Archive | 16 octobre 2013

Master Keaton, tome 1 de Naoko Urasawa

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Mon avis :

Parfois, j’ai envie de faire court, très court. Master Keaton est un manga d’Urasawa, et à ce titre, ce fut suffisant pour moi pour que je tente ma chance à la masse critique BD de juillet. Autant vous dire que j’ai été ravie d’être choisie, et que je remercie chaleureusement Babelio et les éditions Kana pour ce partenariat.

Ce premier volume contient neuf chapitres, ils sont tous très riches, que ce soit du point de vue de l’intrigue ou du point de vue du graphisme. Taichi Hiraga Keaton est un professeur dans une faculté japonaise. Né de père japonais et de mère anglaise, il n’est pas seulement un archéologue réputé, diplômé d’Oxford, il est aussi enquêteur pour un compagnie d’assurance – et pas pour des affaires banales, non. Cet ancien des SAS maîtrise les techniques de survie, qui lui sont fort utiles dans des situations délicates. Il maîtrise un peu moins les relations humaines, que ce soit avec son ex-femme, ou avec sa fille adolescente de quinze ans.

Quand je lis les enquêtes successives de Keaton, je me dis qu’un autre mangaka aurait pris plaisir à les développer outre mesure, dilatant démesurément le récit. Ici, ce n’est pas le cas, tout fait sens, y compris les vastes connaissances archéologiques et mythologiques qui prennent part à la narration. Les enquêtes de Keaton l’amènent en Chine, en Europe de l’Est, dans le désert aussi, et son ingéniosité, son sens de la déduction, dissimulés sous les traits naïfs de son visage (qui rappellent ceux de Kenzo Temna, héros de Monster) sont très souvent mis à contribution. Le retour au bercail n’est pas plus reposant : Keaton est confronté à son passé, au passé de son père, et doit démêler des affaires dans lesquelles ses compétences d’enquêteur s’avéreront utiles.

Autre point fort de ce manga : la variété de ton. Des situations franchement comiques font place à la tragédie la plus intime en moins de temps qu’il ne m’en a fallu pour écrire cette phrase. Ou comment passer du rire aux larmes en quelques pages – c’est cela aussi, le talent d’Urasawa.

Master Keaton : une série à ne pas manquer pour tous les fans d’Urasawa.

Le prince de la nuit, tome 2

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Présentation de la bande dessinée :

Tout commence, ou plutôt se poursuit, sur les bûchers de l’Inquisition. Frère Aymar n’a guère de pitié pour ses victimes. Mais face à lui il y a un autre monstre, plus sanguinaire encore : Kergan le vampire. Ce dernier jongle avec l’éternité et ne cesse de poursuivre de sa haine les générations de la famille De Rougemont.

2195744554Mon avis :

Autant vous le dire tout de suite : la première planche donne le ton, la violence de l’inquisition est omniprésente. J’en viens à trouver le vampire bien plus sympathique qu’Aymar de Rougemont, qui le poursuit, lui et les siens, avec un acharnement dont la cruauté n’est pas exempte.

Armand de Rougemont, son descendant, doit faire face aux révélations du tome précédent (il y est souvent fait allusion) et les ajuster à la réalité des années 30. L’heure n’est plus aux vampires, elle est à la rationalité, et ce n’est pas Elise, journaliste et bien aimée d’Armand, qui verra les choses autrement. Ce n’est pas le rationalisme de la jeune femme qui me dérange, c’est le fait qu’elle est prête à tout pour avoir un bon article, même à payer de sa personne. Etant donné la vivacité de Kergan, et sa volonté d’avoir des disciples, je ne serai pas étonnée si elle devenait la prochaine sur une longue liste de très belles femmes vampirisés.

Mention spécial pour le Paris des années 30, superbement restitué, dans une ambiance proche des bas-fonds londoniens où sévissait Jack L’éventreur.

Cependant, je ne suis pas certaine de continuer à chroniquer cette série, j’aspire à plus de drôlerie et moins de violence.