L’armée furieuse de Fred Vargas

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Présentation de l’éditeur :

Au cœur de la Brigade criminelle, le commissaire Adamsberg vaque à ses occupations. Même si Veyrenc, son ancien rival des Pyrénées, hésite encore à revenir, le reste de l’équipe évolue paisiblement : Rettancourt reste la grande « génératrice d’énergie », le chat dit « La Boule » dort toujours sur la photocopieuse, Danglard avec son verre de vin blanc développe un immense savoir, Mercadet est toujours à moitié endormi, Froissy fait des allers-retours entre sa réserve de nourriture et son bureau. Une petite dame âgée attend le commissaire sur le trottoir, elle vient de Normandie. Ils n’ont pas rendez-vous, mais il n’y a qu’à lui qu’elle veut parler. Une nuit, dans son village, sa fille a vu « l’Armée furieuse », c’est-à-dire une cohorte de morts vivants qui vient enlever les pires personnes des environs. Meurtriers, voleurs, tous ceux qui n’ont pas la conscience tranquille se sentent menacés. Cette vieille légende est le signe que de multiples assassinats vont se produire. Loin de sa circonscription, Adamsberg va pourtant accepter d’aller enquêter sur place, dans le village terrorisé de superstitions et de rumeurs sauvages. Aidé de la police locale, de son fils (qu’il a découvert dans Un lieu incertain), et de quelques complices, il tentera de protéger les mauvaises personnes contre le mauvais sort.

Mon avis :

Ce n’est qu’à la quatrième tentative que j’ai réussi à lire ce livre – autant dire qu’il traînait dans ma PAL depuis sa parution, et ce n’était pas hier. A chaque fois, je bloquai au bout de cinquante pages – sans doute parce que la vision de la Normandie, donnée dans ce livre, me semblait plus archaïque qu’authentique. Pour parvenir au bout de ses quatre cents pages, j’ai donc lu ce livre davantage comme un conte policier, que comme un roman policier.

Pourtant, ce n’est pas tant une intrigue que nous propose Fred Vargas, mais quatre. La première est résolue très vite, le coupable avoue tranquillement ce qu’il a fait – et sait qu’il pourra très bien s’en sortir sans trop de dommage. Une enquête résolue dès le premier chapitre, ce n’est pas sans me rappeler certaines oeuvres de Sjöwall et Wahlöö. La seconde paraît presque hors-sujet : qui a ligoté un pigeon, le condamnant à une mort certaine, sans l’intervention d’Adamsberg ? Ce genre d’intrigue peut ne pas plaire, mais Adamsberg, lui, s’intéresse au moindre détail, au moindre crime. S’amuser à torturer n’est jamais innocent.

La troisième enquête rappelle l’actualité : des voitures brûlent, en banlieue, dans Paris. Sauf qu’un homme est mort. Sauf que cet homme n’était pas n’importe qui, et que le suspect est un moins que rien. Tout semble réglé, même pour Adamsberg. Croit-on. A tort. Rien n’est si simple dans l’univers de ce pelleteur de nuages.

La quatrième est au cœur de l’intrigue puisqu’il s’agit d’empêcher une série de meurtres de se produire. Les futures victimes ont toutes des morts sur la conscience, mais elles furent si habiles que jamais la police n’a pu les inculper. Ce n’est pas le seul dénominateur commun, car ceux qui les poursuivent sont des morts-vivants, dont la légende terrorise le village depuis des siècles. Voici qui teinte de fantastique l’intrigue. Voici qui pose d’autres problèmes : à quelles extrémités la peur et les croyances peuvent pousser des êtres que l’on peut croire, en ce début de XXIe siècle, rationnel, si ce n’est cartésien ? Vous ne serez pas déçu, tant la raison semble avoir quitté l’esprit de certains. Est-il possible de manipuler des êtres en jouant sur leurs peurs ? Oui, bien sûr – rien de nouveau sous le soleil ou sous la lune.

Ce qui m’a dérangé – mais peut faire le charme de ce roman – est qu’Adamsberg réussit à résoudre cette enquête en sortant totalement des sentiers battues, et en bénéficiant de l’aide d’un deus ex machina, hobereau normand dont la puissance a eu le don de lui ouvrir certaines portes, de lui accorder certains délais. Bien sûr, Adamsberg a payé de sa personne et ses adjoints aussi – pas vraiment en respectant la loi, ni les méthodes conventionnelles d’enquêtes. Est-ce à dire que les lois ne sont pas faites pour les puissants, qu’ils protègent le coupable ou l’innocent ? Constat peu réjouissant s’il en est.

Je n’ai garde d’oublier aussi quelques invraisemblances, quelques incohérences dans l’intrigue – difficile de faire vivre le passé des personnages secondaires sur plus de quarante ans.  Difficile aussi de restituer la folie du tueur jusqu’au bout, ou plutôt sa petitesse. La fin m’a laissé un goût d’inachevé mais je suis heureuse d’en être venue à bout.

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14 réflexions sur “L’armée furieuse de Fred Vargas

    • Surtout, ne commence pas par celui-là ! Les personnages qui entourent Adamsberg (Veyrenc, Restancourt, Lucio et même son fils) ont été rencontrés lors de précédentes enquêtes, et sans avoir lu au minimum Dans les bois éternels et Un lieu incertain.

  1. Bonjour Sharon, en ce qui me concerne, ce roman est le premier que je lisais de Fred Vargas et j’ai été assez enthousiasmée par l’histoire et surtout par son écriture. Bonne après-midi.

    • Quatre tentatives pour en venir à bout, quatre !!!! Sa vision de la Normandie ne m’a pas vraiment convenue. Dans certains villages, peut-être, et encore – dans ce cas, ils n’auraient même pas franchi le pas de monter à la capitale.

  2. Pingback: Bilan de janvier 2014 | deslivresetsharon

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