Archive | novembre 2013

Instinct primaire de Pia Petersen

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Mon résumé :

La narratrice écrit une lettre à l’homme qu’elle a aimé, qu’elle aime toujours, et qu’elle a abandonné au pied de l’autel un an plus tôt. Elle veut lui faire comprendre ses choix de vie et d’écriture. Elle s’interroge sur la femme, le féminisme et l’écriture.

Mon avis :

J’ai lu beaucoup d’avis positifs, voire très positifs sur ce livre. Je m’attendais  à éprouver un coup de coeur pour lui. Ce n’est pas le cas. Je l’ai bien aimé, sans plus. Pourquoi ?

La narratrice se veut une femme libre. Libre d’écrire, de se consacrer à la littérature. Mariage et enfants ne font pas partie de son projet de vie. Ceci ne me pose pas de problème, loin de là, j’ai toujours su que le bonheur, l’accomplissement de soi ne passait pas nécessairement par la maternité, quoi qu’en dise une génération de soi-disant féministe. Ce qui me dérange est cette thèse comme quoi un écrivain ne peut aussi être mère, avoir une vie personnelle, jongler entre des obligations mais ne peut exister qu’en se consacrant uniquement à son oeuvre. Elle n’est pas neuve, quoi qu’en dise l’auteur, – voir Simone de Beauvoir, Karen Blixen entre autre, qui soutenaient déjà cette thèse. Et si elle a le désir de voir le monde, de s’ouvrir au monde pour écrire, d’autres désirs ne sont pas incompatibles avec la volonté d’écrire.

Je regrette aussi qu’elle ne retienne que deux domaines d’écriture : l’autofiction et les harlequinades. A mes yeux, cette classification est très réductrice, et laisse de côté maintes auteurs. Je pense à Doris Lessing, qui vient de nous quitter, à Jeanne Benameur, Nancy Huston, et j’en oublie beaucoup.

Au fur et à mesure que je rédige cette critique, je me dis d’ailleurs que je me laisse envahir par les souvenirs négatifs, plutôt que les positifs, ce qui serait très réducteur. Je me rappelle aussi cette sensation d’étouffement qui m’avait saisi lorsque, entourée par des femmes/mariées/mère, elle ne trouve personne pour la comprendre, et toutes pour la plaindre. Et là, elle pousse à s’interroger sur les raisons pour lesquelles une femme se marie, a des enfants. [Note : j’en connais qui sont très fières de dire qu’elles ont mis le grappin sur leur mari très tôt, et que maintenant, elles sont tranquilles. Ah, bon ? Drôle d’idée du bonheur]. On interroge toujours une célibataire sans enfant, on calque sur elle des schémas de pensée pré-établis, et même l’homme qu’elle aimait n’y a pas échappé, lui qui pensait qu’elle voulait forcément le mariage, pour forcément avoir des enfants après. On ne demande jamais pourquoi une femme veut des enfants alors que les femmes sans enfant sont priés de se justifier, ou de trouver une cause à leur « incomplétude ».

Puis, comme l’auteur, je ne pense pas que la femme soit meilleure que l’homme, que le monde se porterait mieux si elle le dirigeait. Je ne pense pas non plus que la femme qui a enfanté soit seule capable de générosité. Combien de fois m’a-t-on ressassé qu’une femme devenait « meilleure » quand elle était mère, qu’elle acquérait une meilleure compréhension du monde (pas dans ma famille, je vous rassure tout de suite), et j’ai été heureuse de lire enfin quelqu’un qui ose défendre des thèses bien différentes.

Instinct primaire est un livre qui fait réfléchir, par les thèses qu’il défend. C’est un livre dont j’ai beaucoup parlé autour de moi, et que je compte bien faire découvrir à d’autres lecteurs. A ce titre, il est l’un des livres les plus intéressants que j’ai lus lors de la rentrée littéraire 2013.

