Archive | 16 janvier 2014

La comptine des coupables de Carin Gerhardsen

Présentation de l’éditeur :

Quand des innocents deviennent les victimes collatérales d’histoires que l’on croyait à jamais enfouies …

À Stockholm, les policiers de la section criminelle du commissariat d’Hammarby sont sous le choc après le meurtre brutal d’une mère philippine et de ses deux enfants. Aucun indice sur le lieu du crime, aucune piste, mais des questions qui s’accumulent. Comment une femme de ménage aux revenus modestes peut-elle s’offrir une maison aussi luxueuse ? Pourquoi le père des enfants, un Suédois, vit-il isolé, presque sans contact avec le monde extérieur ?

Mon avis :

Ce roman n’était pas fait pour moi, mais alors pas du tout. Je pense qu’il plaira à beaucoup d’autres lecteurs. Pour ma part, je suis hermétique à ce genre de romans. J’aurai même dû l’abandonner au bout de quatre pages, quand les enquêteurs trouvent « beaux » ces trois cadavres couchés les uns auprès des autres, ou quand ils sont presque heureux que tous les membres de la famille soient morts en même temps. Note : je sais pertinemment que survivre à une tragédie est douloureux, et l’une des intrigues secondaires le démontre largement. Cependant, il m’est impossible d’être sereine face à l’assassinat de deux enfants, même s’ils sont « partis » avec leur mère.

J’ai beau aimé les romans policiers, je n’aime pas quand les policiers eux-mêmes ne portent pas plainte quand ils sont victimes de violence. L’exemple le plus flagrant est cette jeune femme, victime d’un viol, qui n’analyse même pas les preuves qui permettraient de disculper son co-équipier. Elle s’est reconstruite en le croyant coupable, elle ne supporterait pas de le savoir innocent, et surtout, de savoir qu’elle l’a soupçonné à tort.  Je n’aime pas non plus quand la vie privée des policiers envahit, pour ne pas dire parasite l’intrigue. C’est fou le nombre de policiers qui découvrent des secrets de famille grâce à une enquête. Le polar fait vraiment double emploi.

Je n’ai rien non plus contre la vengeance, cette thématique littéraire m’a toujours intéressée. Cependant, je n’aime pas la vengeance telle qu’elle est pratiquée dans ce roman. Pourquoi se venger d’une tragédie où, comme dans toute véritable tragédie, seule la fatalité est en cause ? Les retours en arrière, mis en évidence par l’utilisation de l’italique, est un procédé bien connu, et pas toujours judicieux – j’ai pensé aux romans de Camilla Lackberg (l’oiseau de mauvais augure, mais en nettement moins fort). Le coupable ? Je ne dévoilerai pas son identité, bien entendu. Je dirai simplement que l’auteur a voulu construire habilement son roman pour nous amener à ce meurtrier inattendu. J’ai juste eu l’impression qu’il tombait du ciel – et j’avais presque raison.

Bref, la comptine des coupables fut une déception pour moi. Je tenterai rapidement de lire un autre auteur suédois.

91952462Winter on the island IIlogo polar