Archive | 12 janvier 2014

L’assassin des cathédrales d’Yves Josso

couv32798163édition 10/18 – 340 pages.

Présentation de l’éditeur :

Les pilleurs d’église sont prêts à tout pour ratisser les trésors dont regorgent les nombreux édifices bretons. Mais lors du sac de la cathédrale Saint Corentin de Quimper, ils ont commis une grave erreur en s’en prenant à Eugénie de Rosmadec. Agressée à coups de calice dans le secret de la sacristie, la vieille fille est laissée pour morte. Le clan Rosmadec est sur le pied de guerre et c’est Clémence, jeune peintre professionnel et détective amateur, qui est chargée de débusquer les coupables.

Mon avis :

Mon problème avec ce livre est simple : je ne parviens pas à croire en son héroïne, Clémence de Rosmandec. Elle est une excellente détective, capable de résoudre tous les mystères. Je paraphrase, peu ou prou, ce que les journaux ont dit d’elle. Sauf que là, quand elle arrive joyeusement en Bretagne avec les siens et apprend de sa petite soeur Albertine l’agression qu’a subi sa tante Eugénie, elle n’a pas du tout envie d’enquêter. Je la comprends : après tout, sa tante a simplement été laissée pour morte, Clémence ne se mettra quand même pas martel en tête pour trouver ses agresseurs. Enfin, si, elle le fera, sinon il n’y aurait pas d’intrigues, mais c’est bien pour vous faire plaisir.

Le sujet est intéressant, riche : les pillages des églises, des cathédrales même, les motivations des uns et des autres auraient pu être davantage approfondis. D’aucuns me diront que le seul profit guide les voleurs, tout comme l’amour de l’art pousse les collectionneurs à accumuler ses objets sacrés. Pas besoin d’aller plus loin. Je ne me satisfais pas de la simplicité. La dimension religieuse m’a semblé escamotée – comme si tous les croyants étaient aussi névrosées qu’Eugénie de Rosmandec. La violence des crimes commis ne suscite pas d’émotion démesurée, pour ne pas dire que ces égorgements et autres éventrations n’étaient pas traités avec une certaine platitude. D’ailleurs, vu le nombre de morts dans cette intrigue, je me suis demandée pourquoi Eugénie n’avait pas succombé elle aussi. Bon sang, mais c’est bien sûr : parce qu’elle est la tante de l’héroïne !

Et les longueurs dans le roman ! Je ne parle pas de l’intrigue principale, qui, si l’on s’en tient à elle et à elle seule, est plutôt bien menée. Non, je vous parle de ses intrigues amoureuses secondaires, aussitôt crées, aussitôt abandonnées pour certaines d’entre elles – j’en ai compté plus d’une demi-douzaine. Je n’ai garde de vous parler des rappels des enquêtes précédentes, pas toujours utiles, des souvenirs des personnages, pas toujours liés à l’action. Je n’oublie pas les nombreuses explications sur l’histoire religieuse bretonne ou normande, parfois accueillies avec indifférence – si même ceux à qui elles sont destinées ne sont pas intéressés, où allons-nous ?

Je garde pour la fin les nombreuses allusions à la peinture, les rencontres nombreuses avec des peintres et finalement, l’interrogation de Clémence : qui est-elle ? La peintre épanouie qu’elle souhaite devenir, une détective, une future femme mariée ? Dommage qu’un cinquième tome ne lui permette pas à ce jour de répondre à ses interrogations.

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