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Chasseuse de la nuit, tome 6 de Jeaniene Frost

couv13401595Présentation de l’éditeur :

Après avoir évité de justesse une guerre mondiale, Cat Crawfiled n’aspire qu’à une chose : un peu de repos auprès de son vampire de mari, Bones. Malheureusement, l’aide fournie par la reine du vaudou de La Nouvelle Orléans a des conséquences et elle doit retourner au combat, cette fois, contre un esprit malin.
Des siècles auparavant, Heinrich Kramer était un chasseur de sorcières. Maintenant, pour Halloween, il prend forme humaine pour torturer des femmes innocentes avant de la brûler vivantes. Cette année, cependant, Cat et Bones sont déterminés à tout risquer pour le renvoyer dans l’autre monde, pour toujours. Mais comment tuer un assassin déjà mort ?

HallowweenMon avis :

Revoilà Cat et Bones  ! Après un tome 5 un peu en demi-teinte, en tout cas, pas aussi satisfaisant que je l’aurai voulu, ce tome 6 les place à nouveau au centre de l’intrigue. Ils sont un couple, et gare à ceux qui voudraient les séparer, ou bien nuire à l’un des deux. (Note : cette remarque fonctionne aussi pour les meilleurs amis du couple).

Du tome précédent, j’avais beaucoup aimé l’implication de Fabian, et là, bonne nouvelle, le gentil fantôme, proche de Cat, est toujours sous les feux des projecteurs, et pour la bonne cause : aider une amie proche (et fantôme) à se débarrasser d’un dangereux tueur. Déjà mort depuis des siècles. Mais qui continue à torturer et tuer à Halloween, chaque année depuis sa mort.

Jeanienne Frost s’inspire, pour ce personnage, d’un « savant » allemand authentique (à ne pas confondre avec un naturaliste homonyme), et c’est pour cette raison qu’il est plus effrayant que les vampires, les loups-garous et autres zombies. Même si sa désincarnation fantomatique est impossible, il a bel et bien existé, et ses « oeuvres » ont certainement causé bien des tourments (au sens fort du terme) – les siennes, et ceux de ses semblables.

Comme si Cat n’avait pas assez de difficultés à vaincre cet adversaire en partie insaisissables, son oncle Don, devenu un fantôme, lui cause quelques ennuis – il est encore moins coopératifs que de son vivant, c’est dire. Qui plus est, son successeur n’est pas la personne la plus aimable qui soit. Je vous laisse découvrir ses qualités au fil de la lecture.

Ce tome 6 est rempli de rebondissements, qui mettent à mal Cat et les siens. J’ai beaucoup aimé cette lecture, remplie de fantôme et de vampires et j’admets ne pas avoir vu venir certaines péripéties. D’outre-Tombe est à lire absolument si vous êtes fan de la série.

moisamericain

Esprit d’hiver de Laura Kasischke

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Présentation de l’éditeur :

Réveillée tard le matin de Noël, Holly se voit assaillie par un sentiment d’angoisse inexplicable. Rien n’est plus comme avant. Le blizzard s’est levé, les invités se décommandent pour le déjeuner traditionnel. Holly se retrouve seule avec sa fille Tatiana, habituellement affectueuse, mais dont le comportement se révèle de plus en plus étrange et inquiétant…

Mon avis :

Pourquoi rédiger ce billet ? Je n’ai pas aimé le livre – enfin, si, j’ai aimé les cent premières pages, pas plus. Beaucoup de choses m’ont dérangée dans ce roman, des points de l’intrigue que je ne peux vous révéler sans vous gâcher la lecture par avance.

Je dois dire que je n’ai même pas été sensible au style de l’auteur – à vrai dire, je ne m’en souviens pas. Je retiens le questionnement sur la transmission, la filiation, l’adoption. Les étapes, presque les épreuves qui attendent les parents adoptants sont bien montrées – la nécessité de donner quelques « cadeaux » pour que tout se passe bien aussi. Le fait d’avoir multiplié les retours en arrière, morcelant ainsi ce qui s’est passé en Russie, m’a semblé plus gênant que réellement intéressant. J’ai eu une impression de rabâchage, plus que de progression.

De même, ce huis-clos, le jour de Noël, entre une mère (adoptive) et sa fille (adolescente) est oppressant – mais, là, c’était le but recherché, ce n’est pas gênant, même si certaines situations paraissent exaspérantes et/ou exagérées. Le dénouement est censé expliquer tout cela, et donner envie de retourner en arrière, pour relire le livre, débusquer la signification de certains actes, de certains gestes. Ce n’est pas tant que j’ai trouvé ce dénouement absolument énorme, qui me gène, mais la naïveté d’Holly pendant les seize années précédentes. Par le choix de ce terme, j’en dis déjà beaucoup, je n’en dirai pas plus.

