Archive | 20 octobre 2013

Les bas-rouges voient rouge de Kate Saunders

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Présentation de l’oeuvre :

Comment se débrouille-t-on quand on est une sorcière bannie de son île (pour cause d’impertinence et de bêtises en tout genre) et condamnée à vivre parmi les humains pendant cent ans ?

Hallowween

Mon avis :

A tout seigneur, tout honneur, laissez-moi vous présenter les deux héroïnes de cette série, qui n’est hélas plus éditée par Folio Cadet (et moi qui croyais que les sorcières avaient le vent en poupe). P’tit Boudin au joli teint verdâtre et Grande Greluche à la douce chevelure mauve sont des bas rouges, c’est à dire des sorcières de plus de cent ans. Elles étudient vaillamment pour obtenir leurs bas verts, puis leur bas violets, qui feront d’elles des sorcières capables de lancer les pires sortilèges qui soient.

Seulement, c’est là que le bas blessent. Etudier, c’est ennuyeux, surtout quand la reine des sorcières est une mégère diplômée. Les deux meilleures amies vont donc lui jouer un tour pendâble et être lourdement sanctionner : elles sont privées de bal à Halloween, ce qui est une des pires sanctions qui soient. Qu’à cela ne tienne : elles se vengent. Qu’à cela ne tienne (bis) : elles sont bannies de l’île des sorcières, et obligées de vivre dans le monde des humains.

Ce n’est pas sans leur inspirer des craintes, vite résorbées :

– On va devoir vivre avec les humains, désormais. Ils vont probablement nous brûler.
– Ils n’ont pas brulé de sorcières depuis des siècles, grosse bêtasse ! rétorqua Grande-Greluche. D’ailleurs, la plupart d’entre eux ne croient même plus en nous.

Bien au contraire, elles trouvent refuge dans un beffroi, et elles sympathisent avec le vicaire, le charmant et maigrelet Tobbie, martyrisé, ainsi que l’ensemble du village, par Violette, cousine du pasteur. Celle-ci a tout de l’ogresse, puisant ses forces dans la terreur qu’elle inspire à tous ceux qu’elle côtoie. Parfois, je me suis dit qu’il n’était pas crédible que tout un village obéisse au doigt et à l’oeil à une telle monstresse, même si elle n’est pas sans rappeler certaines créations de Roald Dahl. Néanmoins, nous sommes dans un conte, et cela justifie certains effets grossissants – que certains auteurs pour adulte n’hésitent pas non plus à employer.

Je dois dire que les sorts des deux sorcières font merveilles, et qu’elles sont particulièrement douées pour mener à la baguette balais et autres serpillères. Elles ont aussi des talents d’auteurs-compositeurs hors pairs, et un sens aigu de la mise en scène. Et si elles étaient déjà convaincues que l’amitié entre sorcières étaient possibles, elles s’aperçoivent qu’avec de gentils humains, ce n’est pas mal non plus.

Les sorcières du Beffroi est une saga sympathique, mon seul regret est que seul le premier volume (sur six) est disponible à la bibli.

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