Comment les eskimos gardent les bébés au chaud de Mei-Ling Hopgood

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Présentation de l’éditeur :
Jeune mère américaine installée à Buenos Aires, Mei-Ling Hopgood a été choquée par l’heure tardive à laquelle les Argentins couchent leurs enfants. Était-ce bon pour leur développement, tant physique que social ?
Poussée par sa curiosité de journaliste et ses interrogations de jeune maman, Mei-Ling Hopgood s’est lancée dans un tour du monde des méthodes éducatives, étudiant des problématiques aussi universelles que l’heure du coucher, l’apprentissage de la propreté, les repas, ou les activités ludiques.
Aux quatre coins de la planète, elle a interrogé des parents issus des cultures les plus diverses, ainsi que des anthropologues, des éducateurs, et des experts en puériculture.

Merci à Herisson et aux éditions Jean-Claude Lattès pour ce partenariat.

Mon avis :

Le point de départ de ce livre est une différence culturelle. L’auteur de ce livre, américaine, vit à Buenos Aires avec son mari et sa fille Sofia. Très vite, elle constate les différences culturelles entre américains et argentins. Autant les américains sont stricts avec les horaires de coucher (et les français aussi, ai-je envie d’ajouter), autant les argentins mêlent leurs enfants à leur vie sociale au point de les coucher à une heure extrêmement tardive. Mei-Ling Hogwood s’interroge ainsi sur les conséquences de cette différence, et les conséquences pour les enfants.

Elle ne se contente pas de ce domaine. Le livre est divisé en onze chapitres, qui nous emmènent aux quatre coins du monde, et aborde tout ce qui concerne l’éducation (nourriture, portage, apprentissage de la propreté) et aborde aussi la grossesse et l’accouchement, opposant aussi l’extrême médicalisation occidentale et l’approche spirituelle d’autres civilisations.

Elle aurait pu en tirer un ouvrage comique et mordant, stigmatisant ce qu’elle aurait jugé négatif. Elle ne le fait pas, jamais elle ne juge ou pire ne condamne les pratiques des autres. Elle se documente auprès de spécialistes de chacun des points abordés, recueille leur point de vue, et termine chaque chapitre par un « tour du monde » des méthodes concernant chacun des domaines. Bien sûr, elle parle aussi de sa propre expérience avec sa fille, mais ce n’est jamais le sujet central du chapitre, pas plus que les souvenirs de l’éducation qu’elle a reçue, et qu’elle approuve entièrement.

Si elle pointe du doigt la mondialisation qui atténue, pour ne pas dire annule les spécificités de chaque culture, elle inverse la tendance en prenant le meilleur de chacune des cultures, dont elle n’a pu avoir connaissance que parce que l’information est bien plus accessible de nos jours. Bien sûr, en tant que professeur, la partie sur l’instruction m’a particulièrement intéressée, même si je pense que le travail ne fait pas tout, pour certains enfants, les difficultés sont là et bien là, malgré leurs efforts soutenus. De même, l’idée de mettre les enfants au travail très tôt, comme clef de la réussite dans la vie me laisse aussi dubitative. Je connais trop d’enfants qui suppléent littéralement leurs parents auprès de leurs petits frères et soeurs, ou des parents se déchargent sur leurs enfants de tâches qu’ils n’ont pas à accomplir.

Le livre se termine par une très riche biblio – dommage qu’elle soit exclusivement en anglais.

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17 réflexions sur “Comment les eskimos gardent les bébés au chaud de Mei-Ling Hopgood

    • Il semblerait que oui. Un exemple : les petits chinois étaient propres très tôt. Maintenant que les ménages chinois peuvent s’acheter des couches jetables, l’apprentissage de la propreté n’est plus aussi précoce.

  1. Finalement les spécificités particulières à une culture ne sont pas pires que la mondialisation et certains parents ont toujours fait bosser leurs enfants ! Je ne dis pas que c’est bien, évidemment ! 🙂 Ce doit être fort intéressant !

    • Il y a bosser et bosser – et je ne crois pas qu’avoir travaillé très tôt, ou avoir pris soin contraint et forcé de ses petits frères et soeurs soient la clé de la réussite dans la vie d’adulte ! J’en connais aussi pour qui un enfant sage est un enfant qui n’a pas une minute à lui, il doit toujours être occupé parce que sinon … Sinon, quoi ? Il se mettrait à réfléchir ?
      Oui, ce livre est très intéressant.

    • Je l’ai beaucoup aimé, il n’est en aucun cas « prescripteur », ou « moralisateur », il cherche plutôt à expliquer d’où viennent ses différences.
      Maintenant l’auteur a bien de la chance d’avoir une fillette en parfaite santé, aucun souci familial ou sentimental (si la vie était si simple pour les enfants que je connais).

  2. J’avais vu un film qui avait la même thématique et retraçait les différentes manières d’accoucher et de materner les enfants. C’est forcément très intéressant.

  3. Pingback: Challenge 1 % littéraire 2013 : le bilan | deslivresetsharon

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