Point positif : le roman se passe dans le Michigan, et je n’avais pas encore validé cet état.

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Goth girl and the Ghost of a mouse de Chris Riddell

goth girlMon résumé :

Ada est la fille unique de Lord Goth. Sa mère, funambule, est décédée tragiquement quelques années plus tôt, alors qu’elle pratiquait son art. Depuis, lord Goth prend grand soin de sa fille, elle ne manque de rien, sauf de la présence de son père. Mal remis (pour ne pas dire pas remis du tout) de la mort de sa femme, Lord Goth a du mal à supporter la présence de sa fille, tant elle ressemble à sa défunte mère. Quelle n’est pas la surprise de la toute jeune adolescente quand, un soir, une souris fantôme lui apparaît ! Ismaël, tel est son nom, a succombé dans un piège dressé par Maltravers, le valet. Il semblerait que ce ne soit pas sa seule action louche. Ada, aidée par des compagnons inattendues, enquête.

tg1gMon avis :

J’ai acquis ce livre lors de mes pérégrinations parisiennes, en octobre. J’ai été attirée par la couverture, d’une part, et par l’objet : c’est vraiment un très beau livre, aux détails soignés, et pas seulement pour la période d’Halloween.

Puis, j’aime beaucoup Chris Riddell, et encore une fois, je n’ai pas été déçue. Il a su créer un univers très particulier, que ce domaine laissé à moitié à l’abandon – à moitié seulement – à cause du chagrin de lord Goth. Ada, petite fille très volontaire, a vu les gouvernantes rendre leur tablier – ou leur parapluie – les unes après les autres, non parce qu’elle était une enfant difficile, mais parce qu’elle était bien trop facile. L’une d’entre elle, une certaine Hebe Poppins, s’est même enfuie avec Van Dyke, le ramoneur ! Ada a des capacités d’adaptations étonnantes, y compris lorsqu’elle rencontre Lucy, sa nouvelle gouvernante tricentenaire – vous l’aurez deviné, elle est une vampire.

Si elle sait faire face, quoi qu’il arrive, Ada est loin de se résigner, surtout si elle découvre une injustice. La difficulté est de pouvoir être entendue. Pas de soucis avec les amis qu’elle s’est fait au cours de ses explorations du domaine – c’est fou le nombre de personnes nécessaires à l’entretien d’un château, ou le nombre d’artistes qu’un mécène peut loger, mais les adultes ne sont pas près à écouter un enfant. Ils ne sont déjà pas capables de s’écouter les uns les autres, alors la fille de leur hôte, n’y pensez pas.  Quant à prêter attention à une souris fantôme… oublions. Ada ne peut compter que sur elle et ses amis, vivants ou non.

Ce livre, drôle, tendre, tragique aussi, caustique souvent est à nouveau une réussite.

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18 Lunes de Garcia et Strohl

Mon résumé :

Rien ne va plus à Gatlin, les événements survenus dans 17 Lunes. Macon est revenu d’entre les morts, Link est devenu un incube, et Ridley n’est plus qu’une simple mortelle. Quel avenir pour Ethan et Léna ?

Mon avis :

Je ne suis ni la première, ni la dernière à rédiger un avis sur ce tome. Alors que dire ? Qu’il est si bien que j’ai aussitôt enchaîné avec la lecture de 19 Lunes.

J’ai beaucoup aimé retrouver Léna et Ethan, les retrouver en proie à des dilemmes bien plus importants qu’au début de la saga. La faute au choix effectué par Léna à la fin de 17 Lunes. Elle savait déjà que son choix, entre Ténèbres et Lumières, aurait des conséquences. Le fait qu’elle se soit appelé elle-même, mi-Lumière, mi-Ténèbres, a plongé Gatlin dans le chaos, et permet à la mère de Link, égale à elle-même, d’exceller dans son meilleur rôle.

