Archive | 23 octobre 2013

Sorcelleries, tome 1 : le ballet des mémés.

sorcelleries-tome-1- -le-ballet-des-memes-8540Présentation de l’éditeur :

Fébris, Brygia et Sortilega sont trois vieilles sorcières qui partagent une vieille maison. La vie n’est pas toujours drôle depuis que leur nièce adorée, Panacéa, est partie vivre parmi les mortels. Leur quotidien change brutalement le jour où un bébé fée atterrit chez elles par erreur. Mais ce n’est rien en comparaison du retour de Panacéa flanquée de son balourd de mari, un mortel qui prétend les convaincre des bienfaits de la consommation et de la télévision !

2195744554Mon avis :

Même les sorcières ont des soucis de procréation. Prenez les trois sorcières Fébris, Brygia et Sortilégia : elles doivent se rendre à la nuit de Walpurigis, comme tous les cent ans, et elles ont le moral dans les chaussettes car elles savent qu’on leur parlera encore du fait qu’elles n’ont pas d’enfants (ce sont des choses qui arrivent) et que leur nièce a mal tourné (ce n’est rien de le dire). Bref, elles se consolent comme elles peuvent, en mangeant beaucoup (trop) ou en étant hypocondriaque.

Pendant ce temps, au pays des fées, rien ne va, et ce n’est pas la reine Titania qui dira le contraire (et surtout pas en vers). Les fées sont plus occupées à se crêper le chignon ou à se faire une manucure. Quant au roi, il dort ou pratique l’origami à haute dose. Il ne faut donc pas s’étonner outre mesure si la nurserie n’est pas très bien surveiller et si un bébé chou particulièrement curieux est parvenu à s’échapper et à arriver très rapidement à la maison des sorcières. Et c’est une renaissance pour les trois amies, surtout après la visite de Panacéa, qui a failli faire passer « le ballet à gauche » à sa tante préférée.

Cette bande dessinée au graphisme particulièrement joyeux pour le thème de la sorcellerie n’engendre pas la monotonie. Les animaux de compagnie des sorcières – un crapaud et un chat, comme il se doit – sont particulièrement bien croqués. Sous couvert de sorcellerie, ce sont aussi les travers de notre société de consommation qui sont mis en avant, grâce au mari très humain – un vrai pro de la communication – de Panacéa.

Le ballet des mémés est une bande dessinée à lire quand il fait gris et froid, idéale pour se remonter le moral.

Lucia Antonia, funambule de Daniel Morvan

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Présentation du roman :

C’est depuis une presqu’île radieuse où le vent étincelle que Lucia Antonia consigne sur de petits carnets, par courts fragments frémissants, sa vie présente et passée. Endeuillée par la chute de sa partenaire funambule, son double lumineux, la merveilleuse Arthénice, Lucia Antonia a dû quitter le petit cirque fondé par son arrière-grand-père Alcibiade.

Comme suspendue entre deux mondes, entre le ciel et la terre, les vivants et les morts, dans les miroirs des salines, elle fait la rencontre d’Eugénie et Astrée, les réfugiées magnifiques, d’un garçon voilier, qui goûte le vin et tend le fil, et d’un artiste peintre, propriétaire de l’ancien moulin, qui semble vouloir ressusciter l’image brisée d’Arthénice…

Mon avis :

J’ai hésité avant de rédiger mon billet : devais-je laisser décanter ou écrire à chaud ? J’ai préféré cette deuxième solution.

Le sujet m’attirait, l’écriture ne m’a pas touché. Le style est très élégant, aucun doute. Cependant, la forme d’écriture choisie, très fragmentaire, ne permet pas le surgissement de l’émotion. Ce n’est pas de devoir recomposer l’histoire d’Arthénice et de Lucia Antonia qui m’a dérangée, c’est de ne pas avoir eu le temps de m’imprégner de cette histoire, tant les notes sont brèves (parfois trois à quatre phrases). J’ai bien plus été touchée par l’histoire d’Astrée, et par la protection que Lucia tisse autour d’elle, que par le destin d’Arthénice.

C’est dommage, car j’ai aimé cette plongée dans l’univers du cirque – un cirque sans animaux, où seuls les défis humains comptent. Ou comment affronter la mort permet de se sentir plus vivant, un thème qui hante décidément mes lectures en ce moment. Je pense que je le relirai un jour, en fragmentant ma lecture au rythme des carnets, et non en le lisant d’une seule traite.

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