Archive | 10 janvier 2014

Désir et volupté à l’époque Victorienne

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Désir et volupté dans l’Angleterre victorienne :

Je suis allée voir cette exposition voici deux mois déjà, et ce n’est que maintenant que je mets au propre mes notes pour rédiger ce billet.

L’Angleterre, sous le règne de la reine Victoria, vit de profonds bouleversements économiques et sociaux. Quant à la femme… le moins que je puisse dire est que sa situation n’est pas bouleversée. Le corps féminin est caché, par les jupons, les robes, amples, il est bridé par les corsets. Il est alors difficile de se déplacer – un gentleman ne court pas, une lady encore moins. Les femmes rêvent pour s’évader et les artistes de cette époque sont dans une recherche permanente de la beauté formelle.

Pour ces artistes, la femme est une muse, par sa beauté, son intelligence. Ils font poser leurs femmes, leurs maîtresses. L’une des plus connues est Bessie Keene, dont la peau blanche et la chevelure léonine illumina les œuvres de Burne-Jones et Emma Sandys.

Comment les femmes étaient-elles représentées ? Elles étaient des nymphes, des héroïnes antiques (Antigone de Leighton) médiévales ((Elaine d’Escalot, Guenièvre, dans Le temps jadis de Standwick, 1907) ou shakespeariennes. Les sorcières ne sont jamais laides, les enchantements ne sont que suggérés. Un ailleurs lointain (Grèce, moyen âge) fait rêver, loin de l’industrialisation du XIXe siècle. Dans ce cadre de vie fantasmé, le corps féminin est libre, il s’offre aux regards, ou est suggéré sous des voiles. Les artistes éprouvent la nostalgie d’un âge d’or.

Je vous présenterai maintenant, de façon très subjective, quelques peintres . Je commencerai par Dante Gabriel Rossetti (1828-1882) : il épousa sa maîtresse et muse, leur unique enfant mourut à la naissance en 1860. Sa femme mourut deux ans plus tard, d’un excès de laudanum. Il passa le reste de sa vie reclus, et se consacra exclusivement à son art. Il devint un modèle pour les jeunes artistes.

ghirlandataLa Ghirlandata par Dante Gabriel Rosseti.

Frédéric Leighton (1830 – 1896) eut des débuts difficiles. Il peignit d’abord des scènes domestiques, ce qui étaient un passage obligé à l’époque, des sujets classiques mais aussi des nus. Il s’intéressait à la musique et s’inspirait des poses de statues. Il obtint ensuite beaucoup de succès et la maison où il mourut abrite aujourd’hui un musée qui lui est consacré.

483px-AntigoneleighAntigone, par Frédérick Leighton

Alma-Tadema a ajouté « Alma » à son nom, car il était ainsi en tête des catalogues d’exposition, par la grâce de l’ordre alphabétique. Il a profité de sa formation en Belgique et de sa découverte de Pompéi. Il peint des scènes intimistes. Sa maison devint le centre de la vie mondaine.

Je terminerai par Sir John Millais, car il était un grand amoureux de l’Ecosse. Il peignait notamment les paysages d’hiver écossais. Il fut très populaire.

millais_blowblowBlow, blow, thou winter wind, 1892