Ce tome est sans doute le plus sombre de la saga, l’espoir ne semble pas au bout du chemin, ni pour Léna, ni pour Ethan. Heureusement, la bonne humeur de Link et ses excès en tout genre apportent un peu de gaieté à un univers que les Ténèbres gagnent peu à peu. Personne n’est à l’abri, aucun lieu ne peut véritablement être considéré comme sûr – et ce n’est pas faute des proches des deux héros. Tous se mobilisent pour essayer… De sortir du chaos ? D’empêcher l’inéluctable ? Un peu tout cela à la fois.

« les choses bien et les choses faciles ne sont pas toujours les mêmes »- et ce troisième tome de la saga en est l’illustration.

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Le fantôme hante toujours deux fois de Sarah et Kate Klise.

Mon résumé :

Catastrophe ! Le bureau de poste de Livid City est sur le point de fermer ! Comment Adèle, Ignace et Lester pourront-ils satisfaire leurs lecteurs, puisqu’ils ne pourront plus poster les chapitres suivants de leur roman ?

Mon avis :

« Je n’ai jamais eu de téléphone de toute ma vie et je n’ai pas l’intention d’en avoir un dans l’au-delà non plus. » C’est avec ces propos pour le moins péremptoire d’Adèle Vanstrock que j’ouvre mon billet. Adèle est morte depuis plus de cent ans, et avec Ignace, elle forme un couple de parents et d’écrivain plutôt hors-norme pour Lester, leur fils adoptif. Lui qui est un enfant du XXIe siècle, souffre de n’avoir ni ordinateur, ni téléphone portable, ni téléphone tout court – encore moins de télévision ! Les seuls écrans plats admis dans la maison sont les tableaux qui ornent le salon. Et même si Les est heureux avec ses parents, son chien, son chat et ses chatons, il aimerait vivre avec son temps.

De l’autre côté, nous avons Wilma, nièce du bibliothèque, complètement accro à son téléphone portable, qui envoie des SMS (en style SMS) à tout bout de champ. Aussi son oncle lui confisque-t-il son téléphone, et fait avec elle le pari qu’elle sera capable de s’en passer pendant un mois. Bref, l’horreur absolu pour elle.

Pour couronner le tout, le ministre des télécommunications s’est mis en tête de supprimer la poste et de la remplacer par le Vexto, un système révolutionnaire et couteux. Devinez où il a décidé d’expérimenter ce système ? Dans notre petite ville préférée de l’Illinois ! Autant dire que la receveuse des Postes n’a pas l’intention d’abandonner son poste – et Adèle compte bien mettre son grain de sel dans l’histoire ! Elle est persuadée qu’aucune amitié, aucune histoire d’amour ne peut naître par les moyens de la technologie moderne, et entend bien le démontrer.

Un peu réac, l’auteur de 43, rue du cimetière ? Pas tant que cela. Si elle montre les excès d’une technologie déshumanisée, proposée par un homme politique totalement coupé des préoccupations des gens ordinaires, elle démontre aussi à quel point la technologie change nos vies, l’améliore même, comme un rappel pour tous les ronchons adeptes du « c’était mieux avant ». Même Adèle, en se replongeant dans ses souvenirs (et nous en apprenons ainsi beaucoup plus sur elle) convient que le passé était loin d’être rose.

A noter, l’hommage appuyé à Gaston Leroux, auteur du Fantôme de l’Opéra. Que demandez de plus ? Sinon une suite.

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Challenge Livra’deux pour Pal addict /7

challenge3C’est la deuxième fois que je participe à ce challenge, dont j’aime bien le principe.

En binôme, chacun choisi dans la PAL de l’autre, trois livres :
* Qu’il a lu et aimerait faire découvrir à son partenaire
* Dont il aimerait avoir l’avis d’un ami
* Des titres qui vous interpellent pour leur résumé…
Sur ces trois livres, vous en choisissez un et dans un délai imparti, vous devez le lire et en faire un avis.

Pour cette session, mon binôme est Biblio87.

Voici ce qu’elle a choisi dans ma PAL :

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J’avoue que j’hésite entre les deux premiers titres. Peut-être même lirai-je les deux. J’ai jusqu’au 31 janvier 2014 pour réussir ce challenge.

Voici mes choix pour Biblio87 :

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