Archive | 30 octobre 2013

Le vrai monde de Natsuo Kirino

couv50259438Présentation de l’éditeur :

Banlieue de Tokyo. Quatre jeunes filles, Toshiko, la sérieuse, Terauchi, la douée, Yuzan, la paumée et Kirazin la fêtarde, passent un mois d’août horriblement lourd et studieux dans une école spécialisée dans le bachotage lorsque, un matin, Toshiko entend du bruit dans la maison d’à côté. Intriguée, elle demande au fils de la voisine si tout va bien et celui-ci, surnommé « le lombric » parce qu’il est mal foutu et ne réussit pas en classe, lui répond que oui.Quelques heures plus tard, Toshiko s’aperçoit qu’on lui a volé son vélo au lycée. Elle n’en dit rien et se tait sur ses soupçons, car rentrée chez elle, elle s’aperçoit que « le lombric » a disparu et que sa mère a été assassinée à coups de batte de base- ball. Aussitôt alertées et mises dans le secret par « le lombric » en personne, les quatre jeunes filles vont s’acoquiner pour aider le jeune assassin que, pour des raisons propres à chacune, elles considèrent comme une espèce d’antihéros de la société japonaise.

logo polar

Mon avis :

Ce roman est le deuxième livre que je lis de cette auteur, après Intrusion, en 2011. Le point commun entre ses deux livres est qu’ils sont considérés comme des romans policiers, alors qu’ils ne le sont pas à mes yeux. Je considère plutôt Le vrai monde comme un état des lieux de la jeunesse japonaise, à l’égal des romans de Ruy Murakami.

Nous avons quatre adolescentes, délaissées par leurs parents. Ceux-ci sont trop pris par leur travail, ou par d’autres centre d’intérêt (les bars semblent avoir leurs attraits). Elles préparent pourtant l’entrée de prestigieuses universités, sachant que l’important, ensuite, est de se trouver un bon mari, qui vous offrira une bonne situation – et non d’avoir un métier qui vous convienne et vous permette de vous épanouir.

C’est peu de dire qu’elles se cherchent. Pour certaines, elles sont même carrément paumés ! La preuve ? Elles aident « le lombric » à prendre la fuite, lui qui vient d’assassiner sa mère, le plus « normalement » du monde. N’essayez même pas d’imaginer une once de remords de son côté, son acte est tout à fait justifier à ses yeux – deux mondes vivent l’un à côté de l’autre, celui des adultes, et celui des enfants.

Le fait que chaque chapitre épouse le point de vue de chacun des protagonistes aide à mieux comprendre le mal-être, la dérive des quatre amies – et du lombric. Même si Thoshiko prend un pseudo pour exister, elle semble plus lucide, plus mûre, moins engluée dans une quête identitaire. Yuzan aussi sait qui elle est – elle a simplement beaucoup de mal à l’assumer. Terauchi et Kirazin n’en sont pas là, elles oscillent entre ce qu’elles paraissent être, et ce qu’elles sont réellement – mais le savent-elles elles-mêmes ? Les adultes qui les côtoient sont soit indifférents, soit extrêmement durs avec eux – quand ils ne cherchent pas à profiter de jeunes étudiantes.

Ce « vrai » monde est froid, inquiétant. Le dénouement lui-même est perturbant. Une oeuvre forte.

écrivains

 

Les soeurs de la lune, tome 5 de Yasmine Galenorn

Présentation de l’éditeur :

Manifestement les sorcières du destin ont décidé de s’amuser avec moi !
Mon petit ami Chase murmure le nom d’une autre femme dans son sommeil tandis que le seigneur de l’automne me place au centre de projets très spéciaux. Les choses empirent encore quand Karvanak refait son apparition… et prend Chase en otage. Mes soeurs et moi devons maintenant trouver un moyen de sauver l’homme que j’aime sans mettre en péril la sécurité d’Outremonde et de la Terre…

Hallowween

Circonstance de lecture :

Ce livre a été lu dans le cadre d’une lecture commune. Voici les avis des autres participants :

Mon avis :

J’ai terminé la lecture de ce livre depuis quelques jours déjà, et mon souci fut la rédaction de cette avis. La lecture du livre fut sympathique, sans plus. Certes, les péripéties sont nombreuses, mais de là à dire que j’ai tout retenu… il y a un pas que je ne franchirai pas. Heureusement, Delilah est la soeur d’Artigo qui m’intéresse le plus, avec sa capacité à se métamorphoser en chat, sinon, je crois que j’aurai encore plus de mal à me souvenir de l’intrigue.

Il faut dire que, comme ses sœurs, sa vie sentimentale est des plus mouvementées. Elle a aussi un désir de maternité qui émerge dans ce roman – bien que ce ne soit pas le moment d’avoir un enfant, encore moins un chaton. Ce que je retiens surtout, c’est sa vie amoureuse, des plus compliquées – et si en plus, ces charmants amants se mettent eux aussi à avoir une vie agitée, où allons-nous, je vous le demande ? Dans un très joli chaos. Les humains sont fragiles, et forment de très beaux otages, faciles à abimer, torturer.

Je retiens pourtant un élément important, que je ne dévoilerai pas, qui survient à la toute fin du volume. J’espère que l’on en saura un peu plus dans le tome suivant.