conversations qu’elle a eues avec ses amis. Si ce genre d’écrit est intéressant pour soi-même, il l’est moins pour un lecteur qui n’en est pas l’auteur. La narratrice dit : « Je voudrais simplifier mon existence pour n’en garder que la vie », p. 66. Il me semble que ce récit en manque cruellement.

J’ai lu ce livre dans le cadre du prix Océans France O